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largeur, à la fois praticable dans tous les sens aux dragues et aux embarcations de transports, complètement et sûrement isolée dans la traversée des lacs Menzaleh el Ballah.
C'était au commencement de 1862 que les travaux du seuil d'El Guisr, d'une longueur de 13 kilomètres, avaient été vigoureusement entrepris à Taide des ouvriers des contingents. Ces travaux s'étaient continués dès lors, sans interruption, avec un nombre moyen de 18.000 travailleurs. Dans les premiers jours de novembre, Teau de la Méditerranée coulait dans le lac Timsah, par un canal de 15 mètres de largeur et de 1",50 à 2 mètres de profondeur. Dix mois avaient donc suffi pour franchir cet obstacle, soidisant insurmontable, et pour démontrer combien les craintes exprimées au sujet de ce travail étaient chimériques. Le cube des déblais exécutés pour l'ouverture de cette première tranchée avait été de 4.350.000 mètres cubes, lequel représentait un peu plus de la moitié du cube total des terres à enlever à sec, pour l'établissement du canal dans toute sa largeur h travers le seuil d'El Guisr.
Après l'achèvement du canal de service dont il vient d'être parlé, les travailleurs avaient été répartis entre la dérivation du Canal d'eau douce, vers Suez, et la continuation du Canal maritime au-delà du lac Timsah. Cette répartition des forces avait été commandée par les conditions de l'alimentation d'eau douce qui ne permettaient pas, surtout pendant la première phase des travaux de la dérivation, d\v porter la totalité des contingents, ainsi qu'il eût (5tn désirable do le faire, si Ton avait eu seulement en vue d'arriver à Suez dans le plus bref délai possible.
Dans la nouvelle portion entreprise du Canal maritime, entre le lac Timsah et le plateau de Toussoum, le canal fut ouvert immédiatement sur toute sa largeur de 58 mètres, et creusé jusqu'à une profondeur de 2 mètres au-dessous du niveau de la Méditerranée. Le cube des déblais, déjà exécutés sur ce point, s'élevait à 1.600.000 mètres cubes.
Les eaux fournies par la rigole maritime venant de Port-Saïd, et par les déversoirs du Canal d'eau douce avaient rempli, jusqu'à une certaine hauteur, le lac Timsah. Mais, comme il y avait un très sérieux intérêt à se réserver la possibilité de faire à sec la majeure partie des déblais à effectuer, pour l'ouverture du Canal maritime à travers le seuil du Sérapéum, on ne fit plus entrer dans le lac que la quantité d'eau nécessaire pour compenser Tévaporation.
Afin do relier immédiatement le Canal d eau douce, qui aboutissait à Ismaïlia, avec la rigole maritime venant de Port-Saïd, on construisit, sur le bord du lac, un canal de service ayant un développement de 2.500 mètres. Ce canal, dont la dépense, peu importante, devait être promptement couverte par les économies qu il ferait réaliser sur les transports, en permettant aux expéditions de Port-Saïd sur Ismaïlia, d'arriver à destination sans rompre charge, était d ailleurs indispensable en vue de la prochaine exploitation des carrières de Gebel-Génefl'é, pour la construction des jetées de Port-Saïd. Il était d'ailleurs destiné à supprimer toute solution de continuité dans la première voie de navigation qui devait être prochainement ouverte entre Port- Saïd et Suez.
Canal (Teau douce. — La partie du canal d'eau douce ouverte depuis l'extrémité du canal de l'Ouady jusqu'au lacTimsah, sur une longueur de 35 kilomètres, avait été, on se le rappelle, livrée à la navigation sur tout son parcours, à la fin de janvier 1862. Au mois de décembre de la même année, aussitôt après l'achèvement de la tranchée du seuil d'El Guisr, on entreprit les travaux de la dérivation de Suez, ouverte sur une largeur de 8 mètres au plafond et de 19",50 à la ligne d'eau, avec un tirant d'eau de 1°,95, de manière à constituer une large voie de navigation pour les barques et les chalands.
On avait dit déjà les motifs qui avaient empêché de porter
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sur ces travaux la majeure partie du contingent : c'est qu'il avait fallu tenir une juste balance entre Tintérêt d'arriver à Suez le plus rapidement possible, elles difficultés qu'aurait présentées, au point de vue de Talimentation en eau douce et des transports d'approvisionnements de toute nature, l'organisation de chantiers qui auraient dû s'étendre sur de grandes longueurs au-delà des portions de canal déjii exécutées. La nécessité do limiter l'étendue des chantiers du canal d'eau douce s'était présentée plus impérieuse encore pendant les premiers mois de l'exécution qui correspondaient à la période des eaux basses du Nil, pendant laquelle les difficultés signalées eussent été insurmontables. Actuellement (en juin), la branche de Suez était ouverle et livrée à la navigation, à partir de Néfiche, surune longueur de 38 kilomètres et demi. Cette première partie du travail avait exigé un déblai de 1.409.000 mètres cubes. Les contingents du mois avaient entrepris et termineraient une nouvelle longueur de 8 kilomètres. On aurait alors atteint la moitié de la distance totale et l'on serait arrivé au droit des carrières de Gebel-Géneffé. Dans les conditions beaucoup meilleures où l'on se trouverait sous tous les rapports par suite du retour des hautes eaux, il ne faudrait certainement pas plus de quelques mois pour exécuter la seconde moitié de la dérivation, c'est-à-dire pour arriver jusqu'à Suez.
