‹ Le canal de SuezChapitre 85 sur 207 · AISNÉE · texte numérisé non relu

AISNÉE

était nécessaire pour arriver k mettre le service sur un bon pied. 11 espérait y parvenir dès le début de 1 année 1862.

Porl-Sa'id, — Fendant les premiers mois Je l'année, 1rs denrées pour l'alimentation du personnel étaient en grande partie fournies {lar le magasin de l'Entreprise alimenté lui-même par le magasin central de Damiette. Les légumes et certains autres vivres frais étaient apportés de Damiette par des marchands qui en tiraient bon profit, ce qui permettait d'es^perer que ce genre d approvisionnements Unirait par devenir plus abondant. Une difficulté générale à cette époque de Tannée pour les transports sur le lac Menzaleh et, par suite, pour le ravitaillement de Port-Saïd, était le peu de proTondeur d'eau aux abords de la nouvelle ville, ce qui obligeait à un transbordement sur radeaux et à un transport à dos de chameau pour, du point où stationnaient les barques, arriver jusqu'au magasin. Cette situation devait s'améliorer par le fait seul de IVhèveinent de la rigole de service ouverte, à partir du port jusqu'au droit du boghaz du Gheik Kurpouty, lieu de stationnement des barques.

Les capitaines des navires de commerce qui fréquentaient Port-Saïd apportaient généralement quelques colis pour l'habillement, la toilette et l'alimentation, et ils en avaient toujours un débit assuré et avantageux, soit auprès de la population européenne, soit au magasin de l'Entreprise.

Le marché passé avec le tâcheron des transports sur le lac Menzaleh stipulait le passage gratuit sur les barques de marchandises de toutes les marchandes de fruits et de légumes. Malgré les facilités accordées à ces marchandes, les fruits, légumes et autres vivres frais restèrent longtemps trop rares, et, en môme temps, extrêmement cbers, deux ou tro'is fois les prix de Damiette. La situation, heureusement, alla sans cesse en s'améliorânt. A la fin de l'année, le marché arabe était assez bien approvisionné.

Les farinas venant d'Alexandrie et de Damiette étaient parfois sophistiquées ou avariées, au grand détriment de la qualité du pain. Le vin, d'une conservation difficile, donnait lieu à beaucoup de plaintes.

L'industrie privée, encouragée par la Compagnie, montrait de la tendance à se développer. Le manque d'habitations retardait malheureusement un développement si désirable. Faute de logements disponibles, la Compagnie se trouva contrainte d'imposer aux commerçants l'obligation de construire euxmêmes leurs habitations et magasins; mais elle leur fournissait les matériaux nécessaires à ces constructions. A la fin de Tannée, il y avait sept industriels établis dans ces conditions.

1! arrivait d'ailleurs fréquemment à Port-Saïd des marchands ambulants vendant, avec l'autorisation de la Compagnie, des objets confectionnés, des chaussures, des conserves, des salaisons, etc. Ces marchands devinrent de plus en plus nombreux. Leurs marchandises, d'une cpialité au moins égale, étaient vendues moins cber que celles prises dans les magasins de l'Entreprise.

Campements du lac Menzaleh. — Les denrées et approvisionnements de toute nature venaient de Port-Saïd ou de Damiette directement, par les barques, mais avec nécessité de transbordement.

On relevait malheureusement des fraudes fréquentes sur les denrées, et quelques-unes de ces denrées, la farine par exemple, arrivaient souvent sophistiquées ou avariées.

Kantara. — Kantara était de même approvisionné par Damiette et Port- Saïd. Les denrées étaient transportées par eau jusqu'au campement d'Kl î Gou.»naï, sur la branche Tanitique, et, là, elles étaient reprises par des cha- I nieaux qui mettaient deux jours pour aller à Kantara. Les transports étaient coûteux et donnaient lieu à des coulages considérables. Les vivres frais étaient rares au campement. Il n'eût pu en venir que de

Saiahieh ; mais la distance était d'une journée de marche de caravane el les fellahs n'avaient pas encore pris l'habitude de faire ce commerce de denrées c|ui leur eût été pourtant très profitable.

A Kantara comme à Ras-el-Ech on avait à se plaindre de fraudes fréquentes ou de denrées avariées.

Dans le courant d'août, la direction d'El Gousna! pour les transports de Damiette au désert fut abandonnée, et Ton suivit désormais la ligne de la dahabieh mouillée au sud de Ras-el-Ech pour emprunter ensuite la rigole maritime jusqu'à Kantara.

Seuil iCEl Guisr. — Le complet isolement du Seuil rendait l'approvisionnement de ses chantiers difficile et coûteux. Il y avait beaucoup de pertes et de coulage dans les transports à dos de chameau.

A l'exception de la viande, qui était de bonne qualité, toutes les autres denrées donnaient lieu à des plaintes sérieuses, à la fois à cause de leur qualité inférieure, de leur prix élevé et de l'irrégularité des approvisionnements. Le vin ordinaire, qui ne pouvait se conserver, était à peine buvable. Couinie à Port-Saïd, on recevait des farines sophistiquées ou avariées et le pain était mauvais. On se plaignait aussi de TinsufAsance des objets nécessaires à la vie tels que literie, vêtements, ustensiles de ménage.

Cette question des approvisionnements était très délicate et compliquée. Le plus grand développement possible du commerce libre paraissait être le meilleur remède à la situation, à la fois si peu satisfaisante pour les employés et ouvriers européens et si onéreuse en même temps pour la Régie intéressée; mais le ronunerre libre semblait lui-même être difficile à bien organiser : il fallait lui donner beaucoup de facilités, construire des bazars, donner gratuitement au besoin les moyens de transport, etc.

Un village arabe, établi dans les dernière mois de l'année tout près du campement dKI (jiiisr, l'oiiimcnea à devrnir, grâce à la protection dont on entourait les inarchantls, un marché sérieux (l'ni)provisionnements.

Pendant ces derniers mois, les plaintes continuèrent sur le service des approvisionnements de vivres pour les hommes et les animaux : un grand nombre de ch;imeaux étaient morts de faim et de fatigue. Hàtons-nous d'ajouter que le service des approvisionnements et des transports, grâce à la nouvelle organisation, allait chaque jour en s'améliorant et promettait de fonctionner bientôt d'une manière satisfaisante.

Canal (Veau douce. — Les vivres pour les ouvriers arabes étaient abondants, et même surabondants, la plupart des hommes des contingents apportant avec eux leurs provisions.

Mais le personnel européen, auquel les denrées étaient fournies par le magasin d'El Guisr, avait à se plaindre de leur mauvaise qualité. La situation finit par s'améliorer grâce à l'installation, au campement de Rhamsès, d'une boulangerie et d'une boucherie et à la construction d'une cave.

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