SERVICE HYDROGRAPHIQUE
M. Larousse, Ingénieur chef du service A l'administration centrale, a paris
SERVICE DBS TRAVAUX
(Études^ contrôle des commandes) M. Bourdon, Chef de service.
exécution DES TRAVAUX
MM. Hardon, Entrepreneur général régisseur,
Feinieux, Fondé de pouvoirs de TEntrepreneur général.
Service central^ d Alexandrie
M. Veraoni (Charles), Chef du service ;
Secrétariat,
Quatre bureaux ! SîSrSle,
Relations avec les autorités ég)'ptiennes.
Agencée
Le Caire, Trois agences { Suez,
Damiette.
i2ï HISTORIQUE DE l'eXÉGUTION DES TRAVAUX
Marche des travaux et Modes d'exécution
(année 1859) port de port-saïd
(planche xxv)
Phare, — Le projet de phare, comportant une construction en charpente, — au lieu du phare en fer sur pieux à vis prévu au programme de 1858 du Conseil supérieur des travaux, >- avait été approuvé par l'administration dès les premiers jours de février.
Le phare étant Touvrage le plus urgent à exécuter à Port-Saïd, la charpente en fut commandée de suite à Alexandrie ; les bois, tout travaillés, furent débarqués à Port-Saïd le 4 mai, et la construction du phare commença le 20 du même mois. Le phare était érigé sur le lido, à 80 mètres environ de distance en arrière du point d'enracinement de la jetée Ouest (ancienne balise 1], à 35 mètres dans TOuest de la direction prolongée de la jetée.
La charpente du phare, afin de pouvoir résister aux coups de vent, était montée sur un pilotis couronné, à 3", 80 au-dessus du niveau de la mer, d'une forte enrayure. C'était sur la base ainsi constituée, et à laquelle ils étaient solidement fixés, que reposaient les grands poteaux du phare reliés entre eux sur leur hauteur par deux étages de croix de Saint-André.
Le soubassement fut remblayé jusqu'à 2 mètres au-dessus du niveau de la mer. Sur le reste de la hauteur, il devait, convenablement approprié, servir de magasin.
La construction présentait à son couronnement un logement auquel on montait par un escalier à vis. Au-dessus était la lanterne avec son appareil lenticulaire venu de Paris.
Toute la charpente entre le soubassement et le couronnement était à claire-voie.
La tourelle du phare était de forme octogonale. La largeur à la base était de 8 mètres; au niveau delà plate-forme supportant la chambre de service, de 5™,40.
La hauteur totale de la construction au-dessus du soubassement était de 22 mètres se répartissant ainsi :
mètres.
Jusqu'à la plate forme de la chambre de service 14 »
Hauteur de la chambre de service 4 »
Soubassement de la lanterne 4 ,80
Hauteur de la lanterne 2,20
Hauteur totale 22 »
Lanterne de 1",60 de diamètre ; appareil catadioptrique de 0",ÎJO de diamètre, à feu Oxe, éclairant 225 degrés de Thorizon.
Le feu était de 4« ordre, visible à une distance d'environ 10 milles.
Le phare fut terminé et l'appareil d'éclairage installé dans les derniers jours de juillet. Les essais d'allumage n'eurent pourtant lieu que pendant les deux derniers mois de l'année. Ils avaient lieu surtout les nuits où l'on attendait sur rade le vapeur le Joseph* afin de permettre à son commandant de se rendre bien compte de la portée du feu. Le phare a été régulièrement allumé à partir du commencement de 1860.
Appontement (Planche xxii). >- Ainsi qu'il est expliqué plus loin en détail, au chapitre de la, Description des jetées du port de Port-Saïd et de leur mode de construction, lappontement en charpente, tel qu'il était primitivement projeté, devait avoir une longueur de 260 mètres, de manière à dépasser ainsi la grande barre de la plage sous-marine sur laquelle les lames déferlaient avec violence dans les gros temps. L'ouvrage comportait les dispositions suivantes: Le tablier, de 8*^,20 de largeur et établi à 2™80 au-dessus du niveau de la mer, reposait sur des palées espacées de 4 mètres d'axe en axe; chaque palée se composait de 4 pieux coiffés d'un chapeau sur lequel reposaient 6 cours delongrines; les pieux étaient moisés transversale^ ment au niveau de l'eau par des pièces sur lesquelles reposait également, mais seulement le long des pieux de rive du futur chenal, une longrine reliant entre elles toutes les palées. Le tablier devait porter UQ chemin de fer de service à double voie muni des grues et bigues nécessaires aux déchargements et qui, à mesure des remblais du terreplein de la ville, devait être prolongé jusqu'aux magasins et ateliers. Enfm, les pieux de l'appontement devaient être protégés par un massif d'enrochements destiné en même temps à abriter le chenal.
Les bois nécessaires à l'appontement avaient été commandés à Marseille dès le mois de février, et ils commencèrent à arriver à Port-Saïd dans le courant d'avril. Le déchargement de ces bois, ainsi qu'il sera expliqué plus loin, fut lent et pénible par suite du manque de moyens d'action et du petit nombre de bras dont on disposait.
