‹ Le Cancer de l'Ampoule de VaterChapitre 35 sur 65 · EST · texte numérisé non relu

EST

par M. Fiessinger sous la dénomination de formes pseudo- -lithiasiques.

Voici l’observation de M. N. Fiessinger, résumée par Robin :

Os. NE MENT Fiessinger)

Il s'agissait d’une femme de 68 ans qui, à la suite d’un épisode douloureux de l’hypocondre droit, interprété comme une crise de colique hépatique, a présenté pendant 7 mois, de novembre 1930 à juin 1931, deux syndromes :

1° Un syndrome intermittent de coliques hépattques. Ces coliques ressemblent d’une façon absolue à celles de la lithiase, et sont caractérisées par l’apparition brusque d’ une douleur intense, angoissante

— siégeant dans l’hypocondre droit ; — irradiant dans le dos et vers l’épaule droite — et nécessitant une piqüre de morphine.

LA

Le soir, la malade est prise d’un grand frisson avec claquement des dents, et la température monte à 39° ou 40°.

Le lendemain apparaît un ictère avec cholurie et décoloration des fèces.

A lexamen, on trouve un gros foie et on localise un point douloureux très net au niveau de la vésicule. Pendant quelques jours, la température reste aux environs de 38°, puis revient peu à peu à la normale ; tandis que l'ictère diminue, les urines s’éclaircissent et les selles se recolorent.

Ces crises qui, au début, sont séparées par des intervalles de 10 à 15 jours, deviennent à la fin presque quotidiennes.

2° Un syndrome permanent de troubles digestifs avec état subfébrile : La malade accuse de l’anorexie, dés digestions lentes et pénibles avec lourdeur après les repas, et une constipation opiniâtre. Elle ressent en outre une douleur permanente au niveau de la région vésiculaire. En

même temps, elle maigrit. La température oscille entre 37°5 et 38°5. L’examen révèle l’existence :

— de subictère ;

— d’un gros foie ;

— d’une zone douloureuse dans la région pancréaticocholédocienne, de Chauffard et Rivet, Trois tubages duodénaux sont pratiqués et ce n’est qu’au troisième qu’on retire de la bile foncée après l’épreuve de Meltzer-Lyon.

Une radiographie des voies biliaires ne montre aucune image de calcul.

Dans les urines les réactions de Hay et de Gmelin sont positives.

L’urée sanguine est normale.

Dès le début de la maladie, on porte le diagnostic de calcul du cholédoque et on propose l’opération à la malade, qui la refuse.

En juin 1931, la malade, qui est en outre cardiaque, voit son état s’aggraver. Des œdèmes et de l’oligurie apparaissent. Puis le coma s’installe et la mort survient 7 mois après le début.

A l’autopsie :

— Le foie est volumineux inais sans lésion d’angiocholite. Le cystique et le cholédoque sont dilatés, remplis de bile trouble, mais ne contiennent pas de calcul.

Après incision du cholédoque sur une sonde cannelée, on trouve au niveau de l’ampoule de Vater une tumeur de la grosseur d’une petite noix, molle et sans ulcération. A l’examen histologique, il s’agit d’un épithélioma cylindrique tubulé d’origine duodénale,

En somme pendant 7 mois, se sont produites des crises paroxystiques marquées par des douleurs, Pictère, la fièvre. Entre ces poussées, persistait un état subfébrile, du subictère et des douleurs sous-hépatiques.

I1 n’est pas besoin d’insister sur la similitude de ce

tableau et de celui de la lithiase du cholédoque ; et

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M. Fiessinger conclut : « Nous n’avons pas pu penser au cancer de l’ampoule de Vater parce que, somme toute, on n'avait pas encore enregistré une forme ressemblant d'aussi près à la forme de Chauffard de la lithiase du cholédoque. »

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