‹ Le canal de SuezChapitre 183 sur 207 · ENFANTS · texte numérisé non relu

ENFANTS

POPULATION

TOTALB

Race indigène

TABLEAU DE LA MORTALITÉ DANS l'iSTHMB

or 1" JUIN 1868 AU 1" juln 1869

( Hommes

POPULATION

UORTALITÉ

Race \ Femmes

l Hommes et femmes

blanche i Enfants

\ Hommes, femmes et enfants.

/' Hommes

Race \ Femmes

< Hommes et femmes

indiffène i Enfants

( Hommes, femmes et enfants. Population totale

On remarquera dans les tableaux ci-dessus la différence qui existe entre le chiffre 42.400 de la population totale et le chiffre 35.804 sur lequel a été établie la proportion de la mortalité. C'est que Ton avait cru devoir retrancher du chiffre de la population indigène, 6.596 ouvriers du chantier de Chalouf chez

xy^tE 1868-1869 433

lesquels avait sévi pendant trois mois une épidémie de dysenterie due à des circonstances atmosphériques particulières, alors que les ouvriers de race blanche du même chantier avaient joui au contraire d'une excellente santé. Sur les 6.596 indigènes de Ghalouf, il y avait eu 449 morts, soit une proportion de 6,80 0/0, tandis que chez les européens, au nombre de 6.128, il n'y avait eu que 44 morts, soit une proportion de 0,71 0/0. On eut évidemment <'ommis une erreur dans Tappréciation de la santé générale de Tlsthme, en admettant le fait exceptionnel de Ghalouf dans le tableau delà mortalité L

Ce tableau montre que la mortalité chez les enfants de race blanche avait été de 5,31 0/0, à peu près le même chiffre que pour TEurope.

Dans les rapports précédents sur le service de santé, — et bien que cette question fût une de celles qui préoccupaient le plus les médecins, surtout par rapport à l'avenir du canal, — il avait été très peu parlé de ce qui concernait la santé des enfants européens dans Tlsthme. C'est que les documents man- •quaient et que les observations n'étaient pas assez nombreuses pour permettre d'en tirer quelques conclusions. I^a lumière commençait maintenant à se faire, et il était devenu possible de donner quelques indications :

La mortalité qui avait frappé les enfants dans les premières années, avait été causée surtout par rinsuffisance des soins hygiéniques de l'habitation, de l'alimentation, etc., en même temps que par les influences atmosphériques ; meus on avait pu constater qu'à mesure que le bien-être devenait plus grand, que l'habitation et l'alimentation devenaient meilleures, la santé générale des enfants s'améliorait, et que, parmi eux, diminuait la mortalité. On avait reconnu, en outre, qu'il existait, au point de vue de la santé, une différence entre les enfants issus de parents déjà plus ou moins acclimatés ou venant du midi de l'Europe, et ceux de parents venant des climats tempérés et du

1. Le chiffre élevé de la mortalité parmi les indigènes fut dû, — ainsi qu'il est dit ci-dessus,— à une épidémie de dysenterie qui régna sur eux seuls, tandis que les européens jouissaient de la meilleure santé.

C'était la seconde fois que semblable fait se produisait dans la même localité, sous les mêmes influences et par les mêmes causes.

Sur les travaux, les indigènes refusaient de coucher dans les baraques, préférant rester en plein air en se mettant seulement à l'abri du vent. D'un autre côté, voulant ménager leurs salaires, ils se nourrissaient mal et étaient insuffisamment vêtus.

En hiver, c'est-à-dire lorsque la température baissait à 8 ou 10 degrés, que le temps était variable, qu'il y avait quelques pluies, les maladies ne tai-daient pas à apparaître. Cette époque était la mauvaise saison pour les indigènes, tandis que c'était pour les européens comme une saison de printemps. 11 en résultait pour les premiers des diarrhées, des dysenteries, et si le thermomètre descendait près de zéro, des pneumonies et des pleurésies; pour les seconds, au contraire, la santé était excellente. L'effet inverse se produisait pendant l'été : c'étaient alors les indigènes qui se portaient le mieux.

Le fait climatérique d'un hiver rigoureux s'était produit cette année dans la plaine de Suez et à Chalouf ; il y avait même eu de la glace ; d'où, la grande mortalité parmi les indigènes, et, par contre, une très belle santé chez les •européens.

En 1864, pendant que l'on avait encore des ouvriers des contingents égyptiens sur le plateau de Ghalouf, l'hiver avait été à peu près semblable, et la niéine épidémie s'était manifestée. Seulement la mortalité n'avait été que de 4 au lieu de 6,8 0/0. C'est qu'alors le travail ne durait qu'un mois pour chaque individu, et que l'on pouvait forcer les travailleurs à demeurer dans les gourbis qui avaient été préj)arés pour eux et qu'on leur fournissait du bois de chauffage.

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