L'absence de sonnettes d'une force suffisante pour donner aux pieux une Ache convenable ne permit pas de commencer immédiatement le battage des pieux.
Un marché avait été passé avec un entrepreneur d'Alexandrie pour la fourniture de 1.000 mètres cubes de pierres de la carrière du Mex pour la consolidation des pieux de l'appontement. En attendant que put commencer le battage des pieux, les premiers arrivages de pierres, dans le courant des mois de juin et juillet, furent immergés sur une lon-
i. Vapeur de la Compagnie faisant un service entre Alexandrie et Port-Saïd. Voir ci-après, p. 147.
136 HISTORIQUE DE l'eXÉCUTION DES TRAVAUX
gueur d'une douzaine de mètres à partir du rivage suivant la direction même de la jetée. Le petit abri ainsi créé forma Fenracinement de la jetée. Une mer, assez forte pour arrêter le déchargement des navires, ne remua pas sensiblement les pierres ; mais on constata, comme c'était à prévoir, que la plage de TOuest commença à avancer derrière ce premier rudiment de jetée, en même temps que la plage de TEst présentait au contraire des traces de corrosion.
Lesbattagesdepieux,faute de charpentiers, ne commencèrent que dans le courant d'octobre. Les sonnettes reposaient sur un échafaudage en porte-à-faux relié aux palées déjà battues. On s'était servi pour les premiers pieux de moutons du poids de 1.000 kilogrammes qui présentèrent le double inconvénient de fendre la tète des pieux et d'amener des déviations dans le battage, et on leur substitua des moutons de 600 kilogrammes seulement qui donnèrent de bons résultats ; la course du mouton était en moyenne de 4°*, 50; l'enfonçage, à chaque coup de mouton, de 2 centimètres ; 6 hommes suffisaient pour la manœuvre; les pieux prenaient une fiche d'environ 5 mètres. Trois sonnettes fonctionnaient.
A la fin de l'année, l'appontement, au moins en ce qui était des battages de pieux avait une longueur de 156 mètres et se trouvait ainsi atteindre vers le large les fonds de 2™, 55. Grâce à une première partie de l'appontement entièrement construite, d'une cinquantaine de mètres de longueur, les déchargements des navires se firent avec plus de facilité.
Le chemin de fer de service était prolongé à mesure de l'avancement de l'appontement. Du côté de terre, afin de desservir les magasins et les habitations établis sur la ligne de dunes, le chemin fut dévié suivant une ligne parallèle au rivage, en arrière de la ligne des maisons.
Rigole de service entre les établissements du port cl le lac Menzaleh. — Une rigole de service destinée à établir une communication par eau entre les établissements du port et le lac Menzaleh fut creusée le long de la rive ouest du futur chenal d'entrée du port. Cette rigole, dont l'origine n'était séparée de la mer que par une bande de terre d'environ 60 mètres de largeur, se prolongeait en ligne droite, jusqu'au lac Menzaleh; elle avait 5 mètres de largeur à la ligne d'eau et 50 centimètres de profondeur en contrebas du niveau ordinaire des eaux du lac. Bien que la hauteur d'eau y fût variable suivant la direction du vent, qui faisait refluer les eaux du lac, tantôt sur sa rive nord, tantôt sur sa rive sud, on y pouvait pourtant naviguer sans interruption grâce au chaland qui faisait le service et qui ne calait que 12 centimètres. Les approvisionnements venant de Damiette par barques pouvaient ainsi, par rinterinédiaire de la rigole arriver jusqu'à proximité des établissements du port, et le petit chemin de fer servait ensuite à achever les.
transports jusqu'aux magasins et aux maisons d'habitation. A la fin de Tannée, la rigole était achevée sur une longueur de 300 mètres et ébauchée sur une longueur égale. Il restait à creuser environ 1.500 mètres pour arriver jusqu'aux profondeurs toujours navigables du lac.
La rigole avait été creusée par les ouvriers indigènes, sous une profondeur d'eau moyenne de 0™,25, à Taide de grandes pelles avec lesquelles ils parvenaient à enlever sans difficulté le limon vaseux qui recouvrait le fond du lac et le sable situé au-dessous. Ces pelles étaient manœuvrées par deux hommes : Tun tenait le manche de la pelle et engageait celle-ci dans le sol; Tautre ouvrier tirait une corde ûxée près de la pelle et détachait ainsi une motte de terre plus ou moins volumineuse qui était jetée sur le côté de la tranchée ou chargée dans des brouettes. Les ouvriers indigènes n'avaient fait aucune difficulté à travailler de cette manière, c'est-à-dire à se servir d'outils, et les résultats obtenus axaient été reconnus meilleurs que par leur méthode habituelle de travail consistant à entrer dans la vase et à enlever celle-ci directement avec leurs mains.
Les terres extraites furent employées à commencer les remblais du terre-plein de la ville.
