CARRIÈRES
Carrière du plateau des Hyènes, — Sur un plateau, dit plate&u des Hyènes^ sis sur le bord, côté Est, du lac Timsah, se trouvait une carrière extrêmement abondante (environ 100.000 mètres cubes) de pierres propres aux constructions de la ville de Timsah, à la constniclion des deux écluses du canal d'eau douce et aux enrochements de protection qu'il y aurait lieu d'exécuter plus tard le long des berges du canal maritime. Un commencement d'exploitation avait eu lieu dès l'année précédente. Pour faciliter cette exploitation, on construisit un canal de service entre l'extrémité de la rigole maritime et la carrière. Ce canal présentait un alignement droit de 2.200 mètres de longueur; il avait une profondeur de 2 mètres au dessous du niveau de la Méditerranée et une largeur au plafond de 10 mètres avec talus à 3 pour 1 audessous du niveau de l'eau. Sa construction exigea un cube de débiais de 96.819 mètres cubes.
La carrière fut exploitée en régie jusqu'au 9 avril 1866, date à laquelle un marché pour l'exploitation de la carrière pendant une durée de trois années fut passé avec M. Lasseron, entrepreneur déjà chargé de rétablissement et de l'exploitation de la distribution d'eau douce d'Ismaîlia à Port-Saïd.
Les principales conditions du marché étaient les suivantes :
La Compagnie cédait à l'entrepreneur, pour toute la durée de son exploitation, toutes les installations et le matériel existant sur la carrière ;
1. Nous rappellerons que ce fut dans le courant de Tannée 1864 qu'eurent lieu les sommations ofticielles faites au Gouvernement égyptien d'avoir à supprimer les contingents, savoir ; 1* (Voir t. I, p. 203.) Note de la Sublime Porte du 6 avril 1863 faisant connaître les conditions de sa ratification à l'acte de concession, conditions parmi lesquelles « l'abolition du travail forcé » ; 2* (Voir t. 1, p. 207.) Lettre vizirielle du !•' août 1863, invitant le Vice-Roi à s^empresser de décider promptement avec la Compagnie la rétrocession des canaux d'eau douce et « l'abolition le plus tôt possible du travail forcé »,
Nous rappellerons également (Voir 1. 1, p. 208j :
D'une part, que Nubar-Pacha, au nom du Gouvernement égyptien, par lettres des 12 et 28 octobre 1863, adressées au Conseil d'administration de la Compagnie, résumait comme suit les demandes formulées par le Gouvernement ;
« Réduction à 6.000 hommes des 20.000 ouvriers dont le Vice-Roi donnait le concours à la Compagnie ;
« Augmentation du salaire qui serait porté à 2 francs par jour » ;
D'autre part, que le Conseil d'administration de la Compagnie, dans sa séance du 29 octobre, décida, au sujet de ces demandes du Gouvernement égyptien, « qu'il n'y avait pas lieu de déroger aux stipulations du règlement au 20 juillet 1856 ».
L'entrepreneur s'engageait à livrer régulièrement à la Compagnie, suivant ses besoins, au moins 60 mètres cubes de pierres par jour pendant la première année et 100 mètres cubes pendant les années sui^vantes, la Compagnie restant toujours libre de ne prendre des matériaux que suivant ses besoins ;
Les fournitures à faire îi la Compagnie comprendraient des moellons et des blocs de diverses dimensions, savoir: i*** catégorie, biocailles et moellons; 2* catégorie, blocs d'enrochements pesant de 50 à 100 kilogrammes; 3* catégorie, gros blocs d'un poids supérieur à 100 kilogrammes. La proportion de ces diverses catégories de matériaux serait celle qui résulterait des besoins de la Compagnie, sans toutefois que l'ensemble des blocs de 2* et de 3* catégorie pût dépasser la moitié de la fourniture totale ;
Le prix des pierres des diverses catégories était fixé à 10 francs le mètre cube livré et mesuré en chalands. Ce prix serait de 6 fr. 50 seulement pour les matériaux déjà extraits par la Compagnie, existant sur la carrière, et dont le cube serait constaté contradictoirement. Les premières livraisons de pierres par l'entrepreneur, quelle que fut leur provenance, seraient faites à ce prix de 6 fr. 50 jusqu'à concurrence du susdit cube constaté ;
L'entrepreneur, afin de pouvoir satisfaire aux besoins de la Compagnie» devrait avoir constamment, tant sur la carrière du plateau des Hyènes que sur la carrière, dite du Four, qu'il exploitait déjà, un approvisionnement d'au moins 1 .000 mètres cubes de moellons de 1'* catégorie et d'au moins 200 mètres cubes de blocs de 2' et de 3* catégorie ;
Enfin, chacune des deux parties restait libre, sous de certaines conditions, de résilier le marché à une époque quelconque en prévenant l'autre partie trois mois d'avance.
TRAVAUX ACCESSOIRES
Télégraphe électrique. — Établissement, pendant l'année, d'une ligne télégraphique entre Ismaîlia et Port-Saïd.
Longueur de la ligne, 84 kilomètres.
La création de cette ligne obligea à faire usage de câbles noyés sur environ 10 kilomètres de longueur à la traversée du lac Menzaleh. L'achèvement de la li^e entre ^Ras-el-Ech et Port-Saïd éprouva quelque retard par suite du vol, à deux reprises, de portions du câble immergé.
Des postes intermédiaires étaient établis à Kantara et à Ras-el-Ech.
Établissement, également pendant l'année, d'une ligne entre Ismaîlia et Toussoum.
Oa rappelle que, l'année précédente, une première ligne télégraphique avait été établie entre Zagazig et Ismaîlia avec poste intermédiaire e Tel-el-Kebir.
SERVICE DE SANTÉ DU i*'" JUIN 1863 AU i" JUIN 1864
(bxtrait du rapport du médecin e.n chef)
Port-Saïd. — L'extension des remblais de la ville, des logements pour le personnel, meilleurs et mieux tenus, la propreté plus grande de la ville devenue plus facile à entretenir depuis l'exécution des remblais, enfin l'arrivée à Port-Saïd de la conduite d'eau douce (9 avril 1864) avaient très notablement amélioré la santé générale ainsi que le montre le teibleau ci-dessous.
HISTORIQUE DE l'eXÉCUTION DES TRAVAUX
TABLKAU DE LA MORTALIxé PENDANT l'aNNÉE 1863-1864
Européens. . .
Arabes
Totaux
POPOUTIOR
TOTALE