D1^.BLAIS A SEC
1® Partie du canal de Port-Saïd a Kantara. — On se rappelle que dès Tannée précédente, quatre dragues, portant les n" 3, 4, 5 et 6, avaient été échelonnées sur une première partie du tracé du canal, d'une vingtaine de kilomètres de longueur, habituellement recouverte, à l'exception des îlots d'El Sig et de Ras-el-Ech, par les eaux du lac Menzaleh.
A la date du !*■" mars, les trois dragues, n°» 4, 5 et 6, n'avaient pas encore commencé à fonctionner, faute d'eàu pour flotter. Quant à la drague n° 3, qui faisait ses essais, sa marche avait été interrompue par suite de la grande baisse des eaux du lac qui avait eu pour résultat de
laisser la drague dans ane espèce de fosse à parois imperméables où le niveau de Teau s'était rapidement abaissé à mesure des déblais efTectués jusqu'au point de rendre impossible la continuation du travail.
Rigole de service de 4 mètres de largeur au plafond sur la rive Asie du canal. — Afin de remédier à la situation qui vient d'être décrite, on prit le parti de profiter de la durée des eaux basses pour entreprendre le creusement à bras d'hommes, sur la rive Asie, et sur toute la longueur du canal jusqu'à Kantara, d'une rigole de service de 4 mètres de largeur au plafond et de 0™,50 de profondeur au-dessous du niveau des eaux basses, laquelle, rencontrant sur son parcours des endroits où le fond du lac ne découvrait jamais, se trouverait ainsi toujours alimentée. Par la construction de cette rigole de service, on établissait entre Port-Saïd et Kantara une première voie de communication par eau d'une extrême importance en ce qu'elle mettrait, à l'aide de petites embarcations, toutes les dragues en relations faciles entre elles et avec les magasins et ateliers de Port-Saïd pour le ravitaillement, et qui serait également d'un puissant secours pour le ravitaillement eu tout genre de Kantara et même du désert. Comme, d'ailleurs, la largeur de 4 mètres au plafond donnée à la rigole serait insuffisante pour le croisement des radeaux, OD avait décidé de ménager tous les 500 mètres des gares de 6 mètres de largeur.
On se mit aussitôt à l'œuvre. Des ateliers d'ouvriers arabes furent successivement installés sur la portion de canal considérée.
Les terres de déblai étaient déposées eu cavalier sur la rive Asie de manièreàformer un bourrelet qui, ayant le temps de sécher et de prendre de la consistance pendant la durée des eaux basses, aurait pour double objet de servir de chemin de halage pour les embarcations appelées à circuler dans la rigole et de former un arrêt solide propre à maintenir le pied des terres versées par les dragues.
Le mode de travail dans les terrains humides et môme recouverts d'une faible couche d'eau était le mode en usage parmi les fellahs pour l'entretien des canaux d'Egypte, dans lequel les terres étaient transportées à la main^ Dans les terrains secs, les terrassements se faisaient, soit à la couffe, soit à la brouette.
Les travaux étaient exécutés dans certains chantiers par des ouvriers libres, dans les autres chantiers par des ouvriers des contingents. Ils étaient généralement faits à la tdche. Les tâches étaient calculées sur un cube de 2™«,50 par homme et par jour.