BATIMENTS £T ABRIS
(planches XII ET XXV)
Dès le 17 février 1859, un marché avait été passé avec la maison Fréret, de Fécaoïp.pour la fourniture en Egypte d*un certain nombre de maisons en bois aux prix suivants, livraison sous vergues, à Fécamp, savoir :
1* Neuf maisons mobiles de 24 mètres de longueur, 10 mètres de largeur et 4 mètres de hauteur, & 6.000 francs Tune, pourlogements d'ouvriers indigènes ; 2* Quatre pavillons de 5 mètres sur 5 mètres, À 1.200 francs Tun, pour logements d'ouvriers européens ; 3* Eofin, quatre chalets, à 10.000 francs Tun, pour logements d'employés. Certaines conditions de prix étaient d'ailleurs stipulées pour le transport et le montage en Egypte.
L'expédition de la totalité de la fourniture fut faite dans le courant d'avril sar deux navires à destination d'Alexandrie. A l'arrivée, le chargement des deux navires, pour le transport à Port-Saïd, fut transbordé sur le navire Max, dont le déchargement eut lieu dans les derniers jours de mai.
En outre de la commande précédente, la Compagnie fit l'acquisition, à Alexandrie, de six grandes baraques anglaises provenant de la guerre de Cri- ! mée. Ces baraques avaient environ 12 mètres de longueur sur 6 mètres de '• largeur.
I La nomenclature et description suivante des bâtiments et abris construits
; à Port-Saïd et sur la ligne du canal pendant le cours de Tannée 1859, indique ; en même temps les points sur lesquels ont été utilisées les maisons en bois • provenant de la commande et de Tacquisition ci-dessus.
I Porl-Saïd (PI. xxv). — Le campement de Port-Saïd ne comprenait, à l'ori-
- gine, qu'une grande tente Gagin, à armatures de fer creux, de 6 mètres de c6tés, une petite tente pour Tingénieur-chef de section, et cinq autres tentes
138 HISTORIQUE DE l'eXÉCUTION DES TRAVAUX
pour le personnel ; en outre, des abris provisoires en nattes de joncs servaient aux ouvriers.
A la date du 1*' juillet, les abris provisoires avaient été remplacés en partie par une grande baraque de Grimée; en outre, un magasin en bois, à peu près de mêmes dimensions que la baraque, servait à contenir les vivres, les caisses à eau en fer et toute la partie du matériel qui avait besoin d'être conservée À Tabri ; il y avait une forge en activité sous un abri de nattes et plusieurs autres petites constructions également en nattes pour la cantine, la cuisine, etc. ; la difficulté ayant été reconnue de conserver intacts les approvisionnements de biscuits dont Thumidité provoquait la moisissure, et le médecin du campement attribuant à la mauvaise qualité de ces biscuits les maladies- d'entrailles qui sévissaient alors sur le personnel, on avait commencé la construction d'un four en briques pour cuire du pain avec de la farine envoyée régulièrement d'Alexandrie (ce four fut terminé le 1*' août ; il donna d'excellent pain ; on y fit des essais de recuisson des biscuits détériorés par l'humidité) ; deux des chalets et deux des pavillonfi pour chefs ouvriers étaient en montage; en attendant l'arrivée et la mise en place des cinq autres baraques de Crimée, on avait utilisé une partie des bois et des madriers existant sur le chantier pour établir plusieurs cabanes destinées au logement des matelots.
A partir du mois de juillet, les constructions se développèrent assez rapidement. En même temps disparaissaient, au fur et à mesure, tontes les constructions primitives en nattes et madriers qui, fort irrégulières, déparaient et obstruaient le chantier. Dès le 1" novembre, toutes les tentes étaient abattues et la population du campement était répartie dans les maisons Fréret. Il ne restait plus que la forge A. construire pour que le campement se trouvât complètemenl débarrassé de toutes les constructions primitives en nattes.
Les cinq baraques anglaises qui étaient attendues arrivèrent à Port-Saïd dans le courant de juillet.
Toutes les constructions étaient érigées parallèlement au rivage sur la ligne de petites dunes du cordon littoral, à 2'*,oU au-dessus du niveau de la mer, le terrain préalablement remblayé sur les points où cela était nécessaire i. Du côté de la mer, elles furent défendues contre le déferlement des lames par une espèce de quai (futur quai Eugène) constitué par des couches de soude soutenues par derrière par un remblai ensable formant chemin devant les maisons.
Les maisons qui n'avaient pas de plancher étaient pourvues d'une aire en terre glaise battue qui acquérait une dureté suTûsante pour supporter le balayage.
Dès le mois de juillet, un atelier de fabrication de briques crues, confectionnées avec le limon noirâtre du lac, avait été installé, produisant environ
1. Ces premières constructions n'avaient été établies qu'à titre provisoire sur le lido. Elles devaient être remplacées plus tar4 par des constructions définitives comprises dans le plan réi^ulier de la ville (alors à l'étude), s'harmonisant avec les quais et les futurs bassins du port.
Mais l'accroissement rapide de la population, tout à fait hors de proportion avec les moyens d'action dont disposait la Compagnie pour réaliser à temps l'exécution du plan régulier, obligea à conserver la première ligne de constructions, le long de laquelle on dut même élever d'autres constructions importantes qu'il était impossible d'établir sur des terrains non encore remblayes. ■
A.NNÉË 1859-1860 139
un millier de briques par jour. Le mois suivant, un four d'essai de 3.000 briques fut construit et mis en feu.
