‹ Le canal de SuezChapitre 106 sur 207 · DU 15 MARS 1862 AU 1*' AVRIL · texte numérisé non relu

DU 15 MARS 1862 AU 1*' AVRIL

Le mouvement total de la rade pendant Tannée 1862 a été de 389 navires jaugeant ensemble 56.038 tonneaux.

Accidents de rade. — Les 18 et 19 avril, en même temps que régnait dans risthme un violent khamsim qui occasionna quelques ruptures de digues au canal maritime et au canal d'eau douce, une tempête eut lieu sur la rade de Port-Saïd, causant quelques dég&ts à Tllot en fer : la plate-forme provisoire qui avait été établie sur l'ouvrage fut emportée et sept des pieux en fer s'infléchirent sous Teffort des lames. L'appontement ainsi que son massif d'enro* chements avaient bien résisté. Deux mahonnes mouillées en rade, Tune par 7 mètres d'eau, l'autre par 9 mètres, n'ayant d'ailleurs à bord aucune marchandise, ayant rompu leurs amarres, partirent en dérive : l'une d'elles fut retrouvée échouée à une certaine distance de Port-Saïd ; l'autre avait disparu.

Nouvelle tempête à Port-Saïd les 21 et 22 octobre. Pendant toute la nuit du 19 au 20, le vent avait soufflé du Nord-Ouest et la mer était devenue très grosse. Le 20, à 5 heures du matin, une goélette égyptienne affrétée, chargée de blocs du Mex, ayant cassé ses chaînes — généralement de très mauvaise qualité à bord de ces navires — alla s'échouer sur la pleige, à 200 mètres de terre, à l'Ouest de l'appontement. A 6 heures, une seconde goélette égyptienne, sur lest, ne pouvant plus tenir la mer, alla s'échouer volontairement h l'Ouest de l'appontement; elle put être halée à terre par les marins à l'aide d'un cabestan. A 7 heures, une troisième goélette, chargée de blocs, mais n'ayant aucun homme à bord, ayant cassé ses chaînes, vint se briser complètement à l'extrémité de l'appontement. Au même moment, deux mahonnes vides s'échouèrent sur la plage, côté Ouest de l'appontement : l'une put être sauvée; l'autre fut complètement brisée. A une heure de l'après-midi, le temps s'étant un peu calmé, la baleinière de sauvetage put enfin franchir la barre et porter secours à plusieurs navires au large dont les pavillons en berne signalaient le danger. Dans la journée du 21, les vents soufflant du.

Nord-Ouest et la mer grosse, l'embarcation de sauvetage fut obligée de rester €D rade pour assurer les mahonnes et les chalands et visiter les navires qui avaient leurs pavillons en berne. Enfin, dans la nuit, une mahonne vide, mouillée au large, sombra par 8 mètres d'eau. Toutes les avaries qui viennent d'être signalées montraient la nécessité d avoir à Port-Saïd un petit bateau à vapeur pour pouvoir mettre à Tabri, dans des cas semblables, tout le petit matériel Oottant de la Compagnie.

TRANSPORTS À l'iNTÉRIBUR

Jusqu'à la fm de 1861, les transports dans le désert étaient restés difficiles et extrêmement coûteux, tout devant être transporté à dos de chameau.

A partir de Tachèvement de la rigole maritime jusqu'à El Ferdane (24 décembre 1861} et du Canal d'eau douce jusqu'à Ismaîlia (23 janvier 1862), la plus grande partie des transports purent désormais se faire par eau, et par conséquent, dans des conditions faciles et économiques.

Le service des transports sur les différentes lignes se faisait maintenant de la manière suivante :

Ainsi qu'il a été déjà mentionné précédemment, entre Damiette, où étaient installés provisoirement la Direction générale des travaux et le Service central (le l'entreprise, et Samanoud, tête d'un cheuiin de fer en correspondance avec la ligne principale du Caire à Alexandrie, avait été organisé sur le Nil un service de deux petits bateaux à vapeur de la Compagnie pour voyageurs.

