‹ Le Cancer au HavreChapitre 13 sur 18 · ETUDE DU CANCER PAR ZONES · texte numérisé non relu

ETUDE DU CANCER PAR ZONES

Est-ce à dire que cette moyene de 7,59 est la même dans tous les quartiers ? À priori, nous pouvons déjà répondre que non. Le chiffre donné n’est qu’une moyenne, il existe par conséquent, des régions où le pourcentage est inférieur et certaines autres où il est plus élevé. Une étude de la ville du Havre, par zones, s'impose.

En indiquant d’un point, sur le plan du Havre, l'emplacement des décès par cancer communiqués au bureau d'hygiène, on a remarqué ce qui suit :

En certains endroits, pas ou très peu de cancers. Ceux-ci sont clairsemés sur de grandes surfaces. L’attention est au contraire attirée vers de véritables taches à points très rapprochés et à contours bien limités. Ces régions, où abondent les néoplasmes, sont au nombre de quatre. Sans avoir l'intention d'établir un rapport de cause à effet, nous pouvons les appeler les quatre zones à cancers du Havre, en ce sens que, dans ces zones, les cancers sont plus nombreux que dans le reste de la ville. Examinons les terrains au-dessus desquels naissent peut-être, en tous cas meurent certainement, un grand nombre de cancéreux :

Le Havre, que de vieilles gravures nous montrent élevant ses premières demeures autour du bassin du

Roy, présente une partie de sa ville construite sur des

RE

sables et des galets amassés par la Seine et venus se heurter au pied de la côte. Loin de cette plaine et de ces terrains d’alluvions, de nouveaux quartiers se sont édifiés sur la falaise, entre 70 et 100 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Le bord de la côte s’effondrant a rendu la pente moins sensible et c’est dans ces terrains d’éboulis qu'il faut noter la présence de plusieurs sources. Les eaux auxquelles elles donnent naissance filtrent et descendent vers la plaine. Elles ruissellent alors dans le soussol vers la mer. On note ainsi cinq sources que, pour notre commodité, nous désignerons par ordre alphabétique en nous dirigeant de l’ouest à l’est.

Au cours de notre étude sur le cancer, nous avons remarqué que le tracé de quatre de ces sources rappelait étrangement les régions à cancers que nous avions tout d’abord dessinées sur la carte. C'est au-dessus de ces eaux de ruissellement que les cas de cancer semblent le plus nombreux. Il nous faut donc faire une étude détaillée de chaque zone. La chose est aisée, car le bureau d'hygiène possède, sur chacune d'elles, des renseignements très précis.

La première zone, vers l'extrémité ouest de la vilie, coïncide avec la source À. L’hygiène y est bonne, le quartier est propre. On y compte 27 immeubles avec une population de 447 habitants, En dix ans, entre 1920 et 1930, il a été enregistré 99 décès, dont 31 par cancer. Les décès par tuberculose ne s’élevaient, pendant le même temps, qu’à 16. Même en faisant une

large part aux causes d’erreur dont nous avons parlé

Page 1