Nous signalerons que, dans la nuit du 5 au 6 octobre, par suite d'un vent extrêmement violent, la mer inonda le campement et alla rejoindre le lac qai, de son côté, s'était avancé jusqu'à 50 métrés environ de la plage. Une partie de la toiture d'une grande maison Fréret avait été enlevée par le coup de vent. La fabrication de briques crues fut interrompue par suite de l'invasion du chantier par les eaux du lac, et Ton fut un certain temps sans pouvoir la reprendre en raison de l'excès d'humidité que conserva longtemps encore le sol du fond du lac après le retrait des eaux. Le vapeur Joseph, arrivé le 5, dut rester sur rade jusqu'au 11 sans pouvoir décharger par suite de la violence du vent.
Les briques crues ont été employées dans certaines baraques, au lieu de parois en planches, pour la confection des cloisons ; elles ont été employées également pour de petites constructions. Ces briques se ramollissaient par les temps humides. Les parois extérieures des constructions étaient crépies à la chaux.
En résumé,
La situation du campement à la fin de l'année était la suivante : Comme il a été dit déjà, les maisons formaient une ligne régulière le long delà plage et le petit chemin de fer provisoire partant de l'appontenient et destiné à desservir les magasins et les habitations avait été établi en arrière sur une ligne parallèle. Les maisons et installations diverses se présentaient dans l'ordre indiqué ci-dessous en partant du phare et marchant vers rOuest ;
Atelier de menuiserie, & côté duquel se trouvait un moulin à vent (Systems Durand) qui devait servir à faire mouvoir une soierie en attendant qu'nne locomotive fut installée à sa place et que la mouture du Lié fût organisée. [Le moulin à vent provenait des magasins du Caire, d'où il avait été envoyé à Toussoum pour, de là, être réexpédié à Port-SaîdJ ;
Espace de terrain de 200 mètres de longueur sur 60 mètres de largeur ser- Tant de chantier de charpente et traversé par le petit chemin de fer de service; Grande baraque servant d'écurie pour les chameaux ; Maison occupée par les bureaux de l'entrepreneur; Dans le voisinage, deux autres maisons en bois servant de magasins; Machines distillatoires occupant deux baraques onglaises acrolées; Four à cuire le pain, en briques, avec une sorte de hangar formant auvent pour garantir le boulanger ; Baraque anglaise servant de logement à 40 ouvriers indigènes ; Grande maison abritant 150 ouvriers indigènes;
Autre maison servant provisoirement de magasin de dépôt pour agrès de marine et de charpente; Deux petites maisons pour logements d'employés ; Chalet du cher de section de l'entreprise; Chalet de l'ingénieur chef de division et annexe pour bureaux > ;
[ 1. Le chalet, occupé au début par l'ingénieur chef de division, se trouva
; insuffisant pour permettre de recevoir le Président de la Compagnie et le directeur général des travaux dans leurs tournées. En conséquence, en 1863, une maison plus spacieuse fut (N)nstruite en remplacement, au-delà du chalet : celte maison avait un rez-de-chaussée en maçonnerie ; au-dessus, un étage en pans de bois avec remplissage en briques cuites de Damiette; la coLiverture était en tuiles plates de Marseille.
Dès que l'ingénieur chef de division put prendre possession de la nouvelle
140 HISTORIQUE DE l'eXÉCUTION DES TRAVAUX
Entre les deux chalets, on avait commencé le remblai de la rue menant du rivage à remplacement que devait occuper Tarsenal ;
Enfin, une maison pour le logement des employés mariés ;
Chacune des habitations avait par derrière des annexes en constructions légères de briques crues ou de nattes et branchages ;
On avait commencé, sur le lido à TEst du port, à 450 mètres de distance de Tappontement, le piquetage du quartier arabe. Le terrain devait être divisé en petits lots de 3 mètres sur 3 mètres qui formeraient autant d'habitations distinctes.
Dès que les remblais devant servir d'assiette aux constructions de la ville auraient pris un peu d'extension, on devait ériger deux constructions, l'une pour une chapelle catholique, l'autre pour une mosquée.
Zaïzeh. — Un campement tout à fait provisoire fut installé sur la petite ile Za!zeh du lac Menzaleh, sise à peu près à mi-distance entre Port-Saïd et Kantara, à laquelle les barques venant de Port-Saïd pouvaient accoster et qui avait pu être réunie à la terre ferme par une digue, construite en branchages de soudes et en terre battue, d'une longueur d'environ 1.000 mètres.
On avait choisi ce point comme étant le plus commode et le plus rapproché pour établir les relations entre Port-Saïd et le campement de Kantara et permettre ainsi le ravitaillement de ce campement en attendant que la rigole de service put être ouverte entre les deux points extrêmes distants de 44 kilomètres.
