LE ARTE
ot la malade n'eut plus de vomissements d'aucune sorte.
Quant au malade de MM. Ménétrier et Aubertin, que nous avons pu du reste examiner directement, en qualité d’externe du service, il n’eût ni vomissements, ni hématémèses, ni mœléna, et, fait remarquable, il continua en pleine évolution de la maladie, à manger de tout, comme tout le monde, demanda la cessation de son régime lacté, réclama de la viande qu'il toléra, et s’accommoda parfaitement au quatrième degré de lalimentation des hôpitaux.
En somme atténuation ou même absence de phénomènes gastriques nets.
Pour l’explication de cette particularité on a d’abord invoqué le siège même du néoplasme, et de fait, jusqu'à ces derniers temps, le cancer latent avec anémie passait pour être surtout un cancer en nappe des faces et des courbures respectant les orifices, et en particulier le pylore, ou il aurait, semble-t-il, donné des signes de sténose qui constituent un ensemble symptomatique autrement marqué.
En réalité, iln’en est rien: dans le cas de Blane déjà, l'opération montre une tumeur infiltrant le pylore sur nne grande étendue. Le malade de M, Ménétrier était porteur d’un cancer pylorique, volumineux bourgeonnant «entourant, toutefois, le pylore, sans l’obstruer notablement ». Le malade de M. Hayem enfin (obs. VI) présentait deux tumeurs, l’une au pylore, l’autre au cardia.
Pourtant il est remarquable de voir combien dans ces cancers pyloriques les signes gastriques étaient peu marqués.
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Dans l'observation VII Surtout, la conservation intégrale de l'appétit, et en général des fonctions digestives, chez un individu aussi gravement atteint n'est-elle pas un phénomène vraiment curieux ? Bien que le néoplasme siégeat au pylore, les fonctions motrices de l’estomac restèrent assez intactes pour ne provoquer ni phénomènes de stase, ni vomissements, et ne se traduisirent même à l’autopsie que par un léger degré de dilatation.
Les fonctions chimiques elles-mêmes, étaient en apparence conservées, et pourtant, là comme dans tous les cas où l'examen chimique du suc gastrique fut fait, on a constaté l’absence d’acide chlorhydrique libre, donc, l'anachlorhydrie plus ou moins complète, que l'examen histologique a pu plus tard rattacher à des lésions profondes des glandes gastriques, dues tant au néoplasme qu'à la gastrite atrophique cencomittante.
MM. Ménétrier et Aubertin ont bien attiré l'attention sur ce phénomène, et pour expliquer ce contraste frappant, ont avancé une hypothèse, qui est plus pourtant qu'une hypothèse, puisqu'elle s'appuie sur des constatations anatomo-pathologiques. « Peut-être, disent ces auteurs, peut-on expliquer cette conservation des fonetions digestives par une suppléance due au pancréas ; nous avons vu, dans notre cas, cette glande hypertrophiée très volumineuse, ferme, rosée, et non digérée ; histologiquement elle était remarquablement conservée et ne présentait aucune lésion : peut-être y a-t-il là un fait d'hypertrophie compensatrice, la sécrétion pancréatique étant seule capable de remplacer la sécrétion gastrique dans la digestion des albuminoïdes. »
fe à Epe
On ne saurait donc trop insister sur l'absence ou la modicité des signes fonctionnels gastriques. douleurs, vomissements, hématemèses — absence qui nous parait constituer une des meilleures caractéristiques de la forme anémique du cancer de l’estomac.
. Signes physiques. — Du côté des signes objectifs, un fait attire tout d’abord notre attention: cest encore l'absence d’un signe habituel du cancer de l'estomac, fourni par la palpation : la perception d’une tumeur gastrique. C'est là un phénomène noté avec une remarquable constance dans toutes les observations. Non seulement dans les cas de néoplasmes des faces ou des courbures, mais aussi dans ceux de cancer pylorique, jamais la palpation ne décela de tumeur; tout au plus dans deux cas. M. Hayem nota une certaine résistance de la paroi, due à la contraction des muscles abdominaux et non à la tumeur elle-même. Lorsque le siège est au pylore, contrairement à ce qui se passe d'ordinaire, on ne trouve aucun des signes habituels de cette localisation spéciale. Il en est ainsi dans l’observation de Blanc (IV), dans celle de Hayem (Vi), dans celle de Ménétrier { VII) en particulier, où le malade atteint de cancer nettement pylorique ne présenta ni clapotage, ni ondes péristaltiques, ni aucun signe de dilatation stomacale, et cela jusqu à la veille même de sa mort. Les systèmes ganglionnaires sont indemnes, et toutes les observations notent l’absence d’adénopathie, soit sus-claviculaire, soit axillaire ou inguinale.
Signes jénéraux. — Ainsi nous ne trouvons jusqu'ici pour caractériser la forme anémique du cancer de l'esto-