Les transports sur le lac Menzaleh, entre Damiette et Port-Saïd et Ras-el-Ech, continuèrent de se faire à la tâche en vertu du marché passé l'année précédente avec Mohamed Gayar.

Les transports sur la rigole maritime avaient été confiés d'abord à un tâcheron à la disposition duquel avait été mis tout le matériel nécessaire; mais Texpérience n'avait pas réussi et l'on avait dû revenir à l'exploitation directe par les agents de l'entreprise. La rigole de i mètres de largeur au plafond, à mesure de son avancement, avait été utilisée pour les transports à l'aide d'une première flotille de petits chalands en bois construits à Port- Saïd et mis aussitôt en service pour l'approvisionnement des chantiers; «es chalands du début avaient 12~,30 de longueur et 2-,10 de largeur; ils étaient chargés, suivant la saison, pour un enfoncement de 30 à 40 centimètres leur permettant de porter de 7 à 9 tonnes ; ils circulaient par trains de six à huit, halés à bras d'hommes le long des berges. Plus tard, la rigole maritime devenant plus praticable et l'importance des transports allant sans cesse en croissant, on eut recours à des chalands d'un plus grand modèle : ces nouveaux chalands avaient 11". 40 de longueur et 4-, 50 de largeur; leur tonnage variait suivant l'état de la rigole ; avec un enfoncement de 0",50, ils transportaient environ 25 tonnes. Leur emploi permit l'organisation du halage par mules qui se faisait avec des relais tous les 20 kilomètres.

Enfin, les transports sur le canal d'eau douce et le canal de l'Ouady qui mettaient le désert en communication avec Zagazig, tête de chemin de fer, et, de là, avec le Caire et Alexandrie, se faisaient par des patrons de barques entièrement libres avec lesquels on traitait de gré à gré. Ce ne fut pas sans peine, toutefois, que l'on parvint à organiser le fonctionnement des transporta dans ces conditions.

A l'origine, les reïs du Nil (patrons de barques), malgré les prix élevés qui leur étaient offerts, ne voulaient pas s'aventurer sur un canal fait au milieu du désert, dans des régions parcourues par des bédouins et d'où ils craignaient de ne pas revenir sur leur fleuve. Force fut dès lors à la Compagnie de s'adresser au gouvernement pour obtenir des barques de réquisition, ce qui permit d'assurer le service jusqu'en août. A cette date, un grand cheik

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de barques offrit à la Compagnie de traiter pour tous les transports de Zagazig^ à Timsah moyennant un rabais de 10 0/0 sur le prix du moment, en s*engageant h tenir à la disposition de la Compagnie jusqu'à 100 barques d*une capacité moyenne de 10 tonnes. Au renouvellement du contrat, en décembre, le prix fut encore réduit de 10 0/0.

Les transports effectués par la voie du canal d'eau douce en denrées alimentaires, fourrages et objets divers se sont élevés mensuellement, en moyenne, à 1.200 tonnes, et, en bagages des contingents, à 300 tonnes.

Pendant Tétiage du Nil, période en même temps des eaux basses du lac Menzaleh (d'avril à juin), la navigation, tant sur le canal d'eau douce que sur la rigole maritime, fut difficile et eut même à subir des arrêts plus ou moins prolongés. La navigation avait été particulièrement difficile sur le lac Menzaleh sur quelques kilomètres autour de Ras-el-Ech. Le Président de la Compagnie, informé de cette situation, recommanda d'employer immédiatement tous les moyens possibles pour assurer en tout temps les communications à travers le lac; et, à ce sujet, il appela l'attention sur le chenal que Ton remarquait près du cbeik Rarpouty et qui pourrait peut-être être aisément approfondi de manière & garantir les facilités des relations de Port-Saïd avec Damiette. [Ce chenal, croyait-on, avait été creusé par Tarmée française.] En toute hypothèse, le Président insistait pour. que Ton fit en sorte de rétablir promptement la sûreté et la permanence des communications de Port-Saïd, par le lac, avec Damiette et Rantara.

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