‹ Le canal de Suez (volume 3)Chapitre 99 sur 141 · PREMIER PROJET D'EXÉCUTION · texte numérisé non relu

PREMIER PROJET D'EXÉCUTION

A la suite de nouvelles opérations hydrographiques exécutées dans le golfe de Suez, dans le courant de l'année 1859, par M. Larousse, ingénieur hydrographe de la Marine, qui avait été attaché aux études delà Commission internationale et qui se trouvait maintenant au service de la Compagnie, cet ingénieur fut amené à proposer, pour le débouché du •canal dans le golfe, un nouveau tracé, dont le projet fut soumis par la Compagnie à l'examen du Conseil supérieur •des travaux (séance du 14 février 1860).

Les résultats des nouvelles opérations hydrographiques •étaient venus confirmer et compléter ceux déjà constatés par la Commission internationale f .

1. Les résultats déjà constatés par la Commission et mentionnés dans son capport se trouvent rappelés dans la note de la page 62.

Les nouvelles opérations avaient fait reconnaître en outre, notamment, que le fond de la mer était plus accore dans la partie Est de la rade que partout ailleurs *. C'était dans cette partie que débouchait le chenal du port de Suez entre deux bancs de sable, dont l'un, le banc du Nord, découvrait à marée basse et s'étendait jusqu'à Suez, tandis que l'autre, le banc du Sud, se prolongeait au larg^ et se terminait brusquement par un accore de 5 à 6 mètres. Cette disposition des lieux avait semblé, à l'auteur du projet, permettre, par l'adoption du nouveau tracé qu'il proposait pour le chenal de débouché dans le golfe, de satisfaire aux conditions que s'était posées la Commission internationale, avec une notable diminution de dépense qui viendrait compenser, et bien au delà, l'augmentation de longueur d'environ 1.400 mètresdu nouveau tracé.

Les dispositions essentielles du nouveau projet étaient les suivantes :

Ainsi qu'il a été expliqué à l'occasion du tracé d'exécution de la partie du canal comprise entre les lacs Amers et Suez 2 r la dernière portion du canal, comprenant la traversée de la plaine et des lagunes de Suez, avait été modifiée, à partir

1. Parmi les résultats des nouvelles opérations hydrographiques mentionnés par M. Larousse, en dehors de ceux déjà constatés par la Commission internationale, on citera encore les suivants :

Les vents dominants dans la haie de Suez varient du N. 0. au N. N. 0. ; ils viennent de terre et produisent peu ou point de mer en rade. Ils ne sont interrompus que par les vents de S. E. ou de 0. S. 0. : les premiers, qui, seuls, viennent du large, sont peu violents et de courte durée; les seconds tombent par rafales, en hiver, des gorges de l'Attaka, mais la houle qu'ils soulèvent dans l'Est de la baie n'est jamais assez forte pour interrompre les communications avec la rade.

L'enceinte de la rade est formée de sable gros et dur auquel se mêlent, du côté de l'Ouest, des galets et des pierres tombées de l'Attaka. Ces sables s'étendent sous l'eau jusqu'aux profondeurs de 3 et 4 mètres. Au-delà, on trouve un fond de vase mélangée de coquilles brisées et de madrépores sur lequel la mer est sans action et qui constitue pour les bâtiments un excellent mouillage.

Le progrès des alluvions, que rien n'alimente, est pour ainsi dire insensible à Suez.

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