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PLANCHES XIX ET XXII) I. — JETÉES

Lorsque, à la date du 25 avril 1859, M. de Lesseps inaugura l'ouverture des travaux sur le point du littoral du golfe de Péluse définitivement choisi pour rétablissement du port de débouché du canal maritime dans la Méditerranée, le programme des travaux à exécuter pour la réalisation de l'œuvre, tel qu'il avait été arrêté par le Conseil supérieur des travaux dans sa réunion de novembre 1858, comportait, comme on Ta vu précédemment, l'exécution complète, en cinq phases d'une durée totale évaluée à six années, du projet de la Commission internationale ;

Maison a vu également que le Conseil, dans sa séance postérieure d'août 1859, avait, sur les propositions de la Compagnie, apporté à ce projet d'importantes modifications consistant notamment, en ce qui était spécialement du port de Port-Saïd, dans le reculement de l'arrière-port en dedans du rivage et dans la réduction de la longueur des jetées.

Le programme à réaliser en ce qui concerne les jetées se trouvait en définitive, au début des travaux, comporter les dispositions suivantes :

Le chenal d'accès du port, compris entre deux jetées distantes de 400 mètres, comme au projet de la Commission internationale, se prolongeait maintenant jusqu'au rivage et se continuait ensuite à travers le lido jusqu'à l'arrièrebassin situé à une certaine distance en arrière. Les deux jetées bordant le chenal extérieur avaient ainsi leur origine au rivage môme. La jetée Ouest, prolongée jusqu'aux fonds de 9 mètres seulement, n'avait plus qu'une longueur de 2.600 mètres (au lieu de 3.500) ; la jetée Est, prolongée jusqu'aux fonds de 8 mètres, une longueur de 2.200 mètres (au lieu de 2.500). Chacune des jetées devait d'ailleurs,

comme au projet primitif, être constituée par un massif de base en enrochements naturels s'élevant jusqu'au niveau de l'eau et surmonté d'un mur ou plateforme en maçonnerie formant relief de 2 m , 50. Quant au mode même de construction des jetées, on devait employer d'abord h la confection du massif de base tous les matériaux qui pourraient être apportées des carrières du Mex situées près d'Alexandrie ; on chercherait en même temps à tirer quelques ressources des îles de Grèce; mais, par la suite, dès que les deux extrémités du canal seraient mises en communication par un premier canal de petites dimensions, on comptait surtout sur les matériaux qui seraient fournis par les carrières de TAttaka situées dans le golfe de Suez.

11 y a lieu d'ailleurs de rappeler que le programme des dispositions arrêtées par la Compagnie pour la mise en train des travaux, tel qu'il avait été exposé devant le Conseil supérieur des travaux et approuvé par lui, comprenait entre autres, à Port-Saïd, indépendamment de l'érection d'un phare sur le lido, la construction à partir du rivage, suivant la direction de la jetée Ouest, d'un appontement provisoire en charpente destiné, pendant la première période des travaux, à procurer aux navires chargés de matériaux et d'approvisionnements pour Port-Saïd un moyen indispensable de déchargements. Les premiers enrochements fournispar la carrière du Mex devaient d'ailleurs être employés à la consolidation de cet ouvrage. L'appontement ainsi rempli d'enrochements, dès qu'il serait suffisamment avancé, était appelé, indépendamment de son office de débarcadère, à protéger contre l'envahissement des sables voyageurs de la plage, la rigole de communication que l'on se proposait d'ouvrir le plus tôt possible entre la mer et le lac Menzaleh à travers la plage et le cordon littoral afin de créer ainsi un refuge pour le matériel flottant de la Compagnie ; et, jusqu'au moment où cette communication se trouverait établie, à abriter tout au moins par lui-même ce matériel contre les.

gros temps du Nord-Ouest. Il va sans dire que l'appontement en charpente, avec ses enrochements renforcés plus tard en tant que de besoin, se trouverait finalement constituer l'enracinement et l'amorce de la jetée Ouest.

Enfin, il y a lieu également de rappeler, en ce qui concerne la direction et la longueur à donner en exécution à la jetée Est, que, d'après l'avis de la Commission nautique des 25 «et 26 novembre 1865 — qui fut adopté par la Compagnie — «cette jetée devait s'enraciner à une distance de 1.400 mètres de l'enracinement de la jetée Ouest, être dirigée de manière à passer par le point fixé comme musoir de la jetée Est dans le projet de la Commission internationale, et n'être exécutée provisoirement que jusqu'au point où elle laisserait au chenal une ouverture de 700 mètres, ce qui correspondrait à peu près aux fonds de 6 mètres et à une longueur de jetée d'environ 1.600 mètres. [En réalité, la jetée Est s'est trouvée, en «exécution, avoir une longueur de 1.900 mètres.]

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