A déduire pour vente de matériel
Dépense totale 202.965.032
11 importe de noter, qu'au cours des délibérations sur les questions de la largeur et de la profondeur à adopter pour le Canal, le Président de la Commission avait été amené à conclure des déclarations faites à ce sujet par divers membres « qu'il devait être entendu que, lorsque la Compagnie aurait exécuté tous les travaux conseillés par la Commission, elle pourrait répondre par un non possumus absolu à toute demande d*amélioration nouvelle ».
Vues de la Commission consultative internationale touchant la durée de la traversée du Canal après les travaux d'élargissement
L élargissement du Canal avait été décidé en vue d'apporter, dans les conditions du transit des navires, des améliorations indispensables, propres à produire une notable réduction de la durée de la traversée.
La Commission consultative internationale avait donc eu à rechercher quels seraient, à ce point de vue, les résultats à espérer des travaux d'élargissement projetés.
Avec le trafic d'alors (1883), d'environ 3.300 navires jau- {2;eant net près de 6 millions de tonnes, le passage journalier dans le Canal se trouvait être en moyenne de 9 navires, et chaque navire avait à subir en moyenne 3 garages dans les gares. Pour les navires qui transitaient sans avoir leur marche entravée par des échouages et qui représenm. 8
114 COMMISSION CONSULTATIVE 1NTERNATI0NAX.E DE 1884
talent les 3/4 environ du mouvement total, la durée moyenne de la traversée, en raison du temps perdu dans les gares et des arrêts pendant la nuit, était d'environ 40 heures; pour l'autre quart, la durée moyenne dépassait 60 heures.
C'était cette situation si fâcheuse qui avait provoqué les plaintes et réclamations du Commerce maritime. Elle devait s'aggraver encore, et très notablement, si les choses restaient en Tétat, à mesure du développement du trahc.
Ce fut naturellement la Sous-Commission qui chercha d'abord à se rendre compte des résultats à espérer des travaux d'élargissement au point de vue de la durée de la traversée.
Elle ht ressortir en premier lieu que Tun des très grands avantages de la solution de l'élargissement (au lieu d'un double canal) serait de supprimer à peu près complètement les échouages et de faire disparaître ainsi l'incertitude qui pesait alors sur les armateurs et qui ne leur permettait pas, en raison des éventualités d'arrêts plus ou moins lon^^^ causés par les échouages, de prévoir au juste la durée du séjour des navires dans le Canal.
Puis, admettant, d'après les renseignements recueillis par elle auprès des pilotes et des capitaines des navires, que les navires pourraient, dans le Canal élargi, marcher à une vitesse de 8 milhîs à l'heure (au lieu de 10 kilomètres ou ô milles, 5) et se croiser en marche en ralentissant seulement cette vitesse, elle en arriva à conclure, qu'avec un trafic de 10 millions de tonnes, la durée ordinaire du passage serait d'au plus douze heures et demie, en sorte que tous les navires pourraient traverser le Canal en une seule journée ou vingt-quatre heures, compte tenu de l'arrêt pendant la nuit.
La Commission plénière, examinant à son tour la question, fut unanime à affirmer la certitude du passage, en vingt-quatre heures au plus, dans le Canal amélioré. Elle
ÉTUDE DES PROJETA d'aGRàNDISHBMENT DU CANAL 115
déclara que ce serait là un excellent résultat. Elle crut devoir néanmoins ajouter, comme simple indication, que ce chiffre étant compté sans marche de nuit, il était permis d'entrevoir, sinon de prévoir sûrement, Téventualité de facilités plus grandes encore pour le transit.
En résumé, comme on le voit, ce que la Commission consultative internationale attendait de Texécution du projet complet d'élargissement du Canal, c'était la certitude d'une durée de traversée ne dépassant pas vingt-quatre heures.
Approbation des conclusions de la Commission par le Conseil d^ administration de la Compagnie.
Les conclusions de la Commission consultative internationale furent approuvées par le Conseil d'administration de la compagnie dans sa séance du 20 mai 1885.
Dans cette même séance, le Conseil arrêta les termes d une résolution à soumettre à l'approbation de l'Assemblée générale des actionnaires (convoquée pour le 4 juin suivant), en vue d'un emprunt de 100 millions à contracter pour l'exécution de la première phase des travaux d'élargissement.