‹ Le canal de SuezChapitre 152 sur 207 · ARRIVÉE · texte numérisé non relu

ARRIVÉE

DtPART

Les voyageurs n'avaient droit qu'au transport de petits colis jusqu'à concurrence d'un poids de 30 kilogrammes, les excédents de bagages étant expédiés par le train-coche précédent ou suivant au prix du tarif ordinaire des articles, de messagerie.

AiNKÉE 1865-1866 377

occupait, immédiatement h partir de l'arriére, une loni^eur de 8",06 se répartissait ainsi en allant de Tavant & Tarrière : salon, 3"*,o0 ; chambre à coucher, i',93; cabinet de toilette, 1",'73 ; water-closet, 0",90. C'est sur cette embarcation que prirent place toutes les notabilités qui visitèrent le Canal pendant les premières années après rachëvement du canal d'eau douce et de la rigole maritime.

Dès la Gnde l'année 1863, avait été mise à l'étude la question d'une installation de canots à vapeur pour le transport rapide et régulier des administrateurs, des ingénieurs et du personnel de la Compagnie sur la rigole maritime et sur les canaux d'eau douce.

A la suite de cette étude, un marché fut passé, le 23 avril 1864, avec la maison Gouin pour la fourniture de deux canots à vapeur semblables : l'un destiné à naviguer régulièrement sur le canal d'eau douce, entre Ismaïlia et Suez (exceptionnellement sur la ligne de Zagazig) ; l'autre, h faire de même un service régulier sur le canal maritime entre Port-Saïd et îsmaîlia.

Les embarcations, telles qu'elles avaient été projetées et qu'elles ont été exécutées présentaient les principales dimensions suivantes : longueur, 18 mètres; largeur au maître-couple, 3",23 ; creux, ,1'",20 ; tirant d'eau en pleine charge, 0-,60.

La coque était en tôle. Le propulseur consistait en deux hélices commandées par deux machines-pilons indépendantes. La vitesse de marche était de 10 kilomètres à l'heure.

La machinerie était installée à peu près au milieu de l'embarcation où elle occupait une longueur de 4 mètres ; elle était flanquée de deux roufs réunis, au-dessus des machines, par une passerelle; à l'extrémité de chaque rouf était une petite échelle pour permettre la circulation au-dessus. Le rouf d'avant avait une longueur de 4 mètres et [était aménagé en salon; le rouf d'arrière avait une longueur de 3",50 et contenait une cabine avec couchette pour le mécanicien, une cuisine et un double water-closet. Les espaces libres du pont, au-delà des roufs, de 4",20 de longueur à l'avant, de 2-, 30 à l'aval, étaient abrités par des tentes.

Les deux embarcations recurent les noms de la Jeanne et de la Mathilde. Elles étaient très confortables, parfaitement installées, et elles flrent un excellent service.

Elles devaient, d'après le marché, être livrées à Port-Saïd, prêles à subir les épreuves, au plus tard avant le 30 septembre 1864. En fait, et par suite de circonstances diverses, la réception provisoire n'en put être prononcée qu'un an plus tard, le 15 septembre 1865.

Le 15 août, la fête de l'Empereur fut célébrée à Ismaïlia par l'ouverture des écluses du Canal d'eau douce et le passage d'une cargaison de 300 tonnes de houille transitant directement de la Méditerranée dans la mer Rouge ^

Le Président de la Compagnie s'était rendu à Port-Saïd pour surveiller par lui-même le départ du convoi de chalands portant la cargaison.

Le départ eut lieu le 13 à sept heures du matin. Tous les habitants de Port- Saïd avaient été conviés à se réunir sur le quai du phare pour y assister.

1. Le même jour, 15 août, le Président adressa à l'Empereur le télégramme suivant :

« Sa Majesté a été fêtée dansTIsthmeparla première cargaison de houille transitant directement de la Méditerranée dans la mer Rouge. »

L'Empereur répondit aussitôt par la dépêche suivante datée du camp de Chàlons à 2"'25'.