Il n'y avait à Zaïzeh que deux baraques et une tente, plus un hangar sous lequel on fabriquait des briques crues : les barques qui transportaient des approvisionnements destinés à Kantara emportaient ces briques à leur retour à Port-Saïd.
Kantara-el-Khasné {Pont du Trésor), — L'installation du campement de Kantara-el-Khasné fut commencée dans le courant de septembre.
Les premières constructions furent groupées dans le voisinage de la grande sakieb construite par Ibrahim Pacha à lYpoque de la guerre de Syrie.
A la fin de l'année, le campement comprenait les constructions suivantes :
Grande maison en bois pour logements d'ouvriers ;
Maison en bois, servant de logement au chef du campement ;
Les bois de ces maisons avaient été transportés de Port-Saïd à Kantara par caravanes de chameaux ;
Maisons en briques ; les briques provenaient d'un important amas de décombres amoncelées sur une éminence voisine, débris d'anciens postes militaires 1;
maison, le chalet fut affecté à l'habitation du gouverneur de Port-Saïd. Après l'inauguration du Canal, la nouvelle maison fut vendue au Gouvernement égyptien pour l'installation définitive du gouverneur de l'isthme.
i. Parmi les amas de décombres se trouvaient les restes d'un ancien cimetière encore couvert de nombreuses tombes paraissant remonter à une haute antiquité à en juger par les stèles qui y furent découvertes : les corps étaient couchés dans de grands sarcophages en pierre blanche et recouverts, par dessus les bandelettes, d'une couche de plâtre qui reproduisait les traits du visage et une forme ébauchée des corps. Dans cette même nécropole, on trouva des corps ensevelis dans des caveaux en briques ; d'autres simplement placés dans deux jarres cylindriques de terre cuite rapprochées bout à bout.
Dans l'Est du campement, à une distance d'environ 4 kilomètres, on rencontra un amas de décombres où l'on découvrit un monument en grès rouge, sculpté, portant les cartouches royaux de Rhamsès 1", de Sithy I" et de Rhamsès II.
D.ias le voisinage immédiat de la sakieh, se trouvaient la cuisine du campement et une boulangerie ainsi que quelques gourbis en bois et branchages;
Un four à chaux et une briqueterie avaient été installés ;
Enfin, dans le voisinage du Canal se trouvait le village arabe.
La sakieh avait été complètement restaurée, et elle était munie d'une noria qu un bœuf ou un chameau mettait en mouvement. (La noria provenait des maj^asins du Caire d'où elle avait été envoyée à Toussoum pour être ensuite réexpédiée sur Kantara.) L'appareil fonctionnait parfaitement et fournissait une grande quantité d'eau avec laquelle il était facile d'arroser les terrains voisins. Malheureusement, l'eau venait quelque fois à s'épuiser et l'on était obligé d'interrompre le travail de la noria pour laisser le puits se remplir. Cette interruption avait lieu trois fois par jour. On comptait approfondir le puits pour essayer d'augmenter le volume d'eau.
El Ferdane, — Un campement fut installé sur ce point au commencement de ilécembre. On avait trouvé, à 200 mètres de distance, une carrière de mueilons. A la fin de l'année, une grande maison, construite en moellons et mortier de t«rre, était en cours de construction. Un puits de 2 mètres de diamètre et de 2*,50 de profondeur avait été creusé à 150 mètres de la maison, mais l'eau rencontrée était salée.
X 400 mètres dans l'Est du campement on avait trouvé également, en abondance, du carbonate de chaux friable qui fut utihsé pour la confection de briquettes destinées aux constructions et auxquelles on donnait de la cohésion en y mêlant une certaine quantité de sable et en malaxant le mélange avec un lait de chaux.
Snba-Biars. — Dès le début des opérations dans l'intérieur de l'Isthme, un four à chaux fut construit dans le voisinage de Saba-Biars pour fournir la 'baux nécessaire à la construction de murs de revêtement de puits et autres constructions que Ton pourrait avoir à exécuter dans le voisinage.
Eq même temps, le puits de Saba-Biars avait été recreusé. Malheureusemeut, pour rétablir le blindage des terres, on avait dû se servir des bois de taiiiarix qui abondaient sur place, et les sucs de ces bois donnèrent à l'eau un goût assez mauvais pour que les animaux refusassent de la boire. On espérait qu'après l'exécution des maçonneries de revêtement du puits l'eau retrouverait ses bonnes qualités premières.
11 est à noter que certains puits du désert que l'on se proposait de revêtir de murs donnaient une eau moins bonne qu'elle ne le devint après ta construction des murs à cause des débris de bois de tamarix employés par les bédouins pour soutenir les terres et que l'eau pourrissait.
Bir-abou-Ballah^. — Dans le courant d'octobre on avait commencé à Birabou-Ballah le creusement d'un puits de 9 mètres de diamètre. Ce puits était Mtuéau pied de la dune de Bah-Darieh dans le voisinage d'un ancien puits. Onespérait qu'il permettrait, au moyen d'une noria, d'arroser une grande superficie de terrain.
