LEN TON
Tels sont les troubles morbides que nous relevons aujourd'hui et que nous pouvons résumer de la manière suivante : anémie intense et grande faiblesse coïncidant avec un dégoût marqué pour la viande, quelques renvois et, depuis quelques jours, dela diarrhée ; le tout existant chez un homme de 61 ans, ayant une très légère insuffisance mitrale bien conmpensée, qui manifestement ne peut jouer aucun rôle pathogénique dans la maladie actuelle.
L'anémie extrême et l’anorexie élective existaient déjà en mars, il y a huit mois.
Notre malade ne fait rementer le début de sa maladie qu'à la
fin du mois de janvier de l’année courante.
Il a commencé, dit-il par avoir des vomissements d’abord espacés et bientôt quotidiens, revenant sans cause appréciable, exclusivement alimentaires, ne paraissant pas avoir contenu de sang ou s'être accompagnés de mélæna.
En février, cet état dyspeptique s’est compliqué de rhume avec fièvre. et c’est à partir de ce moment que le malade s'est aperçu qu'il devenait très pâle, qu'il était essoufflé au moindre effort. [l est très probable que l’anémie devait être plus ancienne, car elle n’aurait pu atteindre en un moisle degré qu'elle présentait lors de notre premier examen en mars.
Les vomissements ont complètement et définitivement cessé aussitôt après l’entrée à l'hôpital.
À cette époque, il existait un peu de tympanisme dans la région épigastrique au niveau de laquelle il nous a toujours été impossible de sentir une tumeur.
Les antécédents héréditaires et personnels du malade ne nous ont fourni aucun renseignement utile.
Né de parents bien portants, le malade a eu cinq enfants, dont quatre seraient morts en bas âge de méningite. Il ne lui reste qu’une fille âgée de 20 ans, qui a, paraît-il une bonne santé.
Il a eu la variole à 7 ans, la fièvre jaune au Mexique en 1861 et un peu plus tard la blennorrhagie.
Se, AD
I tousse ordinairement l'hiver. Il n’a jamais eu la syphilis et n’est pas alcoolique.
Muni de ces renseignements, nous nous sommes efforcé de faire un diagnostic. Nous nous trouvions en présence d’une anémie extrême, car c'était là, bien certainement, le symptôme dominant. Cette anémie était-elle protopathique ou n'’était-elle pas plutôt symptomatique, et dans cette dernière hypothèse, de quel facteur relevait-elle ?
Cancer ou autre maladie ?
Un examen du sang et un examen du suc gastrique nous ont permis de trancher immédiatement la question.
Nous avons trouvé une anémie très forte avec une leuco- Cytose surtout polynucléaire, c'est à-dire un état du sang cadrant mieux avec l'hypothèse d’un cancer qu'avec celle d’une anémie pernicieuse protopathique ou d’une leucémie.
Et, d'autre part, malgré l'absence du bruit de clapotage, la sonde à pu ramener à jeun 70 centimètres cubes d’un liquide noirâtre, contenant manifestement du sang digéré et donnant à l’analyse les chiffres suivants :
Acidité totale À — 0,351
énorme par conséquent.
Acide chlorhydrique libre H — 0 Chlore combiné C — 0,022 Chlorhydrie H + C — 0,022 Chlore total T — 0,299 Chlore minéral F — 0,277
4 MI 1408 Rapport F Les chiffres très élevés pour À et « indiquent des fermenta-
tions anormales excessives, comme le cancer de l’estomac, et plus spécialement le cancer du pylore, peuvent seuls en pro-
Rapport ou « — 15,94
duire.
le A \e PAUSE 4 DS ERNE ie og LATE CATPER NL. 4 12" x
PRE, Que
La maladie Gont notre sujét est atteint ne peut donc être
qu'un cancer du pylore.