« Je vous félicite du succès obtenu et vous remercie de me donner cette bonne nouvelle pour ma fête. »

378 HISTORIQUE DE l'eXÉCUTION DES TRAVAUX

Six petits bateaux à vapeur, ayant chacun à la remorque deux chalands en fer chargés de charbon et pavoises de pavillons de toutes les nations, se mirent en route. A partir du kilomètre 20 du canal, des mules et des chameaux hâtèrent le convoi jusqu'à Ismaïlia où il arriva le 14 dans la soirée. A la suite du convoi de charbon se trouvait un long radeau formé de bois provenant d'un chargement reçu par un négociant de Port-Saïd à destination de Suez.

Les chalands avaient 20 mètres de longueur et 4 mètres de largeur. Deux des remorqueurs, provenant de la maison Gouin, avaient parfaitement fonctionné : aux essais, ils avaient fait, sans la remorque, 14 kilomètres à rheure. Les quatre autres remorqueurs étaient la Jeanne et la Mathilde appartenant à la Compagnie et deux bateaux appartenant à MM. Borel, Lavallev

Dans la matinée du 15, le barrage qui retenait les eaux du canal d'eau douce en amont du bief d'Ismaïlia ayant été rompu sur le signal du Président, Teau se précipita, à travers les vannes et aqueducs de Técluse d'amont, dans le bief qui fut rapidement rempli. Le convoi franchit alors les écluses et pénétra dans le canal d'eau douce pour continuer sa route vers Suez. Un accident fortuit retarda son départ d' Ismaïlia; on avait appris qu'une rupture de berge s'était produite sur le canal non loin de Suez, au kil. 83 -, cet accident put, heu reu.se ment, être promptement réparé.

Le convoi put reprendre sa marche le 24. Il présentait, sans compter les intervalles, une longueur de 264 mètres. Il était remorqué en tète par 12 chameaux, — 6 sur chacun des deux chemins de halage, — et était escorté par la dahabieh sur laquelle le Président était parti de Port-Saïd accompagné des chefs de service de la Compagnie. Des relais eurent lieu aux kil. 14, 32, 52 et 12. Le convoi faisait 3 kilomètres à l'heure. La dahabieh du Président et le convoi franchirent l'écluse de Suez et entrèrent dans la mer Rouge dans la journée du 26 aoùti.

Le passage du convoi d'une mer à l'autre fut successivement l'objet de grandes fêtes à Port-Saïd, à Ismaïlia et à Suez.

Une partie du convoi, au retour, emporta à Port-Saïd, pour être dirigées «ur Marseille, diverses marchandises acquises par la maison Bazin sur la côte d'Arabie.

Le transit d'une mer à l'autre sans solution de continuité était donc un fait accompli'-^. Toutefois, — ainsi, d'ailleurs, que l'annonça le Président de la Compagnie dans son rapport à l'Assemblée générale des actionnaires du 5 octobre 1865, — le fonctionnement régulier de ce premier passage ne put avoir lieu qu'à partir du commencement de l'année 1866.

1. L'écluse de Suez avait été terminée, comme les écluses d'Jsmaïlia, exactement à la date du 15 août fixée par le Président pour le passage du convoi de charbon d'une mer à l'autre. On profita du retard du départ d'Ismailia pour parachever l'écluse où il restait encore quelques travaux à exécuter.

Des trois écluses intermédiaires situées sur la branche de Suez aux points kilométriques 16, 42 et 68, les deux premières ne furent terminées qu'à la fin de 1865, la troisième à la fm de février 1866. Pendant la construction de ces écluses, la navigation sur le canal était assurée par des rigoles latérales.

2. Dans le courant de décembre, une petite goélette, YEugénie (construite <lans les chantiers d'ismaïlia et lancée sur le canal d'eau douce), venant delà Méditerranée et portant 30 voyageurs arriva en 27 heures à Suez où elle fut ■amarrée dans le port vis-à-vis de l'hôtel anglais.

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