Vies
emportent le malade, soit par des hématémèses abondantes, comme le malade cité par Hanot, soit par un méléna important (Sarles, Obs. XVIII).
A côté de ces signes, locaux en quelque. sorte, certains malades présentent des symptômes généraux auxquels on doit s’attarder.
C’est, d’abord, l’amaigrissement, relativement précoce, dû sans doute à la restriction alimentaire, à l’anorexie, à la douleur, et s’accroissant régulièrement, d’une façon progressive; ensuite, l’anémie.
Souvent un des premiers signes observés chez le malade porteur d’un néoplasme de la grande courbure, cette anémie a le caractère des anémies secondaires. Elle s’accompagne d’asthénie. C’est une anémie globulaire, avec leucocytose, et l’on voit déjà les confusions qui peuvent survenir lorsqu’elle coïncide avec une tumeur siégeant du côté de la rate. |
Master insiste sur la précocité de l’asthénie et dit qu’assez souvent (17 à 20 pour 100 des cas) les symptômes de faiblesse précèdent de plusieurs mois ou même d’années le dicgnostic positif de cancer. C’est une forme clinique du cancer de l’estomac que l’on rencontre surtout dans la localisation à la grande courbure. Nous en rapportons, du reste, deux cas, l’un de Léon Kindberg et Garcin (Obs. X), l’autre de Mordhai Feighel (Obs. XVII).
Quant aux signes physiques, ils sont souvent réduits au minimum.
L’inspection nous montre un sujet amaigri, dont la peau est flasque, et il est rare de voir se dessiner sous la peau une tumeur.
La percussion de l’estomac, en général, ne donne rien. Pourtant, Sarles insiste et dit que souvent on trouve de la matité de l’espace de Traube.
Enfin, la palpation épigastrique peut. nous faire sentir une tension légère et même, parfois, une tumeur; mais précisons : dans ce cas, nous sommes, en général, en présence de malades à la fin de l’évolution de l’affection, à la période ultime en quelque sorte.
Tout dépend, il est vrai, de la localisation de la tumeur, car les tumeurs siégeant à la partie postérieure ou sur la grosse tubérosité sont inaccessibles jusqu’à la fin de leur évolution. Au contraire, celles siégeant sur la partie antérieuré sont rapidement palpables et accessibles.
Dans aucune de nos observations, lesquelles s'adressent à des cancers évoluant depuis longtemps, on ne signala Pexistence du ganglion de Troisier. On'sait pourtant toute l'importance qui est attachée classiquement à l'existence de cette adénopathie sus-claviculaire gauche. De nombreux auteurs ont essayé, d’ailleurs, de montrer par quelle voie lymphatique’se propageait l'infection cancéreuse. Récemment, Faroy et ‘Worms, dans le Progrès médical! (47 juin 1925), ont montré la valeur réelle du ganglion de Troisier. Ces auteurs disent que ce ganglion n’est pas spécifique du cancer de l’estomac, mais peut être rencontré dans les différentes affections digestives non cancéreuses. D’autre part, certains cancers pulmonaires, utérins, ont donné lieu à l’apparition de cette adénopathie.
Ainsi nous voyons que l’examen clinique ne fournit pas de données sûres, caractéristiques, pour faire le diagnostic de cancer de la grande courbure de l’estomac, et surtout pour en faire un diagnostic-précoce, au début de évolution. Aussi devons-nous avoir recours à de bons auxiliaires dès que l’on soupçonne quelque chose d’anormal du côté de l'estomac, et même, dirons-nous, dans toutes les dyspepsies banales !
Presque systématiquement nous ne devons pas oublier les procédés modernes d’explorations, à savoir : L’examen
des selles pour y déceler les hémorragies occultes; les examens radiologique et radioscopique, faits méthodiquement, minutieusement, s'imposent. De même l'étude du suc gastrique et l’examen du sang.
La recherche clinique du sang dans les fèces permet de mettre en évidence les hémorragies occultes dans lesquelles le sang n’est pas reconnaissable à l’œil nu ou au mi-
croscope.
Le nombre des procédés est considérable, et leur exposition dépasse notre sujet.
Contentons-nous de dire que, dans presque toutes les observations que nous publions, l'examen des selles au point de vue de la recherche du sang a été fait, et dans toutes la recherche a été positive. Constatation troublante, qui acquiert d'autant plus d’importance lorsqu'elle se fait dans les formes larvées, comme celles que nous traitons, en l’absence de tumeur, de signes cliniques peu appréciables.
Plusieurs fois répétée, cette épreuve est toujours positive, et nous croyons que Ce signe, pour ce qui est du cancer de la grande courbure, a une grosse valeur dans le diagnostic précoce, évidemment après avoir éliminé toutes les autres causes d’hémorragie (nasale, buccale, etc.) et même après s'être assuré que cet examen n’a pas été pratiqué sur un malade gros mangeur de viande, non mis au régime depuis au moins 48 heures.
Si ce signe n’est pas pathognomonique, car on peut le trouver dans bien d’autres affections : pancréatites, cancers du foie, cirrhose, etc., il n’en demeure pas moins un élément de grande valeur pour porter un CLR et faire le traitement qui en découle.
L'examen du suc gastrique a une grande importance également, mais chez tous nos malades, par suite de leur