DIAGNOSTIC PRÉCOCE
Après avoir fait toutes ces recherches, nous devrons souvent constater que le cancer a dépassé les limites de la curabilité. La même sévérité de pronostic est affirmé par CHEVALLIER- JACKSON par exemple et par tous les auteurs qui se sont occupés de cette terrible affection. Cependant ici, comme dans les autres domaines de la pathologie du cancer, le pronostic, fatal quand il s’agit de lésions avancées, s’améliorerait considérablement, si le diagnostic était posé de façon plus précoce, en décelant ce qu’on est convenu d’appeler les lésions pré-cancéreuses: plaques de leucoplasie, zones d’œsophagite dues à des spasmes de sphincter, à des sténoses inflammatoires sous-jacentes ou à des dilatations diverticulaires, plus exceptionnellement à des plaques de lupus. Mais cette précocité de diagnostic est pour l’æœsophage plus peut-être que pour tout autre organe de réalisation extraordinairement laborieuse. C’est là que le médecin doit montrer sa perspicacité pour dépister le mal initial.
Disons en passant qu’en cas de doute, la question du traitement d’épreuve pour syphilis est jugée, notamment par DARIER, REGAUD, un temps précieux et long étant perdu, tandis que la biopsie tranche la question en 48 heures. N'oublions pas que d’après les dires de chirurgiens éminents 80 % des cancéreux arrivent trop tard en vue d’obtenir encore un résultat favorable,
Le diagnostic précoce prime tout autre considération, c’est de lui que dépendront les chances de guérison.