Conduite cTeau douce. — Au moyen de la dérivation du canal d'eau douce vers Suez, qui suivait une direction paraM lèle au tracé du canal maritime, on serait dégagé de tou^ souci en ce qui était des moyens d'alimentation en eaii douce des contingents qui seraient employés au creusemonj du canal maritime entre le lac Timsah et Suez.
Afin d'assurer également l'alimentation en eau douce des travailleurs et de la population des campements sur tout(| la portion de la ligne des travaux comprise entre le la< Timsah et Port-Saïd, d'une manière moins précaire et moinl coûteuse que cela n'avait eu lieu jusqu'alors, la Compagni<
avait passé un traité avec un entrepreneur pour rétablissement d*une distribution d'eau ayant son origine à Ismaïlia à l'extrémité du canal d'eau douce, et longeant, à partir du Seuil, la crête du canal jusqu'à Port-Saïd. Au point de départ étaient des machines élévatoires puissantes ; la conduite de tuyaux en fonte aurait 80 kilomètres de longueur; la distribution pourrait servir 350 mètres cubes d'eau par jour. Quand les travaux du canal seraient terminés, la quantité d'eau totale servirait à lalimentation exclusive de Port-
Les machines étaient en activité et elles fournissaient déjà de Teau depuis le lac Timsah jusqu'au Seuil ; la pose de la conduite marchait avec une grande activité ; la totalité des tuyaux était approvisionnée.
Port de Port-Saïd. — On avait continué les dragages pour la création des bassins de Port-Saïd ; quatre dragues desservies par des grues étaient affectées à ces travaux ; les terres extraites servaient aux remblais du terre-plein de la ville.
La construction de la jetée Ouest s'était poursuivie àl'aide des pierres provenant de la carrière du Mex; il avait été immergé pendant la dernière campagne 17.000 mètres cubes de blocs. Ces blocs avaient été employés à former d'abord l'enrochement de consolidation des pieux de l'îlot en fer établi dans les fonds de 5 mètres ; puis à constituer le massif de la jetée en s'avançant vers la terre. L'îlot, commencé en mars 1862, avait été terminé en quelques mois et mis promptement à l'abri de toute avarie. Il était muni de puissantes grues de déchargement. Non seulement il répondait parfaitement h la destination en vue de laquelle il avait été établi, qui était de faciliter la mise en œuvre des pierres du Mex; mais encore, il otlrait une puissante ressource pour le déchargement des navires quand il y en avait en rade un trop grand nombre pour permettre de conduire simultanément à terre tous les chargements.
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Port de Suez, — La division de Suez était organisée depuis plusieurs mois. On poursuivait les études définitives du port de manière à pouvoir installer à bref délai sur ce point des cbanliers de travaux.
Bâtiments. — Le développement progressif des chantiers de travaux sur toute la ligne du canal, en même temps que la translation récemment opérée, de Damiette à Ismaïlia, de la direction générale et du service central des travaux, avaient motivé la construction sur les divers points d'un assez grand nombre de nouveaux bâtiments.
Dragues. — Il y avait actuellement vingt et une dragues en activité ou prêtes à fonctionner. Il en restait encore trois autres à monter.
A part les dragues qui travaillaient dans le bassin de Port-Saïd et qui étaient desservies par desgrues, les dragues employées à la confection des rigoles de navigation à travers le lac Menzaleh avaient jusqu'alors déversé directement leurs produits sur les bords mêmes des fouilles, en créant ainsi tout naturellement des berges de protection. Cette première phase du travail étant sur le point d'être termi née, vingt grues de déchargement destinées à desservir les susdites dragues avaient été commandées à deux grandes usines de France; elles devaient être rendues très prochai nement en Egypte. On s'occupait d ailleurs activement delà création de tout le matériel complémentaire de caisses el de chalands.
Indépendamment de ces vingt-quatre premières dragues, dont le travailmoyen était évalué pour chacuneà 400 mètres cubes par jour, ou à 10.000 mètres cubes par mois, la Compagnie avait commandé en France, au commencement de 1803, vingt nouvelles dragues beaucoup plus puissantes que les premières et dont chacune devrait extraire 30.000 mètres cubes par mois. Ces dragues commençaient à arriver en Egypte.