‹ Le canal de Suez (volume 5)Chapitre 7 sur 58 · PREMIÈRES ANNÉES D'EXPLOITATION (4870 A · texte numérisé non relu

PREMIÈRES ANNÉES D'EXPLOITATION (4870 A

A cette même date do mars 1872, la Compagnie, — ainsi que le fait a été signalé plus haut, — avait complètement désintéressé ses obligataires, et elle était désormais en situation d'assurer le service régulier des obligations et celui des bons trentenaires récemment émis. Elle se trouvait donc ainsi heureusement et définitivement sortie des difficultés financières qui avaient si fortement pesé sur elle pendant les deux premières années de son exploitation ^

Les actionnaires, il est vrai, eurent encore à attendre pendant près de trois ans le règlement complet des intérêts arriérés de leurs actions; mais il est à peine besoin de faire remarquer que le paiement de ces intérêts, à l'encontre de celui des intérêts et de Tamortissement des obligations, ne constituait pas pour la Compagnie une véritable dette, surtout une dette immédiatement exigible. On va voir cidessous, dans quelles conditions et sous quelle forme s'est faite la liquidation de ces intérêts d'actions.

1. Dans un court histori<iuc des «liverscs phiiscs difficiles qu'a traversées la Coon»agnie, présenté à l'Assemblée générale des actionnaires du 31 mai 1892, à l'occasion tle la question des détaxes (dont il sera parlé en son teuips), M. Ch. de Lesseps rappelait, dans les termes suivants, les ditUcultés des premières années de l'exploiUition du canal.

« Quand le canal de Suez fut ouvert à la navigation universelle, nous n'étions pas riches, llappellerai-je que, dans ce temps-là, en 1872, le canal de Suez ouvert, c'est bien un hasard que la Compagnie n'ait pas été mise en faillite. Nous devions trois coupons aux obligataires, soit 15 miUions de francs, et nous n'avions j)as ces 15 millions. Nous fîmes alors une émission de 20 millions afin de bien ailirmer au public que nous ne reviendrions pas sur les emprunts, au moins de liquidation, du premier compte de construction ; et, quand nous eûmes demandé au public ces 20 millions nécessaire, en disant aux obligataires (lu'iis pourraient être ruinés s'ils ne venaient pas eux-mêmes à notre aide ; en leur disant : nous recevrons vos coup ns, vos lots en paiement; nous recevrons des valeurs, des coupons, tout,-., mais sauvez-nous, sauvez- vous vous-mêmes ; nous donnâmes toutes les facilités possible ; 10 0/0 dont 8 d'intérêt et 2 d'amortissement, aux prêteurs. Eh bien, sait-on quel fut le résultat? Nous n'obtînmes que 5 millions, et nous en devions 15 ! Et nous recevions des assignations continuelles devant le tribunal de commerce ; Enfin, en gagnant du temps, nous pûmes atteindre au jour où notre affaire se débrouilla Nous avions subi et passé une crise extrêmement grave. »

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