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2. A diverses époques, le Gouvernement égyptien avait creusé, dans les parties supérieures, entre le Nil et le lac, des canaux de communication et d'irrigation qui subsistaient encore ; mais aucun de ces canaux ne remplissait aussi bien que le canal projeté les conditions de facile communication avec Port-Saïd qu'il importait de réaliser.

canal en question, dispensant ainsi la Compagnie d'ouvrir elle-même et à ses frais cette communication. Le canal avait une largeur de 15 mètres et une profondeur d'eau de 1",50. Il fut terminé en quelques jours. Nous devons mentionner toutefois qu'il ne fut parachevé et mis véritablement en état de navigabilité par la Compagnie que dans le second semestre de 1860.

Roule des caravanes entre Port-Saïd et Toussoum par T Est du lar Menzaleh. — Dès le mois d'août un service régulier, par caravanes de quinze à vin^t chameaux, fut établi entre Port-Saïd, devenu promptement l'entrepôt le plus important des approvisionnements et du matériel, et les différents campements de l'intérieur. Il a été expliqué précédemment que la caravane, en quittant Port-Saïd, longeait le littoral Est jusqu'aux bouches d'Oum Fareg: qu'elle traversait la première des deux bouches sur un bac, installé en octobre, la seconde à gué ; qu'elle se dirigeait ensuite vers le sud en trayersant de petites lagunes du lac Menzaleh recouvertes de sel et où le sol avait dû Hre consolidé au moyen de broussailles et de terre rapportée.

C'est au moyen de ces caravanes, notamment, que, dans le courant de septembre, furent transportés : d'une part, un moulin à vent expédié de Toussoum à Port-Saïd; d'autre part, en sens inverse, deux maisons Fréret, une grande et une petite, expédiées de Port-Saïd à Kantara. La charge des chameaux était de 210 kilogrammes.

Service des approvisionnements de la partie Sud de VIsthme. — Les operateurs employés sur la partie sud du canal «t les campements de la région étaient approvisionnés par le Caire et le chemin de fer de Suez. Ainsi quil a été expliqué précédemment, un dépôt avait été installé à la station d'.Vwebet et c'était de là que les caravanes se dirigeaient vers l'intérieur. Treize heures de marche suffisaient pour arriver au lac Timsah. A dromadaire le trajet ne demandait pas plus de six heures.

POPrLATIOX FIXE DES CAMPEMENTS

Port-Saïd, — A la date de l'inauguration de l'ouverture des travaux à Port-Saïd (2.j avril Isr^O), la population du chantier, composée principalement d'ouvriers indigènes avec un petit nombre d'ouvriers européens et quelques employés, était, comme on l'a dit déjà, d'environ 130 personnes.

Le 28 mai. le vapeur Saïd^ de la Compagnie égyptienne de navigation à vapeur la Medjidieh, affrété par la Compagnie, transporta à Port-Saïd, en même temps que des tonneaux d'eau douce et des approvisionnements divers pour le ravitaillement du campement, 16 barbarins conduits par un chef; le 11 juin, le môme navire transportait 47 marins de diverses nationalités.

A la date du l"" juillet, par suite delà mesure prise au commencement de juin par le Gouvernement égyptien pour faire cesser immédiatement tous travaux sur les chantiers du canal, il ne restait plus à Port-Saïd, en outre des bédouins conduisant les caravanes de chameaux, que des ouvriers européens, pour la plupart des marins'. La mesure prise par le Gouvernement n'avait eu d'effet que sur les ouvriers indigènes. Les consuls généraux des diverses Puissances, loin de tenir compte de la circulaire qui leur avait été adressée k ce sujet par le Ministre des Affaires Etrangères, visaient journellement les

1. Le salaire mensuel de ces ouvriers, qui avait été, au début, de 40 francs, avait été porté à 60 francs. Il était fait, d'ailleurs, auxdits ouvriers une distribution de vivres consistant en biscuits, riz et viande salée, à laquelle il était ajouté du café et une ration d'eau-de-vie quand les ouvriers avaient travaillé longtemps dans l'eau.

