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Le bre
régurgitation un peu de liquide spumeux verdâtre, sans résidus alimentaires, liquide très peu acide contenant des traces de bile et n’ayant pas de signification précise. Voilà donc un renseignement important qui fait défaut.
OBsErvATION IV (personnelle) In Thèse de Blanc. Paris, 1901.
M. Ch..., âgé de 31 ans, coiffeur, habitant le village d’Argent (Cher), vient à la date du 19 novembre 1900, à Lariboisière, consulter le docteur Landrieux, à qui ilest envoyé par son médecin, le docteur Joly.
Cet homme a toujours été bien portant, à part une pleurésie à l’âge de dix ans. Il est actuellement malade depuis environ dix mois. Il se plaint d’une grande faiblesse générale, d’essoufflements et de battements de cœur dès qu’il fait le moindre effort. Aujourd'hui, par exemple, pour monter les deux étages qui conduisent à la saile des malades, il a dû s'asseoir à plusieurs reprises sur les marches. Dès qu'il a fait quarante pas, il est essoufflé ; c’est donc là un type d’anémie extrêmement sévère.
Le facies du malade est beaucoup plus impressionnant encore que les signes fonctionnels. Cet homme est d'une pâleur effrayante ; son teint n’est pas d'un blanc porcelaine, mais d’une pâleur cireuse.fortement verdâtre, comme les chlorotiques. Les muqueuses conjonctivales, labiales, buccales, sont fortement décolorées. On distingue à peine la limite entre la muqueuse et la peau des lèvres.
Malgré cela, il n’a pas maigri ; il dit même avoir plutôt engraissé. Et, de fait, il possède encore une bonne couche de tissu cellulaire sous-cutané ; il présente cet embonpoint spécial et si commun chez les chlorotiques.
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L'anémie qu'il présente est réellement très impression nante.
I n'offre aucun autre trouble fonctionnel que ceux signalés par nous, tout à l’heure. I1 ne se plaint que de vagues douleurs du côté des reins.
L’appétit est conservé; il est même excellent.
Les différents viscères paraissent sains. [1 n’y a pas d’albumine, ni de sucre dans les urines. Seul le système circulatoire possède quelques particularités : on entend des souffles anémiques marqués dans les vaisseaux du cou et l'artère pulmopaire.
Le pouls bat 80 pulsations à la minute. [1 est régulier et fort.
La tension artérielle est de 23 à 24 centimètres de mercure mesurés au sphygmomanomètre de Potain.
Le médecin d’Argènt à diagnostiqué une chlorose chez l’homme. Le sujet accepte d'autant mieux ce diagnostic, que d’après ce qu'il nous dit, la chlorose est extrêmement fréquente dans le pays, atteignant la plupart des jeunes filles et que sa propre femme, avant sa dernière grossesse qui date de trois ou quatre ans, à été profondément anémique. En l'absence de tout autre symptôme fonctionnel pathologique, le docteur Landrieux accepte aussi ce diagnostic, et prie le docteur Milian de vouloir bien pratiquer un examen du sang.
Voici les résultats de cet examen :
Examen du sang pratiqué, le 19 novembre 4900. par le docteur Milian, à l'hôpital Lariboisière :
Caractères physiques. — Le sang coule très facilement. Il est extrêmement fluide et très peu coloré. Caïllot rétraetile.
Numération :
Equilibre leucocytaire :
Polynucléaires — 64 Mononucléaires opaques — 7 Mononucléaires clairs — 27 Eosinphiles — 2
En résumé, leucocytose très marquée portant sur toutes les variétés de leucocytes avec anémie considérable due non pas à la diminution du nombre des globules rouges, mais à la perte de leur teneur en hémoglobine.
En présence de ses constatations. le docteur Milian qui, auparavant, était de l'avis de ses confrères, pense qu’il ne peut s’agir d'une chlorose vraie mais d’une anémie symptomatique et, connaissant la forme anémique du cancer de l’estomac décrite par le professeur Hayem, porte le diagnostic de cancer vraisemblable de l'estomac.
Ce malade retourna dans son pays muni de ce diagnostic. Or, quelques jours après, l’attention ayant été attirée de ce côté, on constata du melæna dans ses garde-robes et des troubles digestifs : anorexie, vomissements.
Le docteur Joly fit alors voir son malade au docteur Témoin, de Bourges, qui accepta le diagnostic du cancer de l'estomac et décida, en présence de la gravité des symptômes digestifs survenus, d'opérer.
L'opération montra une tumeur infiltrant le pylore sur une très grande étendue. Le docteur Témoin reséqua la partie malade et fit la gastro-entéroanastomose.
Le malade guérit parfaitement. Et aujourd’hui, le 19 juin, il
nous écrit: ( L'opération à été faite dans des conditions merveilleuses, la convalescence a été on ne plus douce et. depuis le 20 février dernier, je fais mon travail moi-même el je fais meme de la bicyclette. comme auparavant que je sois malade, sans ressentir aucune gêne ni aucune fatigue.
« Je me suis pesé, tous les quinze jours, pendant six mois après l'Opération. soit jusqu’au 25 mai dernier, et je prenais du poids progressivement, aujourd’hui mon poids est station-