Au sud de Bir-abou-Ballah, entre les digues de l'ancien canal et les grandes dunes qui les bordent, six puits avaient été creusés i\ une profondeur moyenne de 3", 80 dont 2'",40 dans la terre végétale, et l'on n'avait trouvé que de 1 eau salée.
En même temps que le creusement des puits, on avait commencé la construction d'une maison en pisé de 6 mètres sur 4 mètres avec une cuisine
1. Birabou-Ballah était un ancien puits dont l'origine remontait aux temps bibliques.
C'était le lieu où les commerçants Égyptiens et Syriens se donnaient rendez-vous pour l'échange de leurs marchandises.
i42 HISTORIQUE DE L*EXÉCUTION DES TRAVAUX
annexe construite avec des bois et des nattes en roseaux du lac Timsah et un petit four à cuire le pain en maçonnerie. A la 6n de l'année, la maison était prête à recevoir la couverture.
Une fabrique de briques avait été installée.
Néfiche. — On avait trouvé près de NéÛche, au nord-ouest des dunes, à 2.500 mètres environ de fiirabou-BalIah, une carrière de moellons qui fut exploitée pour fournir les matériaux des puits de Saba-Biars et de Bir-abou-Ballah.
Un chantier fut installé sur ce point dans le courant de septembre pour Textraction des pierres.
Timsah. — Ce campement fut installé dans la seconde quinzaine de novembre sur le vaste plateau sur lequel devait s'élever la ville future. Il se composait de quelques constructions en pisé. Des ouvriers y furent employés à couper les roseaux du lac au pied des dunes de Néfiche. A la fin de Tannée on en avait porté déjà 400 charges de chameau dans les divers chantiers pour servir à faire des nattes pour couvertures de maisons et pour constructions d'abris.
Les nattes se composaient d'une couche de roseaux accolés réunis par d'autres roseaux disposés en liens et placés transversalement. C'étaient ces derniers qui étaient cloués sur les chevrons des couvertures ou qui étaient reliés à des piquets plantés en terre au moyen de liens en fil de fer pour former les parois des abris.
Fawar. — Dès le début des opérations dans l'intérieur de l'Isthme, avant même que ne fussent commencées les installations du campement de Toussoum dont il est parlé ci-dessous, on avait réparé(coiu*ant de juin) , pour l'utiliser comme logement, le magasin ou ancien poste militaire de Fawar. Le bâtiment fut entièrement reconstruit en septembre.
En même temps qu'avait lieu la première réparation, on avait fait nettoyer et agrandir Tancien puits qui existait sur ce point et qui était pour les caravanes du désert un lieu d'arrêt où elles s'abreuvaient toujours. L'eau de ce puits ét€dt passable ; on espérait la voir s'améliorer à mesure que se continuerait l'épuisement. Le puits avait un diamètre de 6 mètres y compris l'épaisseur des murs ; sa profondeur totale était de 3*", 30 avec une hauteur d'eau de {"•.SO. Les murs avaient été établis d'abord à pierres sèches, mais on dut les reconstruire en maçonnerie à cause de la poussée des terres ; un petit four à chaux avait été construit pour cuire la chaux nécessaire à cette construction ; la pierre à chaux provenait de la carrière de Moura située à 3 kilomètres environ de distance dans l'Est de Cheik Ennedek.
Toussoum (PI. xxv). — Les premières installations du campement de Toussoum, établi sur le plateau de Cheik Ennedeck, eurent lieu dans le courant de juillet. Le campement prit d'ailleurs rapidement de l'extension. Sa proximité de Timsah et de Fawar et sa position centrale dans l'Isthme avaient engagé l'entrepreneur à y établir un centre assez important. L'entrepreneur estimait que ce centre pourrait être conservé, même lorsque les grands travaux seraient entrepris au seuil d'El Guisr.
Les constructions successivement érigées pendant le cours des six derniers mois de l'année ont été les suivantes :
Magasin à deux compartiments, avec annexe en bois de tamarix. Dans l'une des pièces avait été installée, à l'origine (en septembre), une cuve en bois d'une contenance de 5.000 litres pour l'approvisionnemnnt en eau douce du campement.
Cave en maçonnerie ;
Cuisine ;
Four à pain, avec construction rustique annexe en bois de tamarix et roseaux pour le dépôt des farines et leur manipulation ;
ANNÉE 1859-1860 i4a
Kiosque en bois de tamarix et roseaux, pour salle à manger des employés ; Maison rustique construite avec des branches de tamarix du lac Timsah^ des cailloux et de Targile ;
Grande maison en bois, venue de Port-Saïd à dos de chameaux, et destinée à servir d'infirmerie ; Grande maison en maçonnerie, pour logements d'employés ; Grand hangar construit avec des bois et des roseaux du lac Timsah pour atelier de menuiserie.
Tous les moellons employés à la construction des maisons en maçonnerie avaient été trouvés à de courtes distances sur le plateau même ou dans les environs.
