TRADOCTION DE l'aVIS PUBLIÉ EN LANGUE ARABE
Entreprise générale des travaux
Articlb premier. — Des villages ont été spécialement construits pour les arabes sur tout le parcours des travaux.
Art. 2. — Ces villages ont été disposés pour permettre aux ouvriers arabes d'amener leurs familles.
Art. 3. — Chaque village possède une mosquée.
Art. 4. — Un canal a été établi pour amener dans tous les villages Teau du Nil pendant la durée des travaux.
Art. 5. — Les ouvriers arabes travaillent à la tâche (c'est-a-dire qu'on leur
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Cet avis, imprimé en lan^^ue arabe Tut affiché à la porte de toutes les mosquées, dans les gares des chemins de fer, à l'entrée du divan de la police, et distribué dans les principaux villa<;es où les correspondants de la Compagnie prirent les mesures nécessaires pour le faire bien comprendre.
Le Président attachait la plus grande importance au succès de ce mode de recrutenient, estimant que, le jour où les moyens employés dans ce but, de concert, par la Compagnie et l'Entreprise, ne suffiraient pas pour accomplir le programme annoncé a la dernière assemblée générale des actionnaires, il se verrait dans l'obligation de demander au (îouvernement égyptien l'exérulion de son décret sur les ouvriers, « ce décret étant légalement exécutoire en toutes circonstances, et surtout pour la phase préparatoire du canal d'essai et de petite navigation en attendant que les Puissances maritimes se fussent mises d'accord sur les questions politiques a elles déférées par la Porte Ottomane en ce qui concernait seulement l'ouverture des deux mers à la grande navigation ».
Le Président partit d'Alexandrie le 14 mars pour la province de Zagazigafîn de donner lui-m<^uie l'impulsion. Il se rendit ensuite sur les chantiers du Seuil et de Kantara. On était alors au moment du Hamadan qui devait se prolonger jusqu'au 10 avril. Le Président profita du ralentissement inévitable qui s'était produit sur les travaux pour entreprendre une excursion chez les Philistins et en Palestine où il desirait s'assurer de la possibilité d'augmenter et de protéger efficacement le courant des ouvriers syriens qui paraissaient disposés à se rendre sur les chantiers de l'Isthme : son voyage, y compris un séjour de cinq jours à Jérusalem, dura quinze jours: il avait reçu partout l'accueil le plus enthousiaste; dans chaque village, à chaque groupe de lentes, il avait répandu ses proclamations pour appeler les populations aux travaux du canal; il revint de son voyage avec la certitude de pouvoir compter sur un important concours d'ouvriers syriens'.
paie le travail elfectué par eux suivant la convention qu'ils ont acceptéej. Par ce moyen, un ouvrier ordinaire peut gagner dans sa journée de 6 à 8 piastres courantes, et il peut gagner davantage s'il est actif et intelligent.
AuT. 6. — Le paiement aura lieu en argent aussitôt que la tâche sera terminée. Après quoi l'ouvrier aura la liberté de f|uitter les travaux ou de reprendre une nouvelle tâche.
Art. 7. — Toute liberté est laissée aux ouvriers arabes pour leur alimentalion. Ils pourront toujours acheter des vivres soit aux magasins de l'Entreprise, aux prix du tarif, soit à tout marchand venant dans les campements. En un mot, ils ont la plus complète liberté de s'approvisionner comme ils l'entendent.
Les villes les plus rapprochées des travaux sont : Bulbeïs, ZcLgazig, Mansourah et Damiette.
Akt. 8. — Il est expressément défendu à tout européen, quel que soit son
grade, de maltraiter les ouvriers arabes.
Caire, féTrier 186t.
1. Le Président de la Compagnie était parti de Kantara avec quelques compagnons de voyage dans une voiture attelée de quatre dromadaires et suivie de deux dromadaires montés. Il fit son voyage, tantôt dans la voiture, tantôt à dromadaire. Son arrivée, le 24, à El Aricli, sur la frontière syrienne, fut une véritable ovation ; la population, au milieu de laquelle se trouvaient plusieurs chefs chameliers qui avaient été employés par la Compagnie, se porta au devant des voyageurs, détela leur voiture, et, au milieu des acclamations, la traîna jusqu'à l'entrée de la citadelle. L'accueil du gouverneur fut extrêmement cordial. Il retint chez lui les voyageurs, les hébergea, pourvut à tous les besoins
Après le Ramadan, les engagements volontaires par la voie du recrutement reprirent avec une certaine activité; les employés de l'Entreprise organisaient les convois destinés à transporter sur les lieux des travaux les nouveaux engagés * .
