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quartiers où celle-ci ne peut aller, et le voyageur qui veut ménager son jarret, y peut aussi trouver un âne mal sellé. Mais revenons à notre sujet.
La fameuse dynastie des Tcheou régnait encore et avait tranporté sa capitale du Chen-si |^ |f à Lo-yang f^ ^ dans le Honan. Le nouveau canal lui servait peu à faire ses approvisionnements. La dynastie des Ts'in ^ ^ qui lui succéda (249-206) n*eut pas le temps de s'occuper de canalisation. Ts'in Che-hoang ^ia ^ construisit la grande muraille et unit sous sa domination les quinze fiefs qui composaient Tempire des Tcheou. Ses deux âls furent indignes de s*asseoir sur un trône. L'aîné le souilla de ses crimes durant trois ans, et le cadet au bout de quarante-cinq jours le livra à son compétiteur.
Les Han ]g| qui durant 469 ans eurent leur capitale successivement à Tch'ang-ngan g ^ dans le Chen-si ^ |g^, à Lo-yang f^ ^ dans le Ho-nan et à Tch'eng-iou jjjç, ^ dans le Se-tch'oan Q )||, ne se virent pas non plus dans la nécessité de curer le Canal des transports; mais lorsque les deux généraux, vainqueurs du faible Hien H, l'eurent relégué au Se-tch^oan et eurent fondé les Trois royaumes, Han, Ou et Wei ^, ^, f|, la paix fut rétablie et les rois redevinrent canalisateurs. C'était vers l'an 225.
Les anciennes Chroniques de Yang^tcheou rapportent qu'un roi de Ou^kouo ^ g creusa le Yun-ijen /lo ^ g| fpf, Canal du transport du sel. Ce grand canal qui s'ouvrait dans le Yunliang ho au nord de Wan-t'eou Ht M ^ douze H de Yang tcheou, coule soixante-dix li et entre dans le territoire de T'ai tcheou à Teou-men =|* f^; il continue son cours à l'est cent soixante li et arrive à Hai-ngan ^ ;$ où il pénètre dans la sous-préfecture de Jou-kao ^ J^; il descend au sud-est cent dix li et arrive sur le territoire de T'ong tcheou j£ ^ à Pé-p'ou j^ ^; de là il parcourt soixante-dix li à Test et trouve Sin-sat j^ £ où il entre dans le Ilai'-men Ving ^ p^ jH; il y fait quatre-vingts li vers l'est et aboutit à la saline de Liu-se g Q. Sur son parcours il dessert toutes les salines qui sont le long de la côte; d'où lui viennent ses noms de Yun^yen ho. Canal du transport du sel, ou de Tc^i'oantch'ang /lo ^ ^ jp)', Canal de la série des salines.
Primitivement ce canal était alimenté par les eaux du Yang^ tse hiang qui y pénétraient par le Yun-liang ho. Maintenant ce sont les eaux de la Hoai et des lacs qui rendent cette voie navigable. Elles y entrent à six li au midi du bourg de Chao-pé 1^ fg à la sixième écluse, Lou-^tcha ^ ^ ; leur niveau est plus ou moins élevé suivant les saisons de l'année.
Le Canal du sel est presque aussi fréquenté que le Yun^ liang ho. L'administration des sels est divisée dans le Nord du Kiang-fiou on trois sections : T'ong tcheou. T'ai tcheou et Hai tcheou. Les sels de Hai tcheou s'en vont par le Hoai ho approvisionner les provinces centrales de l'empire. Les sels des deux
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autres sections doivent tous passer sur le Yuu'-yen ho* Le T'ong tcheou expédie directement les siens sur de grosses barques qui en chargent 808 et même mille tan ^ (1). Ceux de la section 'de T'ai tcheou viennent sur de petites barques jusqu'à la porte du nord de cette ville. Là un barrage interrompt la circulation des embarcations. Les sels sont transbordés dans les grands bateaux qui doivent les transporter à C/ie-eu!-wei (yu) -f- Zl ii*- La route se fait péniblement et à petites journées^ car la charge est lourde et le courant est contraire jusqu'à Lou^tcha. On attend le vent favorable, mais souvent la voile est trop faible. Alors il faut appeler des gens de peine pour haler ces pesantes galères. Quelquefois on voit vingt, trente et quarante malheureux ou malheureuses, attelés à la corde, tirant de toutes leurs forces et se pliant ventre à terre pour faire avancer le bateau de quelques pieds. Ordinairement ils le traînent avec entrain, s'excitant à la marche par quelques cris cadencés à la manière des hommes de mer.
Ces grands bateaux ne s'arrêtent pas aux petites douanes. Ils ont payé les droits à T'ai tcheou et à Kang-fc/ieou. A quinze H au sud de cette dernière ville, ils arrivent à San-tch'a ho H tSt ^. Là le Canal impérial se bifurque pour se rendre au Ktang 2L. Les barques de sel, pour éviter la navigation dans le fleuve, trop dangereux pour elles, prennent la voie de I-tcheng f| ^ et parviennent à C/ie-eui-wei + 12 tf qui n'en est éloigné que de douze lu Elles transbordent de nouveau leur marchandise dans de gros navires qul^ pouvant affronter la périlleuse navigation du Kiang, vont porter aux provinces de l'est le produit des salines des bords de la mer Jaune.
Che^eul'^W'ei + H tf est un gros bourg, situé sur la rive gauche du Kiang, Il n'a que vingt ans d'âge. Autrefois le transbordement du sel dans les gros navires se faisait à Lou^/iao-A'eou ^ Uj P en face de Tchen^kiang. Mais depuis que cette ville est devenue un port ouvert aux Européens, un grand nombre de bateaux à vapeur y abordent» Leur circulation dans le fleuve contrariait les marchands de sel ; C/ie*cuZ-wei leur fut assigné, pour y établir leur entrepôt. Aujourd'hui leur station y est en toute sécurité.
Tandis que le roi de Ou^kouo faisait le Canal du transport des Sels )S El {iï' ^^^^^ ^^ Wei-kouo f| gi remettait en état de navigation le Yun^liang ho. Canal du transport du tribut. Il avait grand besoin de réparations. Il comptait déjà 730 ans d'existence; bien des améliorations étaient devenues nécessaires. Le lac Po^ tche était obstrué, l'eau y manquait. On fit passer la voie par le Lac Tsin^hou ^ fl9 et on recreusa tout le Canal, en l'élargissant.
(1) Le tan nommé souvent picnl est une mesure de capacité dont la contenance varie de 100 à 100 livrée.