‹ Le canal de Suez (volume 4)Chapitre 51 sur 80 · I TRAMWAY A VAPEUR DE PORT-SAÏD A ISMAÏLIA · texte numérisé non relu

I TRAMWAY A VAPEUR DE PORT-SAÏD A ISMAÏLIA

débarrasser le Canal, la voie maritime, de ce qui était gt^.nant et dangereux sur Teau, et d'effectuer les transports et les mouvements indispensables de la Compagnie, sur terre, au moyen d'un tramway à vapeur construit à proximitt'; du Canal, desservant les gares et les mettant en communication avec les bureaux, les magasins, les ateliers et les bôpitaux de Port-Saïd.

La Compagnie rappelait que, dans sa r^; union de 1889, la Commission technique internationale, composée d'ingénieurs ei de marins appartenant aux diverses Puissances européennes et que la Compagnie réunit chaque année pour avoir son avis sur les procédés d'exécution de ses travaux, consultée au sujet de la voie de service projetée, avait reconnu à l'unanimité « Tutilité incontestable de cette voie de service dans rintérét du transit du Canal maritime. »

ÏA Compagnie, en terminant, insistait sur ces considérations ; qu'après l'aclièvemenl de la voie de service, projetée à une largeur do voie de 0™,75 seulement et destinée uniquement aux besoins exclusifs de la Compagnie, le Canal maritime se trouverait enfîn dégagé, au grand avantage des navires en transit, des chances d'accidents de lu nature de ceux qu'elle avait signalés; que les mouvements inévitables du personnel allant porter secours aux navires en cas d'échouage seraient plus sûrs et plus rapides ; que la Compagnie, sans accroître inutilement le nombre de ses pilotes, pourrait satisfaire à un passage plus nombreux de navires; qu'elle aurait enfin, entre Ismaïlia et Port- Saïd, les avantages de sécurité et de rapidité que lui donnait, d'Ismaïlia à Suez, le chemin de fer égyptien sur lequel ses agents n'effectuaient pas moins de 2.500 voyages par an.

U Compagnie, n'hésitant pas à accepter les charges qui avaient pour but de donner à ses clients des satisfactions de jour en jour croissantes, exprimait finalement l'espoir que les nouveaux efforts qu'elle faisait dans ce sens, au prix de réels sacrifices, loin d'être entravés, seraient appréciés par le Gouvernement égyptien comme ils Tétaient par les marins de toutes les nations maritimes fréquentant le Canal.

Au sujet de nouvelles préoccupations formulées un peu plus tard par le Gouvernement égyptien, et portant sur les deux points suivants : la Convention de 1869 et les accords relatifs au Domaine commun, la Compagnie fut amenée à fournir les nouvelles explications ci-dessous :

Sur le premier point, la Compagnie affirmait son ferme désir de ne cesser de prouver par son attitude dans l'avenir, comme elle l'avait toujours fait dans le passé, qu'elle n'entendait pas étendre les privilèges qui lui avaient été concédés. Elle faisait observer que la Conven-

tion du 28 avril 1869 avait visé des exploitations spéciales, qui étaient productrices ou qui pourraient le devenir, telles que la poste, le télégraphe, la pêche; et que la voie de service n'entrait nullement dans cette catégorie, puisqu'elle n'était destinée qu'aux besoins exclusifs de la Compagnie, qu'elle n'était pas par elle-même une exploitation; qu'elle n'était qu'un moyen d'améliorer l'exploitation du Canal maritime en exonérant cette exploitation d'une cause d'embarras susceptibles de nuire à la rapidité du transit des navires.

Quant aux rapports de la Compagnie avec le Gouvernement égyptien en tant qu'associés du Domaine commun, la Compagnie faisait observer que la voie de service ne saurait porter atteinte au principe de cette association. Le Gouvernement alléguait que cette voie empruntait une partie du Domaine commun : il s'agissait sans doute, uniquement, des terrains des villes d'Ismaïlia et de Port-Saïd où se trouvaient les terminus de la voie. Or, il ne pouvait y avoir le moindre désaccord au sujet de ces terrains entre les vues de la Compagnie et celles du Gouvernement. La Compagnie n'avait pas besoin de rappeler que chaque fois qu'elle avait eu besoin pour son exploitation d'un terrain dans les zones susceptibles d'être vendues, elle en prévenait l'administration du Domaine commun. Celait ainsi que l'Ingénieur en chef des travaux avait déjà fait connaître au Domaine commun, en se conformant aux précédents, les terrains qu'il retenait à Port-Saïd pour la voie de service. S'il n'avait pas fait en même temps, une communication semblable au sujet d'Ismaïlia, c'est que la Compagnie ne considérait pas les terrains sur lesquels passait la voie, en bordure de la ville, comme faisant partie de la ville proprement dite ; mais la Compagnie ne discuterait pas ce point si le Gouvernement ne partageait pas sa manière de voir, et elle était toute disposée à faire au Domaine commun, pour le passage de la voie de service sur ces terrains d'Ismaïlia, la même communication qu'elle avait faite pour ceux de Port-Saïd.

La Compagnie se proposait, d'autre part, alors que les travaux de la voie de service seraient plus avancés, de rechercher avec le Tanzim, ainsi que cela avait eu lieu pour le tramway d'Ismaïlia à Saint-Vincent, qui suit une voie publique, une entente pour le passage de la voie de service sur quelques rues de Port-Saïd avant son arrivée aux ateliers de la Compagnie. Elle rechercherait volontiers de suite cette entente afin de témoigner au Gouvernement de son désir de ne pas se départir d'une déférence qu'elle avait toujours considérée comme son devoir.

Le (louvernement qui, ainsi qu'on vient de l'expliquer, s'était montré d'abord si peu favorable^ aux projets de la

1. Le motif pour lequel le Gouvernement égyptien se montra d'abon! peu favorable à la concession d'une ligne ferrée de Port-Saïd à Ismaîlia semble

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