Un four à chaux, capable de cuire 4 mètres cubes, avait été construit sur le plateau même. I^ pierre à chaux se trouvait en partie sur place; pour Tautre partie, provenait de la carrière calcaire de Moura. En même temps que l'on cuisait la chaux, on fit plusieurs essais de fabrication de briques avec de Targile prise au lac Timsah, à Fawar et sur le plateau même de Gheik-Ennedek : on espérait, à Taide d'un mélange convenable de sable, arriver ft fabriquer de bonnes briques.
Dans les derniers mois de Tannée, la chaux fut apportée de la carrière même de Moura où un four avait été construit.
U y avait, en outre, en approvisionnement, 1.500 carreaux moulés de carbonate de chaux prêts à servir à la maçonnerie des maisons.
Toutes les couvertures des constructions en maçonnerie étaient faites avec des nattes de roseaux clouées sur les chevrons et recouvertes d'un enduit en mortier de 10 centimètres d'épaisseur.
Indépendamment des installations complètement terminées, il y avait à la fin de Tannée quatre autres maisons en construction, savoir :
Trois maisons en pisé, dont une très grande, avec lits de camp, pour les ouvriers indigènes ;
Et une maison construite en briques crues et carreaux de carbonate de chaux pour le logement du médecin.
En même temps que s'érigeaient les premières constructions du campement deToussoum, on avait commencé le creusement d'un puits, dit des Palmiers, dans la partie sud-est du plateau. Ce puits, avec murs ma<;onnés, avait une Urpeur de 3 mètres dans œuvre. L'eau fut rencontrée à une profondeur de 13 mètres. Pour y puiser Peau, on installa au-dessus de la margelle un mouliaà vent, système Durand, venant des magasins du Caire et qui actionnait une pompe ordinaire. L'eau fournie était abondante, bonne pour les animaux, quoique légèrement saumàtre, et suffisait à tous les besoins du campement. A côté du puits se trouvait un réservoir d'une contenance de 7 mètres cubes mani d'une vanne permettant d'alimenter à volonté 1 abreuvoir des animaux: enfin, une rigole recevait le trop-plein du réservoir et conduisait les eaux à un petit jardin créé à proximité sur un terrain où le sol était recouvert de terre véffétale.
Au pied nord de Cheik-Ennedeck, un jardin de 750 mètres carrés avait été ensemencé, mais aucune des 48 espèces de graines ou de plantes employées àces essais de culture ne réussit, à rexcejttion des roseaux des marais. L'expérience fut renouvelée en faisant d'abord germer les graines dans Teau douce avant de les semer, et le résultat fut encore infructueux à cause des efllorescenres salines qui se montraient à la surface du sol.
^rmpéum. — Au commencement de décembre un campement fut installé au Sérapéum. A la fin de l'année un puits de 8 mètres de diamètre était en cours de construction et avait déjà atteint la profondeur de 5"',50 ; on comptait rencontrer l'eau a une profondeur d'environ 10 mètres. Une maison en maçonnerie de moellons gypseux provenant de la fouille du puits, avec
i4i HISTORIQUE DE l'eXÉCUTION DES TRAVAUX
mortier de terre argileuse, avait été construite. (On verra plus loin que lecaoïpement fut abandonné le 15 mai 1860.)
Gebel'Géne/fé. — Le chantier de la carrière de l*Attaka dont il est parié ciaprès fut transporté h Gebel-Géneffé dans le courant d'août.
On avait constaté que la carrière existante sur ce dernier point, et qui avait -été autrefois exploitée, présentait un front de 3.000 mètres sur une hauteur de l'>0 mètres, et que Ton y trouvait toutes les variétés de calcaires, depuis les plus durs jusqu'à la pierre à chaux, et, en outre, d'excellente pierre à plâtre en abondance.
On entreprit aussitôt sur le nouveau chantier la constructiop d'une maison ■et le creusement' d'un puits.
La maison avait 24 mètres de longueur sur 4 mètres de largeur ; elle était construite en pierres sèches garnies à l'intérieur et à Textérieur d'enduits en plâtre; la construction ayant été interrompue pendant un certain temps, faute d'ouvriers, la maison ne fut complètement terminée que vers la fin de l'année.
Le puits était destiné à fournir de l'eau douce au personnel du chantier. On avait espéré d'abord trouver l'eau à peu de profondeur, mais, comme on va le voir, cette espérance fut grandement déçue.
Le puits avait 5 mètres de diamètre jusqu'à la profondeur de 3 mètres, puis 3 mètres seulement sur le reste de la profondeur. Le terrain rencontré jusqu'à la profondeur de 19 mètres, atteinte au 1" novembre, se répartissait ainsi: sur les 4 premiers mètres, terre glaise mêlée de sable ; sur les 8 mètres suivants, schiste tendre mêlé de terre glaise et de sable aggloméré ; enfin, sur les 1 derniers mètres, bancs de pierre de 0",30 d'épaisseur alternant avec des couches de sable aggloméré. A la fin de l'année, on n'était encore descendu qu'à la profondeur de 30 mètres. On avait finalement reconnu la nécessité de descendre jusqu'à la prorondeur de 41 "",80 pour rencontrer l'eau. [Le creusement du puits, à travers des terrains très durs, continua pendant les premiers mois de l'année 1860. L'exploitation de la carrière ayant été provisoirement abandonnée au commencement de mai de ladite année, on se contenta d'achever la maçonnerie du puits jusqu'à la profondeur, alors atteinte, de 41 mètres. L'eau était à 0",80 plus bas; elle était saumàtre, mais pouvait servir cependant aux lavages et à d'autres besoins.]
