‹ Le canal de Suez (volume 4)Chapitre 50 sur 80 · TRAMWAY A VAPEUR DE PORT-SAÏD A ISMAÏLIA 2B · texte numérisé non relu

TRAMWAY A VAPEUR DE PORT-SAÏD A ISMAÏLIA 2B

disparaître après Taché vement de certains, travaux ou si la Compagnie entendait, au contraire, la maintenir à titre définitif; le Gouvernement se réservait dans tous les cas d'examiner si la Compagnie n'excédait pas les droits résultant pour elle, soit de Tacte de concession, soit des actes postérieurs. » En réponse aux préoccupations manifestées par le Gouvernement égyptien, la Compagnie s'empressa de lui exposer les raisons de droit et de fait qui Tavaient déciiée « h entreprendre, dans un intérêt général et uniquement on vue des besoins de son exploitation, l'exécution pure ment onéreuse delà voie de service ». Les raisons invoquées par la Compagnie étaient les suivantes :

La Compagnie faisait observer tout d*abord que la voie de service était établie sur les terrains qui lui avaient été concédés ou qu'elle avait acquis du Gouvernement égyptien, en décembre 1886, au prix de 2 millions de francs. Or, la Compagnie était seule juge de l'emploi à faire de ses terrains pour les besoins de son exploitation ; son droit à ce sujet avait été reconnu par toutes les Conventions; la seule restriction qui lui était imposée était de ne pouvoir pas en tirer personnellement profit; les parties disponibles des terrains en question étaient seules attribuées au Domaine commun à mesure que la Compagnie en dt'clarait expressément la disponibilité.

La Compagnie n'avait donc pas excédé son droit en décidant rétablissement de la voie de service.

Elle tenait, néanmoins, à faire connaître au Gouvernement les considérations d'ordre supérieur auxquelles elle avait obéi en s'imposant une charge nouvelle dont elle ne devait tirer aucun profit.

Après avoir rappelé, à ce sujet, que, soucieuse de rester à la hauteur de la mission qui lui avait été confiée par le Gouvernement, elle u avait pas hésité, depuis l'inauguration du Canal, en vue de le maintenir constamment en état de répondre au développement du trafic et d'augmenter la rapidité et la sécurité de la navigation, à s'imposer de très lourdes charges (travaux d'amélioration et d'agrandissement du Canal et coûteuses installations pour la navigation de nuit], la Compagnie faisait observer que l'établissement de la voie de service rentrait dans l'ordre des dépenses qu'elle avait acceptées ; que celte voie de service, d'ailleurs, permettait d'empêcher le retour d'événements malheureux survenus dans le Canal dans le cours des dernières années et au sujet desquels la Compagnie donnait les renseignements suivants :

Au début de Fexploitation du Canal — disait-elle — alors qu'ua petit nombre de navires, de faibles dimensions d'ailleurs, transi taient^' la Compagnie laissait librement circuler jour et nuit les barques naviguant entre Ismailia et Port-Saïd; et les barques de service de la Compagnie elles-mêmes circulaient pour ses besoins sans inconvénient.

Mais, quand augmentèrent le nombre et la dimension des navires, on ne tarda pas à s'apercevoir du trouble que cette liber! é de navigation causait aux grands navires et des risques que les barques et canots couraient dans le Canal fréquenté par des vapeurs de plus eu plus nombreux. De graves accidents s'y produisirent, en effet, dans le courant des années 1885 à 1889 : barques arabes et canots de la Compagnie coulés par des vapeurs, avec pertes de vies humaines et blessures; échouement d*un vapeur pour éviter de couler une barque arabe, et qui aurait pu avoir pour conséquence de bloquer plus ou moins longtemps le Canal.

L'établissement et le fonctionnement de la navigation de nuit eut gravement augmenté ces accidents s'il n'avait été promptement apporli* un premier remède : le danger était apparu eu effet des plus sérieux lorsqu'il futconstaté que le projecteur électrique des navires transitant de nuit répandait à une grande distance une lumière assez vive pour aveugler l'équipage des canots ou barques venant en sens contraire et empêcher ainsi, par l'impossibilité d'une appréciation des distances, la correction des manœuvres; en outre, la présence dans le Canal de feux mobiles au milieu des feux fixes indiquant le chenal, pouvait donner lieu à de funestes erreurs.

La Direction de la Poste égyptienne avait dû, d'elle-même, en présence du danger signalé, modifier l'horaire de son service entre Ismaîlia et Port-Saïd, de manière à ce que ses canots n'eussent pas à naviguer de nuit.

La Compagnie, de son côté, avait dû introduire dans son règlement de navigation une disposition interdisant entièrement la navigation de nuit des navires et barques à voiles.

Mais l'interdiction que la Compagnie s'était trouvée obligée d'imposer aux tiers, elle n'avait pu l'accepter pour elle-même par la raison que les mouvements de ses canots et de ses appareils dans le Canal étaient nécessaires à toute heure pour les besoins du service. La Compagnie se trouvait donc obligée de gêner la marche des grands navires et de mettre ses agents en danger toutes les fois qu'elle faisait circuler la nuit ses appareils ou canots. Il lui devenait, évidemment, de devoir strict de se conformer, autant qu'il lui serait possible, aux règles imposées aux autres, et de faire cesser, ou au moins de restreindre au minimum la circulation de son personnel sur le Canal.

Il n'y avait qu'un seul moyen de résoudre la difficulté : c'était de

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