ET 29 FÉVRIER
(Exécution des travaux par voie de régie intére98ée)
11 a été expliqué précédemment ^ au chapitre de la Description des proJjstSy que le Conseil supérieur des travaux, en novembre 1858, avait arrêté un programme d'exécution, en cinq phases, du projet de la Commission internationale, dont la dépense, on se le rappelle, était estimée à 200 millions.
La Compagnie, aussitôtaprès sa constitution, en décembre de la même année, (it appel aux entrepreneurs de travaux publics de France et de l'Etranger, provoquantde leur part des propositions pour Texécution des travaux dans les limites des devis arrêtés parle Conseil. De nombreuses soumissions lui furent adressées; mais presque toutes réclamaient des augmentations de prix : parmi elles, pourtant, se trouvait un projet de traité, portant la date du 10 janvier 1859, proposé par un entrepreneur d'importants travaux publics exécutés en France, M. Hardon, pour l'exécution des deux premières phases de la construction du canal, dans le système de la régie intéressée pour les terrassements et à prix ferme, à 2 0/0 au-dessous du devis, pour les enrochements et les maçonneries des ports et du lac Timsah.
Ce projet de traité fut renvoyé par la Compagnie à l'examen du Conseil supérieur des travaux, lequel ainsi qu'il va être expliqué, formula son avis dans une séance tenue à cet effet le 7 février 1859.
Au cours de l'examen du projet de traité par le Conseil,
1. Voir, tome IV, p. 88, au chapitre intitulé Programme d'exécution du projet de la Commission internationale.
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diverses observations avaient été présentées se résumant comme suit :
Aussitôt qu'une communication serait établie entre lesdeux mers, dès que le canal fluvialile se rapprocherait du désert, les gabares,en circulant librement, porteraient le charbon de Port-Saïd à Suez et les matériaux de TAttaka, de Suez à Port-Saïd ; les vivres et Teau douce arriveraient aisément sur tous les chantiers; toute incertitude, toute difficulté s'effacerait donc et Ton pourrait résolument choisir les voies devant conduire avec sûreté à l'accomplissement de l'œuvre; mais, pour obtenir ce résultat, il fallait presque achever la première phase d'exécution des travaux; cette phase, bien qu'elle comportât une dépense de 33 millions, ne devait donc être envisagée que comme un travail préparatoire dont l'exécution se présentait dans des conditions particulières qu'il fallait accepter ; pendant cette première période, d'ailleurs, et surtout à l'origine, des essais, quelques tâtonnements même, étaient inévitables. Ces considérations conduisaient à commencer les premiers travaux par voie de régie directe. Sans doute, un pareil système, s'il devait s'appliquer à des travaux d'une importance considérable, serait inacceptable, à la fois pour la Compagnie qui devait avant tout être assurée d'exécuter les travaux sans dépasser le capilal social et pour le directeur général des travaux, dont la responsabilité serait beaucoup trop engagée ; mais, restreint à d'étroites limites, il ne présentaitque des avantages ; iléclairerait complètement la Compagnie sur les mesures à adopter pour l'avenir; il permettrait aux entrepreneurs sérieux de se transporter en Egypte, de se rendre compte de visu de la nature du travail et des conditions dans lesquelles on pouvait l'exécuter, et il les amènerait sans doute à préciser plusieurs des offres si nombreuses qui avaient été faites à la Compagnie, mais qui, formulées d'une manière trop vague, n'étaient jusque-là susceptibles de recevoir aucune suite pratique et utile.
A ces considérations, le directeur général des travaux avait ajouté que, quel que fût le système adopté et en admettant même que la Compagnie traitât avec M. Hardon sur les bases de sa soumission, il resterait toujours des dépenses préliminaires à faire par voie de régie directe; que, dans le cas où prévaudrait cette opinion, on pourrait joindre àces dépenses des essais faits en divers points, sur une échelle réduite, soit avec des dragues, soit avec des excavateurs, quelques exploitations de carrières, en un mot, une espèce de spécimen pour chaque nature de travail. Ainsi définie et circonscrite, la régie simple lui paraissait très acceptable. En dernière analyse, le Conseil supérieur des travaux. Considérant que la première phase d^exécution du canal devait être considérée comme un travail préparatoire après l'exécution duquel toute hésitation devait disparaître sur la marche k suivre pour Tachèvement de Tœuvre ;
Que, dans cette phase elle-même, les premiers travaux présentaient un certain caractère d'imprévu; mais que Texécution de ces travaux amènerait nécessairement avec elle des enseignements qui profiteraient à la Compagnie et à tous les entrepreneurs sérieux qui se présenteraient pour soumissionner;
Que la soumission de M. Hardon portait sur le chiffre énorme d'une dépense de 103 millions et ne saurait être acceptée qu'après un mûr examen dont les éléments n'étaient pas encore tous réunis;
Que cette soumission indiquait, de la part de celui qui lavait présentée et qui engageait dans l'entreprise une partie notable de sa fortune, la conviction que les évaluations de lavaat-projet ne seraient pas dépassées; que cette conviction venait corroborer Topinion unanime des membres éminents qui composaient la Commission internationale; que les propositions de M. Hardon ne pourraient qu'acquérir une signification encore plus sérieuse si Ton invitait cet entrepreneur èi se rendre en Egypte pour étudier la nature des
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.travaux et les conditions dans lesquelles ils pourraient s'exécuter; que les délais qui lui seraient accordés pour se livrer à cet examen ramèneraient peut-être à proposer pour les terrassements, comme il l'avait fait pour les enrochements et les maçonneries, un marché ferme qui paraîtrait préférable au système de régie intéressée,
Formula finalement Tavis :
1* Que, dans tous les cas, il n'y avait lieu momentanément de se préoccuper que des travaux compris dans la première phase de l'entreprise et que la Compagnie ne devrait prendre aucun engagement pour les travaux ultérieurs;
2* Que ces travaux eux-mêmes devaient être commencés parle directeur général des travaux auquel on laisserait une grande liberté d'action, même la faculté d'appeler telle personne qu'il jugerait convenable pour exécuter une partie des travaux en régie intéressée, mais dans les limites d'un crédit qui ne paraissait pas devoir excéder 4 millions;
3° Qu'il convenait d'inviter le directeur général des travaux à diriger l'emploi de ce crédit, de telle sorte qu'il pClt se rendre compte le plus tôt possible du système à adopter pour l'achèvement de la première phase, et présenter dans un délai de quelques mois, en toute connaissance de cause, telles propositions qu'il appartiendrait.
PREMIER TRAITÉ HARDON, DU i4 FÉVRIER J8J9
A la suite de l'avis du Conseil supérieur des travaux, et les propositions primitives de M. Hardon ayant été modifiées en conséquence, la Compagnie passa avec cet entrepreneur,, à la date du 14 février 1859, le traité provisoire dont les principales dispositions ont été mentionnées précédemment ^
Aussitôt après la signature de ce traité, l'entrepreneur