ACCIDENTS DU TRAITEMENT RADIOTHERAPIQUE
Nous adopterons, pour les décrire, la classification de Sébileau :
1° Accidents infectieux locaux. — Une véritable glossite, avec grosse réaction œdémateuse, apparaît parfois au niveau de la base linguale, avec participation de l’épiglotte et de l’hypo-pharynx, entraînant une dysphagie très intense accompagnée de troubles respiratoires plus ou moins marqués, sans parler des poussées possibles de péri-adénite pouvant revêtir un caractère phlegmoneux sévère, en raison de la suractivité des pyogènes et des anaérobies cultivant dans le milieu buccal.
2° Accidents trophiques locaux. — Ils apparaissent en général peu de temps après le traitement : c’est la brûlure tégumentaire à tous les degrés, allant du simple érythème à l’apparition de phlyctènes et méme de plaques sphacéliques, c’est aussi la brûlure de la muqueuse, très douloureuse, s’accompagnant de dysphagie avec sécheresse désagréable de la bouche due à l’inhibition de la sécrétion salivaire.
Enfin peuvent apparaître des plaques de radionécrose plus ou moins étendues, accompagnées parfois d’hémorragies souvent graves.
A côté de ces accidents précoces dus à l’action directe des radiations sur les tissus, peuvent se voir des accidents plus tardifs dus, d’après Regaud, à l’action secondaire d’éléments irradiants retenus par les minéraux contenus dans la charpente osseuse, si bien que « l’os irradié se brûle pour ainsi dire luimême, et brûle les tissus mous qui l’entourent ».
3° Accidents toxi-infectieux généraux. — Les uns sont des accidents purement septicémiques, ou septico-pyohémiques ; d’autres, d’ordre toxique, dépendent de l’action du rayonnement sur l’économie, sur l’appareil cardio-vasculaire en particulier; ces derniers troubles ont été bien décrits en 1922 par Coutard et Lavedan :
Essoufflement à l’effort et parfois dyspnée; asthénie musculaire, surtout marquée aux membres inférieurs; tachycardie ou tachyarythmie; abaissement souvent considérable de la tension artérielle, avec réduction de l'écart entre minima et maxima. Assourdissement des bruits du cœur; parfois embryocardie, souffles fonctionnels, et même rarement déboublement du deuxième bruit.
Le tout accompagné d’un état lipothymique ou syncopal, avec pâleur, amaigrissement et altérations sanguines (leucopénie et diminution du nombre des globules rouges).
Ces accidents durent environ un mois dans les formes légères, mais dans les formes graves l’améliora-
tion est lente et tardive; l’évolution peut même se faire vers l’asystolie et la mort, surtout chez les ma- Jades âgés.
Sans aucun rapport avec la nature, le siège et le volume de la tumeur, ces accidents dépendent uniquement de la dimension de la surface d’entrée des rayons et du volume des tissus irradiés, en tenant compte, évidemment, de l’âge et de l’état général antérieur du sujet.
Maintenant que nous connaissons bien les divers moyens de traitement du cancer de la base linguale, leurs avantages et leurs inconvénients, nous allons voir, dans le chapitre suivant, comment on peut en tirer le meilleur parti, soit en les utilisant séparément, soit en les combinant de diverses façons.
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