Awehet. — La station d'Avrebet, au kilomètre 100 de chemin de fer du Caire à Suez, en raison de sa proximité des principaux centres de la partie sud de l'Isthme — on pouvait, à dromadaire, se rendre en six heures, de la station au lac Timsah, — fut jugée la plus propre à recevoir en entrepôt les approvisionnements expédiés du Caire à destination des divers campements de la région. Un magasin d'approvisionnements, dirigé par un agent comptable, y fut en conséquence établi ; un autre agent de l'entrepreneur s'occupait, au Caire, d'expédier aux campements et aux diverses brigades d'opérateurs, par l'intermédiaire de l'agent de la Compagnie, tout ce qui leur était nécessaire en personnel, matériel et approvisionnements.
L'installation d' Awehet comprenait un magasin de dépôt, une maison en bois et quatre tentes.
C'était donc principalement de ce point que l'on ravitaillait les brigades d'opérateurs disséminées entre Suez et le lac Timsah ainsi que les campements de Gebel-Géneffé et de Toussoum ; le ravitaillement comprenait naturellement les envois d'eau du Nil dont la station était régulièrement approvisionnée par le chemin de fer.
Attaka. — Dès les premiers mois de l'année, une grande tente Gagin, semblable à celle de Port-Saïd, avait été installée à TAttaka pour le personnel appelé à faire l'examen des carrières et l'étude de leur exploitation. On
entreprit bientôt sur ce point la constraction d'une maison en pierres de 24 mètres de longueur sur 5 mètres de largeur.
Le chanlier ayant été transporté à Gebel-GénefTé, dans le courant d'août, il ne resta plus sur les lieux qu'un gardien. La maison en pierres était alors terminée.
Par la description qui vient d'être donnée des nombreuses installations établies par Tentrepreneur général sur tout le parcours du canal maritime^ on voit que la Compagnie, au cours de la première campagne des travaux, se trouvait avoir pris pleine et entière possession des terrains de l'Isthme constituant son domaine en vertu de la concession.
ALI.MENTATIO\ d'eAU DOUCE DKS CHANTIEBS
Port-Saïd. — Ainsi qu'il a déjà été nientionné précédemment, l'alimentation en eau douce du campement de Port-Saïd eut dans les premiers temps, par suite des entraves apportées aux opérations de la Compagnie, un caractère précaire qui, heureusement, cessa assez vite grâce à l'installation de deux appareils distillatoires.
Dès le 19 février, la commande avait été faite par la Compagnie à une maison d'Amsterdam de trois de ces appareils, capables de fournir chacun 5.000 litres d'eau par vingt-quatre heures et qui devaient être livrés dans le courant d'avril et embarqués à bord d'un navire à vapeur.
lin premier appareil fut monté i\ Port-Saïd et commença à fonctionner dans le courant de juin. 11 fournissait par heure 100 litres d'eau parfaitement potable. Un puits avait été creusé à côté do l'appareil où s'alimentait la pompe de la machin.'.
Le second appareil fut monté et fonctionna le mois suivant.
On commença des essais de chautTage au moyen de plantes de soude provenant des bancs du lac sis en arrière de la ligne des dunes.
Dans le courant de septembre les deux appareils, qui avaient fonctionué jusqu'alors en plein air, se trouvaient renfermés dans deux baraques an- (^laises accolées et leurs corps étaient entourés d'une double enveloppe de nattes pour conserver le calorique. On brûlait des soudes avec un dixième de charbon. Ces soudes rendaient à peu prés leur propre poids d'eau.
Une expérience faite avec beaucoup de soin pendant vingt-quatre heures montra qu*avec 1.000 kilogrammes de houille on obtenait 5.000 litres d'eau, soit 5 litres d*eau par kilogramme de charbon. Le prix de revient du litre d'eau ne s'élevait donc pas sensiblement au-dessus de fr. 016 en ne tenant compte que des frais de combustible.
Intérieur de ^Isthme. — L'entrepreneur général, en même temps qu'il faisait faire l'étude du tracé définitif du canal maritime entre Suex et Kantara, avait fait procéder À la reconnaissance des puits déjà connus et ft la recherche de nouveaux points d'eau. Nous avons fait connaître précédemment (à la description des bâtiments et abris des campements établis sur la ligne du canal) les différents points où d'anciens puits ont été restaurés et où de nouveaux puits ont été creusés.
L'alimentation en eau douce des brigades d'opérateurs employées sur la partie du canal comprise entre Suez et le lac Timsah et du personnel du campement de Gebel-GénefTé ainsi que du personnel du campement de Toussoum avant l'achèvement du puits creusé sur ce dernier point, était assurée par des caravanes de chameaux amenant l'eau du Nil prise à la station d'Awebet du chemin de fer de Suez.