ANATOMIE
Avant d'entreprendre l’étude de l’anatomie pathologique. il importe que nous rappelions brièvement l’anatomie et l’histologie de l’Ampoule de Vater.
L’abouchement du canal cholédoque et du canal de Wirsung dans la cavité duodénale, constitue la grande caroncule ou caroncula major de Santorini.
Cette grande caroncule est située sur la face interne de la partie moyenne de la deuxième portion du duodénum, grès de sa face postérieure. Elle est à une distance de 8 à 12 centimètres du pylore. Elle forme une saillie conique, mobile dans la cavité duodénale, d’une longueur de 8 à 10 millimètres.
Elle est en partie, recouverte en haut par une valvule connivente ; tandis qu’en bas, elle se prolonge en un repli vertical, appelé frein de la caroncule.
Dans certains cas, rares pour LETULLE, la grande caroncule est creusée d’une cavité appelée : AMPOULE DE VATER. Cette ampoule a une forme ovulaire. « Longue de 6 à 7 millimètres et large de 5 à 6 millimètres, elle est inclinée de haut en bas. Sa paroi est d’un blanc nacré et sur sa face inférieure s’élèvent deux ou plusieurs crêtes ou replis valvulaires dont le bord libre regardel’intestin. Ces crêtes s'opposent au reflux des liquides » (PoïRIER et CHARPY.)
A la partie supérieure de l’ampoule débouchent le canal cholédoque et le canal de Wirsung ; celui-ci est, d’ailleurs situé au-dessous et un peu en arrière du cholédoque.
Enfin, l’'Ampoule de Vater s'ouvre dans le duodénum par un orifice allongé verticalement ou arrondi d’un diamètre de 2 à 3 millimètres.
Telle est schématiquement décrite l’Ampoule de Vater dans sa forme typique.
Mais cette disposition serait, pour LETULLE et NATTAN-LAR- RIER, très rare, et ne se rencontrerait que dans le tiers des cas ; et ces auteurs décrivent encore, à la région vatérienne trois autres types anatomiques.
Le plus souvent, l’ampoule fait défaut. La grande caroncule forme dans le duodénum, une légère saillie au-dessous de laquelle existe une dépression. Les deux canaux cholédoque et Wirsung, accolés en canons de fusil, se jettent isolément dans la cavité duodénale, au sommet de la caroncule par deux orifices distincts et superposés.
Dans un autre type, le canal de Wirsung débouche dans le cholédoque, qui arrive seul au sommet de la caroncule. Celleci, dans ce cas, ne forme aucune saillie ; et la valvule connivente vient recouvrir plus ou moins complètement l’or'fice cholédocien, qui a, alors, la forme d’une fente longitudinale de 2 à 3 millimètres de long, avec deux lèvres.
Enfin, dans un dernier type, la saillie papillaire est très marquée et les deux canaux, accolés en canons de fusil, débouchent à son sommet par un petit orifice circulaire, divisé en deux par une cloison verticale. Parfois, les deux canaux sont disposés concentriquement, et alors le canal de Wirsung forme une gouttière concave autour du cholédoque.
Rappelons encore que, sur la paroi duodénale, à 20 millimètres environ au-dessus de la grande caroncule, il existe une autre saillie : celle de la petite caroncule ou caroncula minor. Au sommet de cette papille débouche le canal de Santorini qui aurait une certaine importance en cas d’obstruciion du Wirsung. Il permettrait alors au suc pancréatique de s’écouler dans le duodénum. Mais ce canal pancréatique acces-
en
soire est inconstant, et de plus lorsqu'il existe, il n’est pas toujours perméable dans toute son étendue ; de sorte que ce n’est que dans des cas très rares qu’il peut suppléer le canal de Wirsung.
Disons encore que LETULLE et NATTAN-LARRIER ont vu le Wirsung déboucher au niveau de la petite caroncule, alors que le cholédoque se terminait seul au niveau de la caroncula major. Et enfin, pour terminer, signalons l’existence possible de diverticules au voisinage immédiat de l’Ampoule de Vater.