GÉNÉRALE DBS ACTIONNAIRES DU 2 JUIN 1868) PORT DE PORT-SAÏD
Jetées. — L'exécution des jetées en blocs artificiels avait continué de marcher avec toute la régularité déjà signalée dans les précédents rapports.
La jetée Ouest, qui devait avoir une longueur totale de 2.500 mètres, était déjà complètement exécutée sur une longueur de 2.200 mètres ; les blocs s'étendaient au delà, à fleur d'eau, sur une longueur de 100 mètres, puis, sous l'eau, jusqu'à l'extrémité môme de la jetée qui se trouvait dans les fonds de S'^jôO.
La jetée Est, qui devait avoir une longueur totale de 1.900 mètres, était déjà construite sur une longueur de 1.800 mètres. L'enracinement de cette jetée, sur les 260 premiers mètres, où le défaut de profondeur ne permettait pas de faire arriver les gros blocs, avait été exécuté en régie au moyen d'enrochements naturels provenant de la carrière du plateau des Hyènes située sur le bord du lac Timsah.
Sur le cube total de 250.000 mètres cubes de blocs que comportait l'entreprise de MM. Dussaud frères, il ne restait plus, à la date du 15 avril, à fabriquer que 33.000 mètres cubes et à immerger que 57.880 mètres cubes. D'après la moyenne constante du travail mensuel, la fabrication serait
certaineotieQt termince dans un délai de quatre mois et demi, l'immersion dans un délai de huit mois.
Chenal et bassins. — Dès le mois de juin 1867, un grand paquebot des Messageries Impériales, faisant le service des côtes de Syrie, avait pu entrer dans le port et venir jcler Tancre dans le grand bassin. Depuis lors, tous les bateaux des Compagnies de navigation h vapeur à destination de Port-Saïd ou y faisant seulement escale, entraient invariablement dans le port intérieur oii ils trouvaient un excellent mouillage, des bassins chaque jour plus vastes et plus profonds pour leurs évolutions, enfin, un grand développement de quais pour leurs opérations de chargement et de déchargement.
Ces simples faits suffiraient seuls pour donner une idée dela situation déjà réalisée à Port-Saïd. Les chiffres suivants permettaient d'ailleurs de juger des progrès accomplis dans les travaux de dragages.
Le cube total de» dragages h exécuter par Tentreprise Borel mètreicabes
Lavalley et C- était de 4.669.943
Le cube exécuté au 15 avril (1868) était de 3.481.00»
Il ne restait donc plus à draguer pour le complet achèvement du port que 1.182.941
Or sept dragues desservies par des porteurs étaient affectées à ces dragages ; elles avaient produit le dernier mois 100.000 mètres cubes; mais leur fonctionnement s'améliorait chaque jour, et leur travail mensuel, maintenant surtout qu'elles pouvaient, grâce à Tétendue draguée des bassins, fonctionner sans aucune gêne pour elles ni pour leurs porteurs, atteindrait bien certainement 120.000 mètres cubes. Le port serait donc bien probablement terminé dans le délai d'environ une année, et les dragues qui y étaient employées pourraient alors être reportées sur le canal maritime.