SEPT
La sclérose rétractile est la réaction efficace. Elle étoufle et détruit les éléments épithéliaux, mais doit être généralisée à tout le néoplasme pour aboutir à la guérison vraie. On cherche à la provoquer et on aboutit à la fin à une transformation fibreuse. L’ulcération cancéreuse s’assèche rapidement, prend bon aspect et bourgeonne ensuite comme une plaie banale en voie de cicatrisation. Par l’examen directe à Pœsophagoscope on pourra suivre l’évolution de la lésion, constater les modifications qu’apporte à la tumeur cette thérapeutique. On la voit diminuer progressivement de volume, devenir moins friable, moins facilement saignante, circonstance qui augmente d’une façon appréciable la perméabilité du conduit. Nous assistons ainsi, séance par séance à l’amélioration et au bout de r à 2 mois nous avons un rétrécissement cicatriciel à la place d’un ancien cancer.
La forme des cicatrices fibreuses est variable et dépend surtout de la profondeur des lésions initiales. Quand la lésoin se limite à la muqueuse et à la sous-muqueuse, il en résulte des formations nodulaires superficielles prenant l'aspect d’une bride linéaire; ou encore soit un repli semi-lunaire, soit un anneau fibreux. Ces brides fibreuses sont plus ou moins saillantes suivant que la sous-muqueuse a été ou non primitivement lésée. Dans les cas où la muqueuse a été atteinte, on observe des cicatrices épaisses, les rétrécissements calleux de RoOKI- TANSKY.
Ce n’est que par l’œsophagoscope seul que nous pouvons juger de l’efficacité de notre traitement. Lui seul pourra donner au malade, mais surtout au médecin traitant la certitude de la guérison si toute la surface de la tumeur et toute son épaisseur s’est bien sclérosée.
La surface doit être lisse, pas veloutée, sans indice de bourgeons, blaänchâtre, un peu brillante, sèche, tranchant nettement sur le fond rosâtre de la muqueuse saine, Quelques brides seules des deux côtés montrent la limite entre tissus sains et tissus sclérosés.
Tous les cas de cancer de l’œsophage publiés devraient avoir comme critère de guérison la preuve par un examen œsophagoscopique, un certain temps après le traitement, de la disparition complète au moins locale du cancer. Les cas n’ayant pu faire cette preuve, devraient être considérés comme cas reposant sur des conclusions imparfaites. .
D'autant plus qu’on se dépêche bien trop à publier des cas suivis pendant un espace trop court pour assurer leur guérison.
D’après la revue de tous ces cas nous pouvons conclure que le succès est déjà beau, si le malade vit encore une année après et nous pensons aux statistiques qui donnent un maximum de temps à vivre aux malheureux atteints de cancer de l’œsophage de 5 à 6 mois, soit après gastrostomie, soit même après traitement aux rayons X. Peut-on conclure à la guérison lorsqu'on constate la cicatrisation complète. Il est évident que l’on peut admettre le malade comme guéri quand cette constatation est faite deux ans après la fin du traitement. Ces faits sont actuellement exceptionnels. Ce que l’on observe en général c’est après 2 ou 3 mois la disparition de la tumeur, mais alors le plus souvent elle récidive sur place ou bien des métastases latentes se manifestent. C’est donc après cet espace de temps de 2 à 3 mois de complète guérison apparente que recommencent généralement les symptômes d’un nouveau début de ma-