‹ Le canal de Suez (volume 4)Chapitre 15 sur 80 · DIT EMPRUNT DE · texte numérisé non relu

DIT EMPRUNT DE

Le Président de la Compagnie, dans son rapporta FAssemblée générale des actionnaires du 29 mai 1884, où il annonçait la constitution et la réunion prochaine de la Commission consultative internationale chargée de donner son avis sur les projets d'élargissement du Canal, avait donné en même temps, sur la question des voies et moyens auxquels la Compagnie aurait à pourvoir pour Texécution des travaux, les quelques explications suivantes :

Les travaux que votre Conseil aura à décider, et par les moyens flnanciers dont le meilleur mode sera soumis à votre délibération, seront exécutés « de manière à répondre complètement au mouvement progressif de la navigation entre l'Occident et rOrient du monde •>.

Quel que soit le mode adopté pour nous procurer les fonds nécessaires à l'exécution de ces travaux, nous comptons, le moment venu, vous proposer de réserver aux actionnaires un privilège dans la formation de ce capital.

Veuillez remarquer qu'avant de procéder à l'exécution des travaux qui seront décidés, nous avons à achever les améliorations en coui-s jusqu'à la dépense de 30 millions de francs déjà votée; que les études matérielles pour la construction des machines nouvelles à commander nécessiteront un certain délai ; que notre devoir est d'administrer avec prudence vos intérêts, et qu'en conséquence les charges devant résulter des travaux à entreprendre ne viendront peser sur vos revenus qu'au fur et à mesure de l'augmentation de ces revenus et progressivement.

La dépense de 30 millions et l'exécution des travaux en cours doivent améliorer déjà considérablement les conditions du transit.

La dernière Commission, dans laquelle figuraient les trois représentants du Gouvernement de la Reine, estimait que ces améliorations suffiraient pour répondre à un trafic de 10 millions de tonnes.

D'autre part, nous avons fait et continuerons à faire dans le Canal des essais d'éclairage par l'électricité, qui semblent pouvoir permettre prochainement, au moins pour les navires de guerre et pour les

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paquebots-poste — représentant plus de 20 0/0 du trafic total — le passage de nuit d'une mer à Tautre, ce qui améliorerait d'une façon notable les conditions générales du transit.

La charge des grands travaux d'amélioration du Canal, sur lesquels la (Commission consultative internationale est appelée à donner sou avis, ne pèsera donc pas ou pèsera peu sur les exercices prochains.

Ce ne fut qu*à rAssemblée générale des actionnaires de l'année suivante (4 juin 1885), que le Président demanda, au nom du Conseil d'administration, Tautorisation de faire un emprunt de 100 millions pour Texécution de la première phase des travaux d'élargissement.

Le Rapport du Président h l'Assemblée, après avoir présenté un résumé de l'avis de la Commission consultative internationale, s'exprimait ainsi au sujet de la question des voies et moyens :

En résumé, le Canal maritime actuel, tel qu'il est, amélioré suivant le programme restreint de la Convention de 1876, et au moyen des ressources dont la Compagnie dispose, suffit à un mouvement annuel de 10 millions de tonnes.

C'est en prévision d'un mouvement supérieur à 10 millions de tonnes par an, et d'un accroissement indéfini de trafic jusqu'à l'expiration lies quatre-vingt-dix-neuf années de la concession, que votre Conseil, appuyé de l'avis unanime de la Commission consultative internationale, a arrêté le programme qui donnera pleine satisfaction au mouvement total, quel que soit son développement, jusqu'à l'expiration de la concession.

Ces travaux doivent être exécutés par phases successives, et de faron à précéder, nécessairement, le trafic auquel ils doivent satisfaire.

II serait impossible, en effet, d'attendre l'année où le transit donnerait \0 millions de tonnes pour commencer les travaux d'amélioration que ce mouvement maritime exigerait; il serait toutefois injuste, d'autre part — dans une certaine mesure au moins — de laisser complètement, sans aucune restriction, à la charge des exercices actuels, le service de l'intérêt et de l'amortissement de sommes à se procurer pour assurer l'exécution des travaux d'avenir. D'autant plus que la première dépense à faire consiste eu l'achat d'un matériel qui servira à Texécution de toutes les phases.

Les préparatifs d'un développement extraordinaire de trafic et Taugmentation rapide de recettes qui suivront la cessation de la crise actuelle, nous font considérer comme indispensable, atin d'être toujours

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prêts, de nous munir d'un matériel suffisant pour exécuter tous les travaux en sept années. La dépense totale de l'achat du matériel pèsera donc sur le coût de la première phase.

Voici comment votre Conseil, dans ses délibérations, sanctionnées par des décisions unanimes, a tenu compte de ces exigences :

Les ressources actuellement à prévoir, pour procéder à Tachât du matériel complet et à l'exécution des travaux de la première phase, atteignent la somme de 94 millions de francs.

Le programme de Londres, qui avait noté la prévision des travaux d'amélioration du Canal, était basé sur un revenu minimum de 90 francs par action.

Nous vous proposons aujourd'hui, en conséquence, par une résolution, de donner au Conseil d'administration les pouvoirs nécessaires d'emprunter 100 millions de francs. Il est entendu, sous réserve de l'approbation statutaire du Gouvernement égyptien, que si tout ou partie des sommes nécessaires au service de l'intérêt et de l'amortissement de cet emprunt spécial venait à affecter un revenu de 90 francs pendant l'exécution des travaux, le tout ou la partie susceptible d'affecter ce revenu serait porté au compte de premier établissement, avec le total des dépenses d'exécution desdits travaux.

La dépense totale des travaux d'amélioration du Canal maritime s'élèvera, en définitive, à 209 millions de francs, y compris l'exécution du Canal d'eau douce d'Ismaïlia à Port-Saïd, dont le coût sera d'environ 6 millions de francs. Elle s'augmenterait, s'il y a lieu, des sommes partielles résultant de l'application, au compte de premier établissement, des charges susceptibles d'afTecter le revenu minimum de 90 francs par action.

Le Rapport du Président reproduisait ensuite la communication faite à la dernière Assemblée sur la question et faisait remarquer, comme conclusion, que les propositions maintenant formulées étaient exactement conformes aux promesses de Tannée précédente.

L'Assemblée des actionnaires adopta finalement la résolution suivante, proposée par le Conseil, en ce qui concernait la question des voies et moyens « pour l'amélioration du Canal maritime et Talimentation d'eau douce de Port-Saïd >» :

L'Assemblée,

Donne tous pouvoirs au Conseil d'administration pour contracter, dans les termes du Rapport lu dans la séance du 4 juin 1885, un emprunt de 100 millions de francs;

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