CHEMIN DE FER DU CAIRE A SUEZ PAR LE DESERT
En môme temps que s'achevait la ligne précédente, Sald Pacha avait, dé» le mois de mai 1855, douné des ordres pour la construction de la ligne do Caire à Suez. Ce fut un ingénieur français au service du gouvernement égyptien, Mouchelet Bey, qui fut chargé de Tétude du tracé et de l'exécution de» travaux. La ligne avait une longueur d'environ 145 kilomètres et comportait quatre stations : Kanka^ au kilomètre 30; Robehy^ au kilomètre 58; Avoebet, au kilomètre 100; enfin, une station non dénommée située à peu près à midistance entre Awebet et Suez. [La station d'Awebet, bien approvisionnée^ se trouvait à environ 50 kilomètres de distance dMsmaîlia; la route entre les deux points suivait d'abord, à partir d'ismallia, le plateau du Sérapéum, puis allait passer au pied et à l'Est du pic de Chabrewet, enfin, traversait le Gebel-Génellé pour aller aboutir à la station. On parcourait cette route à cheval ou à dromadaire]. Le point de départ de la ligne, au Caire, était à 18 mètres au-dessus du point d'arrivée à Suez; le point culminant, à Awebet, à 240 mètres au-dessus du niveau de la mer au lieu de 300 mètres du point culminant de la route de poste, à la station n* 8, située à 10 kilomètres environ plus au sud que la ligne du chemin de fer. La vole de fer présentait les dispositions suivantes : déclivité maximum de 0,04 atteignant pourtant 0,075 pour franchir le point culminant sur une longueur d'environ 3 kilomètres; largeur de la plateforme, 4"*, 50; largeur de la voie, comme sur la ligne d'Alexandrie au Caire, l'",45; rails à double champigeron du poids de 32^6^83 par mètre courant portant sur des coussinets-cloches en fonte du poids de 36 kilogrammes ; distance entre les support 0'",90. Les travaux de terrassement avaient été commencés en septembre 1855 ; on y avait employé jusqu'à 7.000 ouvriers. La ligne fut ouverte en décembre 1858. La durée réglementaire du trajet était de huit heures; mais des retards, qui atteignaient parfois plusieurs heures, se produisaient assez fréquemment. Les trains devaient transporter, à partir du Caire, Teau douce prise au Nil destinée à ralimentation des machines en cours de route, indépendamment de Veau destinée aux stations de la ligne et à la ville de Suez. L'arrivée de l'eau douce à Suez par la rigole dérivée du canal d'eau douce, à la lin de 1863,. réduisit naturellement ces transports d'eau douce par le chemin de fer à ceux simplement nécessaires pour l'alimentation des machines et l'approvi* sionnement des stations.
1. Le tracé du chemin de fer suivait un itinéraire moins direct que la route de Derb-el-Hamra dont il avait fallu s'écarter, d'une part, afin d'éviter autant que possible des expropriations coûteuses de terre cultivées à la sortie du Caire, d'autre part, pour franchir le Gebel Awebet dams de meilleures conditions que ne le faisait la route.
APPROVISIONNEMENTS ET TRANSPORTS AU DÉBUT DES TRAVAUX Ta CHEMIN DE FER DE BENHA (STATION DE LA LIGNE d'aLEXANDRIB
AU caire) a zagazig, ismailia bt suez
A la suite du Gnnan de concession du Canal maritime (19 mars 1866), Ismaît Pacha, qui avait succédé à Abbas Pacha en 1863, reconnaissant la nécessité de relier Suez à Alexandrie par un chemin de fer conçu de manière à éviter le parcours des 145 kilomètres de désert de la ligne passant par le Caire et à relier en même temps Ismailia au Caire et à Tintérieur de TÊgypte, fit entreprendre la construction d'une ligne qui, partant de 2^gazig, suivait la vallée de 1 Ouady et le canal d'eau douce jusqu'à Néfiche, à 4 kilomètres environ avant Tarrivée à Ismaïlia, puis, à partir de ce point, se bifurquait, un branchement conduisant jusqu'à Ismaïlia, et la ligne principale se prolongeait jusqu'à Suez en côtoyant constamment la dérivation du canal d'eau douce. La nouvelle ligne était de construction facile; elle ne présentait que de faibles déclivités ; enfin, comme on vient de le voir par la description du tracé, elle avait de Teau douce sur tout son parcours.
La partie de la ligne entre Zagazig et Ismaïlia fut ouverte en juin 1868; et liaauguration de la ligne d'ismaïlia à Suez eut lieu le 15 août de la même année.
Les deux villes d'Ismaïlia et de Suez se trouvaient donc désormais, par la. nouvelle ligne, en communication entre elles et avec le Caire et Alexandrie.
Les distances, par chemin de fer, ou longueurs de parcours entre les différentes villes sont les suivantes en nombres ronds :
Durée actaelU Lon^ruenr dutrajetptr
du parcours trains rapides-
D'I&mallia à Saez 93 kilom. 2 heure»
n'T.r»«ii:« l Dlsmaïlia à Zagazig 80 kilom. 1
an ?î/pi ^ Zagazig à Benha 31 - 156 - 3 h. 5'
aui^u-e j De Benha au Caire 45 — \
IVIsmallia j D*Ismailia â Benha 111 ~ I o-q <; h (^
à Alexandrie! De Benha à Alexandrie 162 - j '^''^ "" ^ °- ^
Comparaison des distances entre Alexandrie et Suez par l'ancienne et par
la nouvelle ligne :
Longueur totale de parcours
AnriAnnii i;»«* » D'Alcxandric au Caire 208 kilom. | «-q vîîft»«
Ancienne hgne j du Caire à Suez : 145 - ) 363 kilom.
D'Alexandrie à Benha 162 — )
Nouvelle ligne ^ De Benha à Néfiche 1U7 — > 358 —
De Néfiche à Suez 89 — )