II. — Magasins de Boui.ac
Vers le milieu de l'année 1861, — ainsi qu'il a été mentionné précédemment — aGn de pourvoir à toutes les nécessités des opérations et de grandes agglomérations prochaines d'ouvriers sur les chantiers de Tlsthme, un nouveau senrice d'approvisionnements et de transports fut organisé ayant à sa tète un ancien intendant de l'armée française, M. Angot.
Le Caire étant le lieu principal de fabrication des biscuits destinés aux travailleurs Indigènes, un des centres les plus importants d'approvisionnement des fourrages pour les animaux, le point excentrique où, par suite de la facilité de ses communications avec le seuil d'Kl Guisr, il convenait le mieux d'avoir un grand dépôt d'approvisionnements de toute nature pour l'exécution des travaux, l'Intendant général y avait établi son centre administratif. Le service comprenait deux inspections, l'une pour toute la partie nord du Canal maritime, l'autre pour la partie sud et le Canal d'eau douce.
De vastes magasins étaient nécessaires au Caire, comme il en existait déjà à Daniiette.
En conséquence, la Compagnie, vers la fin de 1861, fit l'acquisition de grands magasins appartenant au Gouvernement, situés sur le bord du Nil, à Boulac (faubourg du Caire), dont elle jouissait A, titre gratuit depuis longtemps pour le remisage de toutes les ferrures du canal d'eau douce, et qui venaient d'être mis en vente par le Gouvernement. Le prix d'acquisition fut de 204.199 fr. 89, frais de contrat compris. Ces magasins, constituant un domaine de la Compagnie, furent mis par elle, moyennant un loyer, à la disposition de l'Entreprise fçénérale.
Les bâtiments (ancienne Ecole Polytechnique érigée du temps de Mehemet Aii^ formaient comme un grand cloître quadrangulaire dont la façade et les ailes présentaient une série de longues salles aux plafonds soutenus par des colonnes en briques.
240 HISTORIQDE DE l' EXÉCUTION DES TRAVAUX
On eut à y exécuter des travaux de réparations et d'aménagements qui entraînèrent à une dépense d'environ 25.000 francs.
Dès les derniers mois de l'année, on commença à y emmagasiner avec ordre des approvisionnements de biscuits, de riz, de lentilles, de pioches, de coufTes, destinés à être expédiés vers le désert dès qu'arriveraient sur les travaux les grands contingents d'ouvriers.
A la suite des marchés passés par la Compagnie pour l'exécution à l'entreprise (les travaux du canal, c'est-à-dire à partir de l'année 1864. les magasins de Doulac furent à peu près complètement abandonnés. Ils furent mis à la disposition d'un régisseur le 31 janvier 1867. lis firent finalement retour au Gouvernement égyptien, en vertu de l'article 7 de la première Convention du 23 avril 1869, stipulant diverses cessions faites par la Compagnie au Gouvernement, parmi lesquelles la cession desdits magasins, pour une somme, ensemble, de 10 millions de francs.
Le Président de la Compagnie, dans son rapport à l'.^ssemblée générale des Actionnaires du 1*' mai 1S62, exposa ainsi qu'il suit les considérations qui avaient décidé la Compagnie à faire l'acquisition des magasins de Bouiac.
EXTRAIT DU RAPPOUT DU PRÉSIDENT DB LA COMPAGNIE A l' ASSEMBLÉE GÉNÉRALE