ANNÉE i 859- 1860 149

passeports de ceux de leurs nationaux qui voulaient aller travailler à Port- Saïd et enregistraient dans leurs chancellerions les contrats passés entre les ouvriers et le représentant de l'entrepreneur; en un mot, ils avaient jugé ne pas devoir apporter la moindre entrave au libre exercice de Tindustrie de leurs nationaux. Les enrôlements se faisaient donc en aussi grand nombre que le réclamaient les besoins des travaux ^

Par suite des nouvelles mesures ordonnées dans les premiers jours d'octobre, cette fois par les consuls généraux, 42 ouvriers (dont deux français seulement) 6rent connaître leur intention de quitter le chantier : les marins autrichiens, entre autres, qui, jusque là, avaient été d'un grand secours pour toutes les opérations, indépendamment des craintes que leur faisaient éprouver les ordres itératifs de leur consul général, désiraient revoir leur pays, et ils demandèrent presque tous à retourner à Alexandrie où ils furent effectivement rapatriés par le vapeur le Joseph. Le 30 octobre, Vingénieur clief de lection avait fait rentrer en magasin tous les objets transportables, avec inventaire, en «^as d'événement. Après le dénouement de la crise, grâce ft l'intervention du (louvernement français, le Gouvernement égyptien, tout en ne croyant pas devoir revenir sur la décision qu'il avait prise en exécution des ordres de la Porte, cessa pourtant d'apporter des entraves aux opérations de la Compagnie. Le nombre des ouvriers qui avaient abandonné les chantiers, aussi bien dans l'intérieur de l'Isthme qu'à Porl-Saïd avait été, en définitive, assez restreint et les travaux n'avaient pas été interrompus. Les vides existants à Port-Saïd furent en partie comblés dés le milieu de novembre, et le nombre des ouvriers continua ensuite à être augmenté à mesure des besoins.

La population du chantier au commencement de décembre était la suivante :

Personnel dirigeant : Nombret d'habitanta.

Inçrênieiir chef de section, 3 employés, 1 médecin ^ I 1 1

Chef de section de l'en Ireprine, eniployé» 6 )

Ouvriers européens (français, autrichiens, grecs) :

Ouvriers d'art 24 )

Marins Ifi [ 49

Manœuvres 9 \

Ouvriers indigènes :

Manœuvres arabes recrutés à Damiette 78

Population totàlb 138

A la fin de décembre, le nombre des ouvriers était d'environ 300 dont ^0 Européens. Parmi les ouvriers arabes, il y en avait une centaine dont (engageaient avait eu lieu à Damiette par les soins de l'agent de l'entrepreneur sans que le gouverneur y eût fait la moindre opposition.

Des engagements semblables avaient eu lieu au Caire, également sans opposition.

Iniéiieur de Vlsihme. — Les opérateurs occupés dans l'intérieur de l'Isthme avaient avec eux des aides européens et des arabes. Ces derniers conduisaient les caravanes de chameaux, dressaient les tentes des campements et

1. En ce qui est des ouvriers indigènes, on peut citer, par contre, les quelques faits suivants : le 1" juillet, le wekil du gouverneur de Damiette avait enlevé à l'ingénieur chef de section ses deux serviteurs arabes-, le 6 du même mois, défense était faite aux pécheurs du lac Menzaleh par le chef de la pèche du lac de porter du poisson à Port-Saïd ; le 8, les ouvriers se mettaient en grève. Ce ne fut que dans les derniers jours du mois que tout parut rentrer dans l'ordre.

150 HISTORIQUE DE l'eXÉCUTION DES TRAVAUX

assuraient les approvisionnements d'eau douce; ils devaient subvenir à leurs propres besoins. Malgré la défense faite en juin, par le Gouvernement aux sujets égyptiens, de prendre part aux travaux du Canal, les bédouins du désert, qui n'avaient pas d'autre industrie que la location de leurs chameaux ou l'entreprise des transports, avaient continué à prêter leur concours à la Compagnie ; l'interdiction ne s'appliquait qu'aux fellahs.

La population des principaux campements à la fin de Tannée était la suivante :

A Kantara : 12 ouvriers européens et 8 indigènes. 30 autres ouvriers indigènes étaient attendus ainsi qu'une caravane de 100 chameaux loués pour transporter un chargement considérable de madriers et de bois de construction. Les ouvriers devaient être employés au creusement, entre Kantara et le lac Menzaleh, de la rigole de service destinée à permettre aux barques venant de Port-Saïd d'arriver jusqu'à Kantara ;

A El Ferdane : 8 ouvriers européens et 16 indigènes;

A Toussoum : le sous-ingénieur chef de section, un médecin, un vétérinaire, les employés de l'entreprise, un sellier, 32 ouvriers européens, 52 ouvriers indigènes, 33 chameliers ;

Au Sérapéum : 8 ouvriers européens et 12 indigènes ;

A Gebel-Géneffé : 18 ouvriers européens et 22 indigènes.

Soit, pour l'ensemble des campements de l'intérieur de l'Isthme, un nombre total de 188 ouvriers, dont 18 européens et 110 indigènes.

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