TRUE
éclairage, du toucher digital, parfois d’un léger badigeonnage anesthésique ; on mettra presque toujours en évidence dans cette région (base de la langue, mais encore plus souvent sinus piriforme),
soit une petite nodosité sous-muqueuse, indurée,
soit une petite fissure plus ou moins cachée dans un replis muqueux,
soit une saillie anormale au niveau d’un îlot de Pamygdale linguale ;
— la biopsie immédiatement pratiquée montrera que c’est là, la lésion qui est le point de départ de l’adénopathie cervicale.
Diagnostic
La brève étude clinique que nous venons de faire, nous permet de comprendre pourquoi le cancer de la base de la langue est une affection de diagnostic souvent tardif.
La latence de la période de début, la discrétion des symptômes fonctionnels, conduisent rarement le malade au médecin à cette période. Et même à une période plus avancée, où les symptômes se précisent, il arrive fréquemment que le médecin consulté ne fasse pas immédiatement le diagnostic, car la lésion ne se voit pas à l’examen buccal, et aucun signe n'étant vraiment pathognomonique du cancer de la base linguale, médecin et malade ont tendance à attribuer à d’autres causes qu’au cancer, les sensations légères et confuses ressenties au niveau de l’arrière-
gorge.
bre
Hyperesthésie pharyngée, amygdalite chronique, otalgie, sont tour à tour incriminées, jusqu’au jour où quelques signes plus alarmants comme : crachotements sanglants, fétidité de l’haleine, adénopathie, attirent enfin l’attention du malade et du clinicien sur ia base linguale.
Le sujet est alors envoyé au spécialiste qui, à l’aide de son miroir, constate sur la base linguale des lésions déjà très avancées, qui auraient pu être décelées depuis bien longtemps, si l’on avait pratiqué plus tôt un examen complet du pharynx avec le miroir laryngoscopique. Malheureusement, cet examen du spécialiste n’est en général pas fait au début, et c’est pour cela que la plupart des malades que nous recevons à l'hôpital sont des sujets porteurs depuis plusieurs mois de leur néoplasme, avec déjà de grosses adénopathies et une extension de la lésion initiale aux régions voisines : sillons amygdalo-glosse ou glossoépliglottique.
C’est également une des raisons pour lesquelles les résultats de la thérapeutique sont si décevants en matière de cancer de la base linguale. On est obligé de s'attaquer à des lésions déjà très évoluées, très étendues, ayant essaimé dans les ganglions depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois, chez des malades qui ont perdu souvent un temps précieux à subir un traitement d’épreuve. Traitement d’épreuve qui aura même pu donner une amélioration passagère, qui aura fait croire à une rémission trompeuse, pendant laquelle le cancer continuait à évoluer à bas bruit, à s’étendre et à devenir de jour en jour plus