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malade qui est entré dans son service pour « des douleurs très vives, comparables à une torsion ou à une déchirure au ereux épigastrique, avec irradiation à l’épaule droite ». Ce n’est que quelques semaines plus tard que l’ictère est apparu.
4° Mais dans la majorité des cas (7 fois sur 15) c’est l’ictère qui vient attirer l’attention.
En règle générale, cet ictère s’installe lentement, insidieusement et fonce progressivement.
C’est ce qu’ont observé : Morax, CORNIL et CHEVASSU, VEDEL, PUECH et GIRAUD, CUNÉO, HARTMANN (Observation N° 3) et nous-même chez un de nos malades (Obs. n° I).
Dans le cas de LETULLE et VERLIAC la jaunisse a été d’emblée très intense.
L’ictère s'accompagne :
souvent d’anorexie et d’asthénie,
et toujours de prurit, de décoloration des selles et d’urines foncées.
Période d'état.
Comme dans la forme précédente c’est l’ictère qui constitue la manifestation dominante de la période d'état.
Mais, ici il ne présente aucune variation, aucune atténuation. Il fonce progressivement, devient très intense et peut même prendre une coloration brune avec des reflets olivâtres.
Les urines sont très foncées et les réactions habituelles pour la recherche des pigments et des sels biliaires ne peuvent être faites qu'après une large dilution.
Les selles sont décolorées.
Cependant, chez le malade de LETULLE et VERLIAC, dans les derniers jours de la maladie, les selles, qui jusque-là avaient été décolorées ont repris une teinte jaunâtre.
Dans la cinquième observation de HARTMANN les fèces étaient légèrement colorées.
MM. VEDEL, PUECH et GIRAUD rapportent le cas d’un malade dont les selles se sont recolorées en pleine période d'état, sans que la jaunisse ait subi la moindre atténuation. Et à l’autopsie
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il existait un blocage complet des voies biliaires. Pour ces auteurs la stercobiline que contenaient les fèces de leur malade « provenait des sécrétions intestinales elles-mêmes, qui participaient à l’imprégnation ictérique générale ».
Parmi les signes secondaires, citons :
le prurit, qui est constant et qui est souvent très intense;
la bradycardie qui existe parfois.
LES DOULEURS sont très fréquentes, nous les avons relevées dans 8 cas sur 15, ceux de CoRNIL et CHEVASSU, de CARNOT et HARVIER, de HARTMANN (Observations 1, 2, 5), de LAUWERS (Observation 2), de LoEPErR (Observations 1 et 2).
M. LoEPER, dans l’article auquel nous avons déjà fait sllusion plus haut, a étudié les caractères de la douleur au cours du cancer vatérien, et il écrit : « Elle est souvent une gêne ou une sensation de distension, plus qu’une douleur vraie; elle est tantôt violente et passagère, tantôt plus durable, mais plus discrète et pourtant paroxystique; elle est souvent rythmée par les repas ».
Il invoque pour l'expliquer la dilatation du foie, du cholédoque, de la vésicule biliaire ou du pancréas. La dilatation du foie et des voies biliaires donne des douleurs de l’hypochondre droit; celle du pancréas est à l’origine des douleurs épigastriques, irradiant dans le dos et aux épaules. « L’explication des douleurs rythmées, écrit M. LoEPER, est moins facile. Elles surviennent trois ou quatre heures après les repas, surtout la nuit. Au début du cancer le foie et le pancréas, encore normaux, reçoivent les excitations réflexes provenant de la digestion et y répondent. Leur sécrétion vient buter contre le cancer qui fait obstable à son évacuation. Il est naturel que la douleur soit tardive et rythmée par la digestion. A la période terminale de la maladie, le foie et le pancréas, mais le pancréas plus rapidement que le foie, se sclérosent et ne sécrètent plus, et les douleurs disparaissent ou s’atténuent ou, en tout cas, n'ont plus aucun rythme digestif ».
Fréquents également, mais d’intensité variable, sont les TROUBLES DIGESTIFS.
L’anorexie est quasi constante et ne manquait que chez deux
le —
malades : celui de CunÉoO, et chez le cinquième malade de HARTMANN.
Des vomissements ont été notés par MM. CARNOT et HARVIER et par M. HARTMANN (Obs. I).
La diarrhée est :
tantôt une diarrhée du début (deuxième observation de Sou- QUES et AYNAUD, deuxième observation de HARTMANN):
tantôt une diarrhée profuse de la période d’état (malade de MM. VEDEL, PUECH et GIRAUD);
tantôt une diarrhée de la période terminale (cas de LETULLE et VERLIAC).
Des hémorragies intestinales occultes ont été mises en évidence chez le deuxième malade de LAUWERS et chez le nôtre (Observation 1). Elles n'ont pas été recherchées dans les autres cas. Les hémorragies macroscopiques n’ont été observées dans aucun cas.
Les TROUBLES DE L’ÉTAT GÉNÉRAL apparaissent précocement et s’accentuent, en général, plus rapidement que dans la forme avec ictère intermittent.
L’asthénie et l’amaigrissement font des progrès rapides. et aboutissent en quelques mois à un état de cachexie avancée.
Des signes d’anémie viennent parfois aggraver encore le tableau clinique. C’est ainsi que le deuxième malade de LoEPER n'avait plus que 2.300.000 globules rouges.
Seul le malade de CUNÉO avait conservé, avec un excellent appétit, un bon état général. Il n'avait pas maigri, et jusqu’au jour de son opération n’avait ressenti aucune fatigue.