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DES ACTIONNAIRES DU 1" MAI

L'acquisition de la Compagnie à Bouiac, port du Caire, n'avait été ni moins satisfaisante ni moins opportune que celle (faite Tannée précédente, des magasins de Damiette.

La Compagnie avait acheté sur ce point, au prix de 200.000 francs, des magasins d'une superficie de 10.006 mètres carrés.

Ces magasins, bordant le Nil, étaient situés dans la position la plus heureuse. Comme ceux de Damiette, ils étaient destinés à olTrir une forte plusvalue, en épargnant dés à présent à la Compagnie des locations onéreuses.

Des motifs tout techniques avaient, en outre, déterminé l'achat.

La pensée persévérante de la Compagnie — on le savait — était d'attaquer énergicjueinent, et à la fois par les deux extrémités du nord et du sud. les travaux du seuil d'El Guisr, seul obstacle sérieux à la jonction des deux mers. Pour concentrer sur cette œuvre capitale une armée de travailleurs, il fallait préalablement tout disposer pour assurer l'alimentation des chantiers. .Vu nord, on était prêt, grAce aux élablissements de Damiette et à la rigole maritime s'avançant jusqu'à El Ferdane. Au sud, l'achèvement du Canal dérivé du .Vil allait assurer jusqu'au rentre de l'isthme la facilité et le bon marché des transports ; il restait à en assurer en même temps la régularité et l'abondance des approvisionnements. Dans ce but, nulle position ne pouvait être plus propice que celle des magasins de Bouiac : ils étaient placés au centre même de la production, du mouvement commercial et de la batellerie de la Haute et de la Moyenne Kgypte : ils étaient au sommet du Delta, dominant en quelque sorte le cours supérieur et le cours inférieur du fleuve; ils touchaient à une vaste cité dont les marchés étaient pourvus de toute espèce d'approvisionnements; les barques venaient charger au pied de leurs murailles, et, après un court trajet sur le Nil, elles entraient dans une ligne non interrompue de canaux intérieurs qui les conduisaient jusqu'à Timsah.

Dès ce moment, la possibilité d'approvisionnement du désert était en quelque sorte sans limites, et cette circulation n'était plus subordonnée qu'au nombre et aux besoins des consommateui*s.

Les magasins de Bouiac nourrissaient à l'heure actuelle les 20.000 ouvriers employés à creuser le Seuil. Ils pourraient facilement en approvisionner le double.

Compte rendu sommaire des travaux exécutés et des résultats obtenus pendant la période de mars 1862 à juin 1863.

EXTRAIT DU RAPPORT DU PRÉSIDENT DE LA COMPAGNIE A L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES ACTIONNAIRES DU 15 JUILLET 1863)

Pour bien juger de l'importance des travaux exécutés depuis la dernière Assemblée générale, il suffisait de faire le rapprochement entre les résultats maintenant acquis et ceux de Tannée précédente.

Canal maritime, — Au 1*' mars 1862, il n'existait le long de la berge Asie, qu'un seul canal de service entre Port-Saïd et El Fcrdane, sur une longueur de 62 kilomètres. <!'était dans ce canal unique que travaillaient les dragues et que s'opéraient tous les transports de matériel et d'approvisionnements de Port-Saïd vers le désert. Dans le double but d'isoler le champ de travail des dragues, et de rendre ainsi complètement libre de toute entrave la voie de navigation, on avait creusé, le long de la berge Afrique, une seconde rigole ayant une largeur de 15 mètres à la ligne d'eau et une profondeur de 1 à 2 mètres. Aujourd'hui, sur toute l'étendue de cette première longueur de 62 kilomètres, le canal maritime se montrait avec sa largeur définitive, parfaitement délimitée par les digues formées au moyen des terres provenant des déblais. Il ne restait plus que quelques portions de digues à exhausser et consolider, et un déblai central à faire dans les points où le terrain naturel se trouvait plus ou moins élevé au dessus du niveau de la mer, pour que cette première partie du canal présentât une voie navigable de 58 mètres de

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