‹ Le cancer de la base de la langueChapitre 12 sur 33 · PRÉCOCITÉ DE L’INVASION GANGLIONNAIRE · texte numérisé non relu

PRÉCOCITÉ DE L’INVASION GANGLIONNAIRE

Les classiques admettent que le cancer de la base donne des adénopathies assez tardives.

Ménégaux signale que, dans près de 60 % des cas de cancers de la base, les ganglions ne devenaent palpables qu'après six mois d'évolution au moins. Pour cet auteur le cancer de la base est, de tous les cancers lingaux, celui qui donne l’adénopathie la plus tardive.

Nous ne sommes pas de cet avis, et nos observations de la clinique O.R.L. et du Centre Anticancéreux de Lyon, donnent, au contraire, un envahissement ganglionnaire assez précoce dans le cancer de la base.

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Sur 42 cas rapportés par Etienne Martin, la date approximative du début de l’adénopathie était : 13 fois avant trois mois d’évolution, 14 fois entre trois et six mois, 15 fois après six mois.

Nous verrons même qu’il y a des cas où l’adénopathie constitue le premier signe du cancer; c'est elle qui amène le malade à l’hôpital où un examen soigneux du pharynx permet de déceler la lésion initiale, dont le malade ne s’était pas encore aperçu. Nous reviendrons d’ailleurs plus longuement sur ces formes à propos de l’étude clinique.

BILATÉRALITÉ DE L’ADÉNOPATHIE.

Le cancer de la base de la langue est, avec celui de la pointe de l’organe, la forme qui donne le plus volontiers une adénopathie bilatérale.

Nous avons vu en anatomie quelle.en était la raison.

D’après Etienne Martin, sur 48 cancers de la base, 26 avaient une adénopathie bilatérale, soit un pourcentage de 54,16 %.

Les autres statistiques de Dubois-Roquebert, Ménégaux et Roux-Berger confirment d’ailleurs ce fait.

Tous ces résultats dépendent naturellement de la période à laquelle on observe le cancer. Il est évident que si les cancéreux étaient vus plus précocement les statistiques donneraient des chiffres beaucoup moins élevés; malheureusement, à l’hôpital, il est bien rare de voir un cancer au début de son évolution, c’est, au contraire, presque toujours à une phase assez avancée que le malade vient consulter.

LOCALISATION DE L'ADÉNOPATHIE.

Nous avons vu en anatomie quels étaient les groupes ganglionnaires tributaires des lymphatiques de la base linguale.

Le premier groupe atteint par le cancer sera donc : le ganglion sous-digastrique principal et les ganglions sous-jacents au niveau de la bifurcation carotidienne, et du tronc veineux thyro-linguo-facial.

Les ganglions sous-maxillaires sont aussi assez souvent atteints. Etienne Martin montre que cet envahissement sous-maxillaire est beaucoup plus fréquent qu’il ne l’est dit classiquement.

À signaler enfin l’atteinte possible des ganglions rétro-pharyngiens, mais ces ganglions sont difficiles à déceler cliniquement; ce n’est que lorsque leur nypertrophie est manifeste que le toucher intrabuccal permet de les percevoir.

Mais si les groupes ganglionnaires précités sont en général les premiers touchés, leur atteinte ne constitue qu’une étape dans l’évolution du processus d’envahissement ganglionnaire.

Partie de ce point central, l’infection ganglionnaire va s'étendre vers les groupes voisins. Suivant la règle de Sébileau elle aura en général une marche descendante, c’est-à-dire suivra le cours de la lymphe.

Pourront être successivement envahis : les ganglions moyens et inférieurs de la chaîne jugulaire interne — les ganglions du creux sus-claviculaire — les ganglions de la chaîne cervicale transverse, en arrière du sterno-cléido-mastoïdien.

Rarement l’envahissement suivra un cours ascendant, en remontant dans l’espace sous-parotidien postérieur, pour atteindre la chaîne du nerf spinal en arrière, les chaînes sous-parotidienne et intra-parotidienne en avant.

Il est évident que tous ces gîtes ganglionnaires doivent être parfaitement connus du chirurgien qui veut faire un évidement cervical complet.

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