TA AMWAY A VAPEUR DE PORT-SAÏD A ISMAÏUA
voie provisoire affectée à rexécution des travaux du canal dVau douce, comme voie définitive de service, fut donc, comme il est dit plus haut, mise à Tétude.
Il était d'ailleurs entendu que la voie do service projetée ne devait avoir à satisfaire qu'aux besoins des services de la Compagnie.
Môme dans ces conditions restreintes, lorsque l'on en vint ^ étudier de près la question d'utilisation de la voie provisoire, se présentèrent des difficultés d*une double natun», les unes se rapportant au tracé, les autres »\ l'insuffisance de la voie Decauville de 0*,60.
En ce qui était du tracé, on reconnut que, pour éviter à <vsujetdesdifficultésavecle(îouvernementégyp tien, l'assiette de la voie de service définitive devait se trouver tout entière sur les terrains de la Compagnie, et, par conséquent ne pouvait suivre le tracé du Canal d'eau douce; cette dernière solution eût d'ailleurs présenté des difficultés techniques au double point de vue d'un bon établissement de la voie et des conditions d'entretien; enfin, la voie établie le long du canal d'eau douce se serait trouvée passer à plus de 5 kilomètres de distance des gares des kilomètres 54 et 04 du Canal maritime, et, par suite, n'eût pas satisfait au but que Ton voulait atteindre.
Au sujet de la contexture et de la largeur de la voie, on se rendit compte qu'avec la voie Decauville de 0",60, la vitesse de marche des trains resterait inférieure i\ 18 ou 20 kilomètres à rheure, alors que, sans exagération, l'on devait chercher à réaliser une vitesse de 30 à 35 kilomètres. En vue d'obtenir sûrement ce résultat, en même temps que dans des vues d'avenir, c'est-à-dire en prévision d'une exploitation publique éventuelle, la voie de 1 mètre — h défaut de la voie normale qui eut été trop ambitieuse et trop coûteuse, sans parler môme de l'opposition du Gouvernement égyptien — semblait indiquée, et elle avait été elfectivement adoptée d'abord en principe (fin 1888), par la III. n
Compagnie. Mais, en dernière analyse, toujours pour éviter (les difficultés avec le Gouvernement égyptien et bien montrer qu'elle n'avait en vue qu'une voie de service pour . ses propres besoins, la Compagnie adopta définitivement la voie de 0",75.
Ainsi, en résumé, d'une part, la Compagnie avait dû renoncer à l'idée qu'elle avait eue d'abord d'utiliser la voie provisoire affectée aux travaux du canal d'eau douce pour en faire une voie de service définitive ; mais, d'autre part reconnaissant néanmoins les avantages multiples d'une voie de service, elle en avait quand même décidé l'établissement dans les conditions ci-dessus indiquées.
A partir du moment où le projet d'établissement d'une voie de service avait été adopté en principe parla Compagnie, jusqu'à celui où un programme définitif en fixa les conditions d'établissement, l'étude et la mise en train du dit projet suivirent un cours régulier en dehors des questions que soulevèrent bientôt les intentions manifestées par la Compagnie.
Le Gouvernement égyptien s'était ému dès qu'il avait appris que la Compagnie se proposait de laisser subsister dans l'avenir la voie ferrée déjà établie sur une certaine longueur pour l'approvisionnement des chantiers du canal d'eau douce. Néanmoins, pendant les deux années 1889 et 1890, où s'exécutaient les travaux de la voie de service, son attitude fut toute d'expectative. La Compagnie n'avait eu connaissance de ses préoccupations que par des avis officieux; et, en attendant les événements, elle avait poussé ses travaux avec toute l'activité possible. Ce ne fut que vers la fin de l'année 1890 que le Gouvernement, à la suite d'une visite des travaux de la voie de service par un de ses ingénieurs, fit connaître officiellement à la Compagnie son désir « de savoir exactement dans quel but la Compagnie entendait construire la voie en question, sur quel terrain elle serait établie et si c'était une voie temporaire destinée à