‹ Le Cancer de la Grande Courbure de l'EstomacChapitre 10 sur 35 · PRIT · texte numérisé non relu

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SYMPTOMATOLOGIE

Le cancer de la grande courbure de l’estomac se présente L + avec des signes un peu anormaux.

Bien qu'il paraisse donner lieu à des signes cliniques très divers, l’inappétence, l’anorexie, qui semblent, par leur fréquence, constituer un trait commun à la majorité des cancers, passent ici au premier plan. Il convient done d’insister sur ces signes, car souvent nous n’aurons.. qu'eux comme symptomatologie clinique (Obs. I).

Savignac, du reste, insiste, dans cette affection si difficile à diagnostiquer d’une façon précoce, sur la valeur de ce symptôme.

Brinton, en parlant des cancers gastriques en général, prétend que ce signe se rencontre dans 85 pour 100 des cas. «Il ne faut, dit-il, y ajouter d'importance que lorsque le symptôme est très intense. »

Souvent précoce et rebelle, presque toujours continue, lanorexie peut être modérée ou intense, mais dans tous les cas que nous publions, il ne semble pas que l’on rencontre ce dégoût électif pour la viande et les corps gras si fréquemment observé chez des malades atteints de cancer de l’estomac. Cette anorexie peut cependant manquer et même l’appétit peut être augmenté, aller jusqu’à la boulimie. Dans la littérature médicale française, on en trouve quelques exemples.

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Guillemard raconte l’histoire d’un soldat âgé de 35 ans qui n'avait éprouvé de vomissements que trois jours avant sa mort; il n'avait jamais ressenti de douleurs fixes à lépigastre. Au lieu de cela, une sorte de faim canine le tourmentait souvent, et pourtant sa maigreur faisait des progrès rapides. Pas de tumeur sensible au toucher. L’autopsie montra un néo de la grande courbure de l’estomac. Il fut toujours considéré pendant sa vie comme atteint de ver

* . SOU £ solitaire et traité comme tel.

C’est Hanot (Arch. gén. de méd., 1893) qui raconte l’histoire d’un homme de 72 ans qui surprit son entourage par son appétit. Il mangeait avidement, et, le repas fini, il se serait volontiers remis à table. Il fut examiné. Il avait, au niveau de la grande courbure de l'estomac, une tumeur appréciable. L’« épithélioma » évolua rapidement, et le malade mourut deux mois après à la suite d’hématémèses abondantes.

La boulimie avait été, chez cet individu, le premier signe du néo. Cette symptomatologie est vraiment étrange dans le cancer de l’estomac, et on peut se demander, vu l’ancienneté de l’observation, si l’on n’aurait pas affaire à autre chose qu’à un épithélioma.

Dans l'observation IX, «l’affection débute par des fringales qui obligent le malade à se relever la nuit pour manger. »

Mais ces faits-là sont tout à fait exceptionnels, et ajoutons que l’anorexie, l’inappétence, n’en demeurent pas moins des signes de premier ordre.

Ls autres troubles dyspeptiques consistent en sensations de pensanteur, de plénitude, de gêne épigastrique, que nous retrouvons dans presque toutes nos observations. Les renvois ne semblent pas être très fréquents. Seuls F. Ramond et Jean Chabrun (Obs. VIID en parlent dans leur observa-

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