ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Nous sommes peu renseigné sur ce qui concerne les formes anatomiques du cancer de la grande courbure, d’abord parce que l’examen microscopique souvent fait défaut, ensuite parce qu’il présente peu de différence avec ce que l’on observe généralement dans les autres cancers gastriques.
Toutefois, toute intervention chirurgicale raisonnable, surtout sur un organe aussi important que l’estomac, suppose une connaissance anatomo-pathologique précise de Paffection contre laquelle elle est dirigée.
Le cancer de la grande courbure se présente:sous l'aspect de tumeurs (cancer -encéphaloïde) ou d'infiltration en nappe (cancer squirreux).
La dureté ou la mollesse de ces tumeurs répondent à l’abondance du stroma et des cellules cancéreuses. Les tumeurs forment des masses plus ou moins volumineuses arrondies ou ovalaires à grand diamètre dirigé suivant le grand axe de l’organe.
L’encéphaloïde est une tumeur molle riche en suc cancéreux. La transformation collaïde est fréquente. Elle peut envahir la totalité de l’organe, maïs plus généralement il se forme une dégénérescence partielle, en foyers, donnant des plaques nacrées, blanchâtres.
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Le squirre semble être la forme la plus souvent rencontrée, cependant sa dureté n’est pas toujours aussi nette qu’il est classique de le penser : elle ne crie pas sous le couteau, mais elle résiste seulement.
Les deux modes de production peuvent s’exercer. Le cancer de la grande courbure ne reste pas localisé, mais envahit les organes voisins. C’est ainsi qu’il peut infiltrer le diaphragme comme dans les observations de F. Ramond et Jean Chabrun (Obs. VIII), d'André Cain, Marchand et Augier (Obs. XIIT), s’accoler intimement à la rate comme dans l'observation de Boinot et Raybaud (Obs. XII), englober le côlon transverse, envahir l’épiploon, le mésocôlon (Obs. III, Thèse de Leriche).
Si macroscopiquement nous pouvons affirmer que nous nous trouvons en présence d’un cancer, nous pouvons dire que l’aspect extérieur ne signifie rien au point de vue histologique (sauf pour l’épithélioma colloïde). Rien ne peut faire reconnaître extérieurement la formule histologique d’un cancer.
« Tout au plus, dit Cunéo, pourra-t-on s’attendre à trouver un développement considérable du stroma dans le cas de tumeurs très dures. »
Par définition, les cancers stomacaux, à quelque région qu'ils appartiennent, sont ceux qui naissent des cellules épithéliales de la muqueuse de l’estomac.
Histologiquement, on peut classer les épithéliomas de la grande courbure en deux grandes variétés
1° Les épithéliomas cylindriques typiques.
Ici les éléments néoplasiques se groupent en formations pseudo-glandulaires et peuvent donner des formes secondaires :
dendritique,
médullaire,
squirreuse,
microcystique,
à cellules muqueuses ou colloïde,
PATES 2° Les épithéliomas cylindriques atypiques.
Là, les cellules cancéreuses forment des amas plus ou moins irréguliers où il est impossible de retrouver la moindre ordination glandulaire : ce sont les carcinomes, qui peuvent donner des formes secondaires :
médullaires, squirreuses.
La caractéristique générale des épithéliomas est que de bonne heure les cellules néoplasiques traversent la muscularis mucosae gagnent la sous-muqueuse, les musculeuses et essaiment au loin par voie lymphatique ou veineuse. Et «tant que le premier relai ganglionnaire n’est pas franchi, l'intervention chirurgicale curative est encore possible; cet obstacle forcé, la dissémination des éléments cancéreux dans le système lymphatique interdit toute opération radicale. » (Cunéo.)
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