Le siège pyloriqué dé la tümeur est d’ailleurs confirmé par
C6 fait qué lé liquide examiné est un liquide à jeun, ün liquide
dé stase. de rétetition. Un äuütre accident est vénu, quelques sernainés aprés l’éntréé du malädé dans le service, souligner éticore lé diagnostic :
Nous avons vu se développer, àü flivéäu du mémbre inférieur droit, une phlegmatia alba doléns avec fièvre, affection qui a puüéri comté les bhlegmatia téfminales des cancéreux cachectiques. Lorsque nous 4vons été cértain dé notre diagnostié, nous avons proposé au malade de le faire opérer. J’estimäis,
eñ effet, que sa tumeur devait êtré entore peu volumineuse, et
qu’il serait sans doùte possible de la réséquef entièrement:
Nous nôüUs Sommes heurté à un refus formel.
Depuis l6 mois de inaïs 1908, c'est à péine s’il s’est produit quelques incidents dignés d’être notés:
Lié 18 mai, äu Gours dé là phlébite, lé méaladé à ressenti brusquement une douleur aiguë das le côté gauche dû th6rax avec dyspnée intense. [Il s’est produit en ce point un foyer de râles fins avec matité, dû vraisemblablement à une petite embolie d'origine phlébitique bien qu'il n’y ait pas eu de crachats sanglants.
Le 28 mai, tout était rentré dans l’ordre.
Le 8 juin, le malade a été pris d'une crise subite d’orthopnée avec angoisse et gastralgie violente, ayant duré plus d’une demi-heure
Quelle est la signification exacte de cêtte crisé? S'agissait-il d’une angine de poitrine.
Nous n'avons pu élucidér ce poitit pafticulier; &är l'attaque ne s'est pas renouvelée.
À part ces incidénts, l’état général ne S’est guère aggravé, én apparence, du mois.
Uñ régime âlimeñtaire rigoureux à fait disparaitre immédiätement et dune façon définitive les vomissements.
NT es
L’anémie, elle-même, à été combattue avéc ün certain succès, en avril et en mai, avec du protoxalate dé fer et uné solution d'acide chlorhydrique. Le visage a repris une cértainé teinte rosée ; les forces sont un péü réveñues.
Le 14 mars, l'examen du Sang donnait :
Nombre de globules rouges : 2.262.500.
Nombre de globules blancs : 23.803.
(Chiffre élevé résultant de ce fait que le malade était en pleine période aiguë de sa phlegmatia..)
Le 23 octobre. N. : 2.975.710
B. : 8.620 Le 11 novembre. Richesse globulaire, R. : 4.248.960. Nombte de globules rouges, N.: 2.802.400 Valeur globulaire, G. : 0,48.
Globules blatics, B. : 11.789.
Nombreux globules rouges en raquettes. Globulës nains Rares globules géants. Pas de globules rouges à noyaux.
En même témps est survenue une augihentatiori notable dü poids.
En août 1903; lé inalade pésait 50 kil.
Le 24 octobre — 469 01" 5007
Et le 3 novembre — Cr POU TE
Bref, l’état s’est amélioré au point qué, si l’analÿse du suc stomacal extrait à jeûn faite añtériéürement ne nous avait pas donné un sighe de certitude absolue dé l’éxisténce d’un caticer de l’estomac, nous eussions pu nous demander st nous n'avions pas commis une erreur de diagnotic.
Nôus ne fous sommes malheureusetient pas trompés, et malgré le mieux äppaärétit, lé mal à céttainement fait des progrès.
L'aggravation vraie s’est traduite par uné accéntuatiof des signes de stase gastrique.
Le 26 octobre, une exploration de l'estomac, le matin à jétin, a permis de retirer par lé tube üné quäañtité très äboidänte de liquide (650 éentimétres cubes aprés filtration) dé couleur not-
ee. ee
râtre sale, franchement hématique, contenant une grande quantité de détritus alimentaires (plus de 300 centimètres cubes
en volume).
Ce liquide analysé a fourni les chiffres suivants: