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incurable. Alors qu’un examen au miroir laryngoscopique, suivi de biopsie, aurait permis de porter un diagnostic certain et précoce de cancer, et d’instituer immédiatement une thérapeutique beaucoup plus efficace, puisqu'elle se serait attaquée à des lésions plus jeunes.
Donc : examen très précoce au miroir larÿyngoscopique, examen du spécialiste, constitue le premier élément positif du cancer de la base linguale.
Quant à la biopsie, elle est évidemment le corollaire de l'examen précédent, elle doit être pratiquée immédiatement et systématiquement, dès que le miroir aura montré une lésion suspecte de la base linguale. Le temps n’est plus, où l’on reculait devant les « risques de la biopsie » : risque de provoquer des phénomènes inflammatoires, des accidents d’essaimage tumoral, ou même une flambée cancéreuse du coa. Il est certain qu’une biopsie n’est pas toujours un acte inoffensif et qu’il est des cas où elle semble donner un véritable coup de fouet à la tumeur ; mais «il ne semble pas, écrit Sebileau, que ces arguments soient capables de faire contre-poids aux avantages considérables de la biopsie » ; la biopsie doit en effet être considérée comme le premier temps de la thérapeutique, et le laps de temps très court qui doit s’écouler entre le prélèvement histologique et le début de l’acte thérapeutique, ne laisse certainement pas aux complications précitées, le temps d’apparaître.
Donc, biopsie obligatoire, indispensable, dans tous les cas, même les plus nets ; car, écrit Ducuing «en nous mettant, de facon certaine, à l’abri des erreurs
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de diagnostic préjudiciables au malade, elle nous permet de connaître la nature exacte de l'affection en cause » ; elle nous montre la structure histologique de la tumeur, et par suite, la façon dont celle-ci réagira probablement aux agents physiques ; enfin, elle permet d’identifier les tumeurs bénignes de la région qui sont malheureusement exceptionnelles, où les néoformations aberrantes, telles que : goitre, tumeur thyroïdienne, tumeur osseuse, etc, qui elles aussi sont très rares.
Y a-t-il. en dehors de l’examen au miroir et de la biopsie, d’autres éléments à utiliser pour le diagnostic positif du cancer de la base linguale ?
Nous avons déjà insisté sur l'importance du toucher digital pour la recherche de l’induration et l’extension de la tumeur.
D’autre part «la radiographie de l’hypopharynx, ecrit Ducuing, pratiquée de face et surtout de profil, à l’aide de rayons mous, permet dans certains cas, de diagnostiquer une tumeur maligne de la base de la langue, difficilement accessible au toucher, soit du fait de la pusillanimité du patient, soit du fait d’un trismus plus ou moins marqué ; la radiographie montre des modifications des contours de la base de la langue, qui présente des anfractuosités ou des bosselures ».
Pour notre part, nous n’avons aucune expérience de cette exploration radiographique, mais if semble certain que de tels cliches doivent être assez difficiles à interpréter.
Quant au diagnostic d’extension de la lésion, il
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devra toujours être fait soigneusement en s’aidant du toucher digital et du miroir ; on conçoit, en effet, l’importance qu’il présente du point de vue thérapeutique et pronostic.
La question du diagnostic différentiel est évidemment beaucoup plus simple pour la base linguale que pour la partie antérieure de l’organe, car les aïffecions de cette région, qui peuvent ressembler au cancer, sont rares.
Amygdalite linguale chronique et papillite seront facilement éliminées par leur allure chronique, bénigne, leur intermittence et l’absence de réaction ganglionnaire à type néoplasique, avec état général bien conservé.
Nous signalerons cependant l’importance de ces affections bénignes chez les sujets « cancérophobes » qui ont tendance à donner une importance excessive aux légers troubles qu’ils éprouvent, et qui relèvent plus du psychiâtre que du chirurgien.
L’'Actinomycose étant une rareté au niveau de la base linguale, ne doit être citée que pour mémoire.
Les ulcérations tuberculeuses sont rares, elles aussi, en arrière du V lingual. Multiples, à bords minces, irréguliers, découpés en « fjords norvégiens » (Reclus) à fond atone, anfractueux, recouvert de détritus caséeux, elles ne sont pas indurées, et ne donnent pas d’adénopathie à type néoplasique ; sans parler de la recherche du B. K. et de l'examen pulmonaire, qui permettent en général de faire aisément le diagnostic.
Quant à la syphilis : chancre, leucoplasie, ne s’observent pratiquement pas à la base linguale ; seul
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la forme gommeuse peut prêter à confusion, et encore les gommes syphilitiques siègent-elles assez rarement en arrière du V. lingual. D’ailleurs, leur aspect habituel avec perte de substance profonde, bords taillés à pic ; l’indolence, l’absence d’adénopathie typique, ainsi que l’examen des exsudats, la sérologie, la biopsie, permettent en général de faire un diagnostic sans trop de peine.
Des considérations précédentes, il résulte que le cancer de la base linguale, pour lequel on possède deux moyens presque infaillibles de diagnostic : examen au miroir laryngoscopique et biopsie, devrait être décelé, et par suite traité, beaucoup plus précocement qu’il ne l’est dans la pratique.
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