XII RAPPORT DE M. VIOLA
Comme spécimen du travail statistique qui a servi de base à ces propositions , M. Burdel cite vingt observations, c’est-à-dire l’histoire pathologique de vingt familles. Je n’hésite pas à les proclamer comme un modèle du genre. Clarté, précision, concision, s’y trouvent réunies. Si beaucoup de médecins de petites ou moyennes localités, mieux placés que ceux des grandes villes pour des recherches de ce genre, apportaient à de semblables études le même soin, la même persévérance que notre auteur, l’étude de l’hérédité dans les maladies pourrait faire de rapides progrès.
Tel est, en substance, le travail de M. Burdel.
Les faits sur lesquels M. Burdel établit cette nouvelle loi de coïncidence sont relatifs à deux maladies dont le diagnostic ne peut guère donner prise à l’erreur. D’ailleurs, sa compétence clinique est irrécusable. La critique ne peut donc porter que sur les déductions, sur la parenté étiologique qu’il leur attribue.
Cette parenté ressort- elle bien des faits précédents ? La phthisie est commune dans le Berry comme dans la plupart des provinces de France. Le cancer paraît s’y rencontrer dans une proportion considérable, peut-être exceptionnelle. Dès lors, on est porté à se demander tout naturellement
RAPPORT DE M. VIGLA.
si ces deux affections, toutes deux fréquentes dans le canton de Vierzon, ne se sont pas développées parallèlement, en vertu de conditions propres à chacune, plutôt qu’elles ne se seraient succédé par voie de génération ou de transformation. 11 est conforme à la pathogénie de ces deux affections, que les jeunes sujets succombent à la phthisie, et leurs pareuts au cancer, quand ils ont atteint ou dépassé Fâge de la maturité, donc, un milieu où les conditions favorables au développement de ces deux maladies semblent se trouver réunies.
La présomption d’influence évoquée par M. Burdel sur la proportion infiniment plus considérable de tuberculeux fournis par les familles cancéreuses, celles tuberculeuses exceptées, n’est pas à l’abri d’objection. Toute dégénérescence suppose un affaiblissement ou une dé viation de la nutrition dont le principe remonte quelquefois à plusieurs générations.
Le nombre de diathèses morbides est assez restreint. Il ne répugne pas d’admettre que la résistance organique, comme l'entendait Bichat, nue fois attaquée dans une famille, des dégénérescences diverses, suivant les aptitudes individuelles, viendront à se produire, ici le cancer, là le tubercule.