‹ Le Cancer de l'Ampoule de VaterChapitre 11 sur 65 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Le premier auteur connu qui fasse mention d’un cancer de l’ampoule de Vater est Bright, en 1834.

D’autres cas apparaissent tour à tour dans la littérature : Stokes (1846), Féréol (1859), Merkel (1868), Avezou (1875), Caillet (1876), Morax et Pilliet (1889).

LE. PREMIER TRAVAIL D’'ENSEMBLE est la thèse de BussoN (1890) qui réunit 11 cas.

Trompé par l’imprécision de beaucoup de ces observations, il décrit comme symptômes : « ictère progressif apyrétique, sans douleurs vives; vésicule appréciable à la palpation, située plus à droite qu’à l’état normal ; hypertrophie moyenne du foie, et enfin un amaigrissement progressif, continu, aboutissant à la mort ».

De la similitude de ces symptômes et de ceux du cancer de la tête du pancréas, il conclut que le diagnostic du cancer de l’ampoule de Vater paraît pour ainsi dire impossible.

Pic, en 1894, établit la distinction entre les formes sus et sous-vatériennes des tumeurs duodénales, et la forme vatérienne, qu’il range dans les affections des voies biliaires.

En 1896, la discussion du Congrès de Tunis (Bard et Hanot) et la publication à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, des deux cas de Hanot et Rendu donnent un renouveau d'intérêt à la question.

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LETULLE et NATTAN LARRIER (1898) précisent l’anatomie de la région vatérienne.

Dominici (1898), Cornil et Chevassu (1903) rapportent deux nouveaux cas.

LETULLE, dans la Presse Médicale, en 1906, procède à une mise au point anatomo-pathologique et montre les trois origines : intestinale, cholédocienne, wirsungienne, du cancer vatérien.

C’est également en 1906 que paraît LE DEUXIÈME TRA- YAIL D'ENSEMBLE; CHAMBRAS, dans sa thèse, reprend la question au point où Busson l’avait laissée. Il décrit un syndrome clinique déjà précis : il insiste sur l’intermittence de l’ictère, la diarrhée, l’hépatomégalie, la distension vésiculaire. Le diagnostic ne lui paraît pas moins toujours difficile, et il conseille, en cas de doute, d’avoir recours à la laparatomie. ‘

Ainsi se termine, en 1906, la deuxième étape de l’histoire du cancer de l’ampoule de Vater.

Depuis lors, les observations se sont multipliées et chacune, tour à tour, précise un point clinique particulier.

Aynaud, en 1907, insiste sur les hémorragies intestinales; citons encore Rimbaud et Anglada, Lenoir et Courcoux (1909), Cunéo et Cade (1912), Roger et Lapeyre (1913).

LA PÉRIODE ACTUELLE est marquée par trois faits :

1° La découverte de la méthode d'Einhorn et son application au diagnostic du cancer vatérien. Les travaux de M. Carnot et de ses collaborateurs, de MM. Damade et Villar, de MM. Chiray, Benda et Milochevitch, ont montré la valeur de ce nouveau mode d'investigation.

2° De nouvelles précisions cliniques : M. Carnot, en 1928, décrit des formes à ictère intermittent, des formes à ictère continu. J

Puis apparaissent de nouveaux aspects: forme: pseudo-lithiasique (M. Fiessinger), forme à type d’angiocholite (MM. Bloch, Caroli et Fafitte), formes douloureuses (M. Lœper).

Parmi les travaux modernes d'ensemble, il faut citer la thèse de Josse (1928) qui donne une bonne description clinique, celle de Varangot (1931). La thèse de J. Robin (1938) est une étude précise de l’ensemble de la question.

3° La précision des méthodes thérapeutiques.

L'évolution du traitement mérite d’être envisagée à part. 4 :

La première opération fut pratiquée par Halsted en

En 1909 apparaissent les travaux français de Quénu et de Cotte.

Hartmann, en 1910, présente un rapport d'ensemble à la Société de Chirurgie.

Cohen et Colp, en 1927, publient un travail basé sur 51 interventions radicales.

Dans sa thèse, en 1938, Aliker reprend l’étude critique des interventions pratiquées pour cancer de l’ampoule de Vater.

L'évolution des idées semble se faire actuellement dans le sens des interventions simples et sériées.

ETIOLOGIE

Le cancer de l’ampoule de Vater est une affection relativement rare. Il apparaît habituellement entre 50 et 70 ans; il est exceptionnel avant 40 ans. Citons cependant le cas de Bugaud chez une femme de 25 ans.

Contrairement à l'opinion ancienne qui le considérait plus fréquent chez l’homme, il paraît d’une égale fréquence chez l’homme et chez la femme. Aucun antécédent pathologique remarquable n’a pu être noté. La diversité des affections retrouvées : fièvre typhoïde, alcoolisme, syphilis, montre bien qu’elles jouent un rôle minime dans l’étiologie du cancer vatérien.

La rareté de la lithiase biliaire dans le cancer de l’ampoule de Vater l’oppose à sa grande fréquence chez les malades atteints de cancers des voies biliaires extrahépatiques.

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