Le recrutement s'efTectuait sur 2.500 villages. Les agents de l'Entreprise demandaient à chaque cheik deux hommes par village; les hommes d'une même circonscription, réunis au chef-lieu, formaient une petite escouade placée sous la conduite de l'un des cheik s de la circonscription ; ce cheik commandait les hommes et dirigeait leurs travaux ; l'engagement était d'un mois et était sanctionné par une avance de fonds payée par l'agent recruteur et remise directement à l'ouvrier engagé. Sur les chantiers, les travaux étaient successivement distribués aux hommes par petites tâches devant absorber cinq de leurs journées, et chaque tàclie était payée dès qu'elle était terminée. On. dut plus tard renoncer à ces paiements en cours de travail qui favorisaient la désertion des ouvriers.)
On était parvenu, en juin, à réunir sur les travaux, par le mode de recrutement qui vient d'être indiqué, environ 5.000 hommes, lesquels, avec les 3.000 ouvriers indigènes déjà présents dans l'Isthme, formaient une population totale de 8.000 terrassiers occupés aux travaux.
Jusque-là, la Compagnie n'avait pas eu à invoquer auprès du Gouvernement éfîvptien l'application du règlement de 1856.
Mais, sur toute la ligne du canal maritime (de Port-Saïd au lac Timsah), l'organisation des chantiers se développait, et ceux-ci pouvaient maintenant recevoir un plus grand nombre d'hommes ; au canal d'eau douce, dont les travaux étaient entrepris depuis le mois d'avril, on pouvait employer {i.oOO hommes au lieu de 3.000 qui y étaient alors employés. On entrait dans la saison la plus favorable pour le recrutement, les travaux des champs ne retenant plus les fellahs dans leurs villages. Le Président fit signaler la situation au Vice-Roi, demandant que des ordres fussent donnés pour que les recrutements mensuels fussent doublés désormais et portés à 10.000 hommes, le Vice-Roi fît espérer pour le mois d'août l'envoi d'un contingent de y 000 hommes, pour le mois suivant, d'un contingent de 10.000 hommes.
Les contingents mensuels étaient fournis par les trois provinces de Tantah, Oaluubieh et Mansourah. Les mudirs des trois provinces promirent à la Com-
de la petite caravane, et, après lui avoir donné un guide pour Gaza, escorta le'» voyageurs le lendemain, avec les habitants, jusqu'à une demi-heure de la ville. Avant son départ, le Président avait pris des dispositions pour faciliter le voyage à travers le désert aux ouvriers qui lui témoignaient le désir d'être a-imis sur les chantiers de l'Isthme et lui demandaient les moyens d'arriver ju:?quesur les lieux des travaux.
P'El Arich à Jérusalem le Président traversa de nombreuses tribus arabes qui lui firent, toutes, la meilleure réception.
Les manifestations dont le Président avait été l'objet & son premier passage ne furent pas moins vives à son retour. Il put de ses propres yeux acquérir la preuve que le but de son voyage avait été couronné de succès. En ctTet, tout le long de la route à travers la vallée habitée autrefois par les Philistins et o.cupée alors par des tribus arabes, puis vers Gaza et El Arich, il rencontra <ie3 groupes importants de travailleurs syriens qui se dirigeaient vers l'Isthme.
1. Quatre agents de la Compagnie avaient été mis à la disposition de l'Entreprise pour surveiller et diriger le recrutement dans les quatre provinces du <:aire, de Mansourah, de Zagazig et de Tantah. En outre, des agents de recrutement avaient été nommés par le Président dans chacune des localités sui^ vantes : Keneh, Siout, El Arich, Jérusalem, Gaza et Jaffa.
HISTORIQUE DE l'eXÉCUTION DES TRAVAUX
pagniepour les derniers mois de l'année des contingents de 10.000 hommes. Il y avait fréquemment des manquants dans les nombres d'hommes fournis mensuellement par les mudirs. En outre, les hommes engagés mettaient toujours beaucoup de temps à se réunir. Ces mécomptes et ces retards occasionnaient de fortes dépenses à rEntreprise, par suite du personnel et des nombreuses bétes de somme qu'elle était obligée d'avoir sur les lieux de réunion pour la conduite des ouvriers et pour le transport de leurs effets et de leurs vivres. Les retards dans l'arrivée des hommes avaient d'ailleurs le très grave inconvénient de réduire outre mesure le nombre effectif des journées de travail de chaque contingent sur les chantiers. Ce nombre était encore réduit par des désertions plus ou moins nombreuses encours de travail.
TABLEAU DE l'iUPORTANCE DES GONTINGB.NTS MENSUELS SUR LES DIFFÉRENTS POINTS DES TRAVAUX PENDANT L'aNNÉE 1861
D&SIGNATION