‹ Le cancer considéré comme souche tuberculeuseChapitre 56 sur 58 · RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS

Lo fait que j'ai voulu énoncer et établir par ce travail est, il me semble, trop important, pour qu'après la lecture de ces dernières pages, je ne cherche pas encore, dans un résumé aussi succinct que possible, à lui donner plus de clarté et de précision.

Qu'ai-je donc voulu démontrer?

Que le tubercule était fréquemment issu du cancer.

Pour le prouver, j'ai apporté à l'appui un assez grand nombre d'observations, desquelles j'ai été le témoin et dont je puis garantir la sincérité et l'authenticité.

J'aurais pu en publier un plus grand nombre, puisque celles que je possède dépassent de beaucoup le chiffre de cent cinquante; mais toutes ces observations tendant au même but, c'est-à-dire à la démonstration de la tuberculose sortant des souches cancéreuses ; je n'aurais pu que fatiguer le lecteur par la monotonie et la répétition des mômes faits.

.l'ai donc dû m'en tenir à celles que j'ai annexées à ce mémoire. Mais, pourra-t-on m objecter, si nous n'avons rien à dire, touchant la véracité des faits que vous

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iivancez , l'induction que vous en lirez est-elle bien réelle?

Ne vous ôtes-vous pas laissé entraîner sur cette pente toujours facile et glissante, qui porte à ne voir les faits que sous l'aspect et la forme que l'imagination se plaît cà leur donner? En un mot, avec toute la meilleure foi du monde, la révélation de ces faits ne s'est-elle pas montrée à vos yeux à travers les facettes de ce prisme trompeur que chacun de ceux qui découvrent un fait porte quelquefois malgré lui ?

A cette objection, j'ai déjà répondu et je réponds encore que j'ai eu une telle crainte de me laisser entraîner sur cette pente, que j'ai attendu jusqu'à aujourd'hui, c'est-à-dire jusqu'après trente années d'expérimentation, avant de donner la publicité à ce nombre si grand d'observations ; et j'eusse attendu plus longtemps encore, si au milieu de mes recherches, je me fusse trouvé isolé. Mais du jour où j'ai pu rencontrer dans cette même voie des praticiens éminents ayant eu, eux aussi, des aperçus s'approchant des miens et ayant jeté quelques jalons déjà sur ce sol inexploré, je me suis alors décidé à apporter tous les matériaux que j'avais patiemment amassés afin de commencer la base de ce travail.

Mieux encore, non content de l'autorité que j'ai rencontrée, j'ai voulu foire un appel aux praticiens de tous les pays, afin qu'avec leur concours et leurs observations, je pusse voir sanctionner et proclamer définiti-

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vemeiit le fait que j'ai avancé et qui m'a paru avoir une importance majeure.

Le fait démonti'é, restait encore à l'expliquer, ou du moins à l'interpréter; et, je l'avoue, cette partie n'a pas ('■té la moins difficile de ma tâche.

Que de questions à résoudre, qui se multipliaient à rinflni, se hérissant de difficultés incessantes et dont je n'ai pu avoir la solution qu'après une observation attentive et surtout par l'accumulation des années.

Ainsi : — Cette transmission de la tuberculose par le cancer se fait-elle en vertu d'un pouvoir particulier, ([u'auraient les diathéses à se transformer héréditairement les unes dans les autres?

S'il y a un degré de parenté entre le cancer et le tubercule, quel est-il?

Ce degré de parenté ne serait-il, ainsi (pic l'a indiijué M, Pidoux, que rallaiblissement de l'organisme, se transmettant dans les générations et produisant le tubercule et la phthisie ; lesquels, en définitive, ne sont que des maladies qui finissent et terminent l'organisme usé?

Ou enfin, le tubercule, qui se développe généralement (le bonne heure chez les enfants provenant directement de parents porteurs de la diathése cancéreuse encore à l'état amorphe et ayant, au moins à cette époque, l'apparence de force et de santé , n'est-il qu'une manifestation hâtive de la diathèse cancéreuse, qui aurait pris |)lus tard son évolution chez l'adulte ou dans l'âge mûr?

F.t alors ces deux affections, bien que pouvant setrans-

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former l'une dans l'autre, restent-elles distinctes, ou ne constituent-elles qu'une seule et même maladie allotropique dont le tubercule ne serait qu'une forme spéciale du cancer?

Toutes ces questions, je pense les avoir approfondies et examinées à tous les points de vue et sous toutes leurs faces ; et elles fussent devenues pour moi l'objet d'une étude sans fin, toujours remplie de doute, si par des révélations provenant d'observations vieilles d un grand nombre d'années, je n'eusse pu voir ainsi que je les ai vues, les générations se dérouler sous mes yeux, apportant avec le dénoûment que j'avais prévu une lumière dissipant tous mes doutes et devant laquelle toute objection s'arrête.

D'après ce qu'il m'a été donné de voir et d'observer, y compris les observations dont mon père a été témoin, j'ai pu m'assurer que les deux hypothèses suivantes sont admissibles :

D'unepart, j'ai vule cancer, type des affections chroniques à tissu hétéromorphe, ne pas échapper à la loi de dégénérescence rétrograde à laquelle sont soumises toutes les affections chroniques, et préparer comme elles le terrain.

Mais d'une autre part aussi, et c'est sur ce fiiit spécial que repose ce travail, il m'a été donné d'observer cette loi nosologique, à savoir : que le tubercule n "est le plus souvent que le produit d une manifestation del a diathèsc cancéreuse. Et la preuve de ce que j'avance,

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c'est que, dans maintes observations, j'ai pu assistera l'une et à l'autre de ces manifestations, chez les entants, chez les adultes et chez les individus arrivés à Tàge de maturité.

J'ai pu observer enfin ces deux affections se transformer parfois l'une dans l'autre, et parfois aussi rester distinctes; ne constituant, par conséquent, dans quel([uesunsde ces cas qu'une seule et môme maladie allotropique, dont le tubercule ne semblait être qu'une forme spéciale du cancer.

Dans quel(jues-uns de ces cas, il m'a été impossible, ainsi que je l'ai dit, de distinguer histologiquement le cancer du tubercule, tant ils paraissaient unis et fusionnés. Et c'est à ce propos que, faisant appel aux savants histologistes, je demande avec instance que de nouvelles études soient entreprises sur ce point , afin d'éclaiier la i[ueslion sous ce nouveau jour.

Car un nouvel horizon s'ouvre pour l'histoire et pour l étude du tubercule : il ne suffît plus, ainsi que l'a dit M. Pidoux(l), de le diagnostiquei-, de savoir le découwir dans telle ou telle partie de l'organisme, d'eu distinguer la nature anatomo-pathologique, la variété et la forme;

que peut faire aujourd'hui tout élève sortant des hôpitaux ; il faut plus, il faut connaître ses origines^ cher- I ber les circonstances qui le font naître, afin de lepour- I livre dans l'espèce et de concentrer nos efforts pour le

I) Discours à l'Acudéiiiic sur l'inuculatimi tuberculeuse.

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