Voir Tome I, p
PÉRIODE D*ÉTbDES (t854 A 1858) 3
sondages furent exécutés sur toute la ligne du canal maritime pour reconnaître la nature des terrains à traverser ; eniin, on entreprit le cadastre de tous les terrains irrigables dépendant de la concession.
Pendant que les études étaient ainsi activement poursuivies en Egypte, la Commission internationale d'ingénieurs instituée par le président fondateur conformément aux instructions du Vice-Roi* se réunissait à Paris le 30 octobre 1855 et déléguait une Sous-Commission pour se rendre sur les lieux, faire connaître son opinion sur Tavantprojet des ingénieurs du Vice-Roi et réunir les éléments d'un projet définitif. Les membres de cette Sous-Commission, à leur arrivée en Egypte, en novembre 1855, reçurent le meilleur accueil du Vice-Roi qui mit à leur disposition de la manière la plus libérale tous les moyens matériels propres à faciliter et assurer Taccomplissement de leur mission.
Le voyage d'exploration et d'études de la Sous-Commission dura environ deux mois. Dans ce voyage, les membres de la Sous-Commission purent suivre et étudier le tracé piqueté sur le terrain et vérifier les sondages exécutés par les ingénieurs du Vice-Roi. La question du port de Suez fut étudiée sur un plan d'ensemble de la baie levé par Moresby, publié à Londres en 1843, et qui fut complété au moyen de sondages détaillés faits par les membres mêmes de la Sous-Commission. Enfin, un plan hydrographique de la baie de Péluse, tout récemment dressé, conformément aux instructions de la Sous-Commission, par M. Larousse, sous-ingénieur hydrographe de la marine française*^, et complété par des renseignements nautiques contenus
i. Voir Tome I,p. 52.
2. M. Larousse avait été mis par le Ministre de la Marine à la disposiiton de M. Lieussou, ingénieur hydrographe, membre de la Commission, pour faire la reconnaissance de la baie de Péluse; et la Sous-Commission, dès sa première réunion, tenue à Alexandrie, lui avait donné ses instructions afin qu'il pût procéder sans le moindre délai au travail de reconnaissance en question.
4 HISTORIQUE DE l'eXÉCDTION DES TRAVAUX
dans un rapport de cet ingénieur, permit de déterminer et fixer en parfaite connaissance de cause le meilleur point de débouché du canal dans la Méditerranée.
La Commission internationale, — ainsi qu'il a été expliqué à V Historique administratif — arrêta, après huit mois d'études, toutes les dispositions d'ensemble et de détails du projet définitif qu'elle proposait d'adopter; et la description de ce projet, avec toutes explications et plans à l'appui, fit l'objet d'un savant rapport de la Commission en date de décembre 1856 qui reçut dans toutes les contrées de l'Europe la plus grande publicité.
Dans Tune de ses séances tenues à Paris (séance du 24 juin 1856), la Commission avait exprimé le vœu qu'un bâtiment de la Marine égyptienne passât tout un hiver dans la rade de Péluse, afin d'y expérimenter la valeur du mouillage. Conformément à ce vœu, une corvette égyptienne, commandée par le capitaine français Philigret, stationna pendant l'hiver de 18i:6-1857 sur la rade foraine du futur port de Port- Saïd, où malgré un temps d'une inclémence exceptionnelle, le bâtiment put rester constamment mouillé sur une seule ancre sans chasser, ce qui donna la preuve indiscutable de la bonne tenue du mouillage et de l'excellente qualité du fond. Le capitaine Philigret reconnut d'ailleurs que la plage était facilement praticable. Enfin, il lui avait été possible de maintenir presque sans interruption les communications avec Damiette et le Nil par le boghaz de Gemileh et le lac Menzaleh.
Pendant que la Commission internationale s'occupait de la rédaction de son rapport, M. Mougel Bey soumit à son examen (séance d'août 1856) un programme des dispositions à prendre pour la mise en train immédiate et l'exécution aussi rapide que possible des travaux du Canal de communication, travaux dont, à l'origine, — ainsi qu'il a été expliqué précédemment^ — le Gouvernement égyptien