‹ Le Cancer de la Grande Courbure de l'EstomacChapitre 30 sur 35 · OBSERVATION XVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVI

G. JEANNENEY. (20 juillet -929.)

Marie-Louise L..…., 36 ans, boulangère. Mère morte à 52 ans, hémiplégique. Mari mort tuberculeux. A eu elle-même une lésion bacillaire du sommet droit à 20 ans. Deux grossesses à terme : enfants vivants et bien portants.

En novembre 1923, présente un syndrome pylorique avec hyperchlorhydrie se traduisant par des douleurs tardives, un amaigrissement considérable (15 kilos), quelques légers troubles de l'évacuation, qui cèdent à un traitement médical simple (papaïne, alcalins).

De 1924 à 1928, la malade est en parfait état, mais en novembre 1928, elle recommence à maigrir (10 kilos en trois mois), en même temps que des douleurs apparaissent : ce sont des crampes douloureuses, nullement influencées par l’alimentation, surtout marquées le matin à jeun, sans brûlures, Sans pyrosis; en même temps, vomissements pituiteux et éructations.

L’appétit est conservé, la malade éprouve même le désir de s’alimenter, mais restreint cette alimentation à cause de la sensation de lourdeur qui suit l’ingestion des aliments.

L’anémie est très marquée, elle atteint 3 millions de globules rouges.et s’accompagne d’une polynucléose nette (prof. Sabrazès) ; le Bordet-Wassermann est négatif (prof. Sabrazès).

Les selles sont noires, le sang n’y a pas été recherché chimiquement.

A l'inspection, on est frappé par l’amaigrissement considérable et le teint pâle de cette jeune femme,

Au niveau de la région épigastrique et l’hypocondre gauche, une pigmentation très foncée signe lPapplication constante de compresses chaudes sur la région. On voit et l’on sent audessous des fausses côtes gauches une tumeur qui suit les mouvements respiratoires et qui s'enfonce sous le rebord costal; son grand axe est dirigé vers l’ombilie, elle est saillante, ferme, et rappelle le pôle inférieur de la rate.

Quant à la radiographie, pratiquée par le Professeur Réchou, elle révèle un estomac avec ptose atonique et une image lacunaire festonnée de la grande courbure, qui a perdu sa souplesse à la pression.

Le diagnostic ne fait guère de doute pour ce qui est de la nature maligne de cette tumeur.

On fait cependant un traitement spécifique, mais l’intervention ‘est décidée et acceptée par la malade. L’indication opératoire est d’ailleurs formellement posée par MM. Sabrazès, Guyot et Parcelier, qui ont eu l’occasion de l’examiner.

L'intervention est pratiquée le 4 février 1929 sous anesthésie au Schleich. L’estomac tout entier apparaît envahi, sauf une mince zone le long de la petite courbure; les lésions s'étendent de la grosse tubérosité jusqu’à 3 ou 4 centimètres du pylore; leur maximum siège sur la grande courbure; la face antérieure et la face postérieure de Pestomac sont également envahies. De nombreux ganglions, très durs, manifestement néoplasiques, apparaissent le long de la grande courbure; un ganglion rouge, d'apparence inflammatoire, est prélevé sur la petite courbure.

A cause de l’extension des lésions jusqu’au voisinage du cardia, il est impossible de tenter une gastrectomie totale, et, d'autre part, l’envahissement des faces ne permet pas de faire une gastro-entérostomie dans le but de mettre l'organe au repos. :

Dans ces conditions, on se contente de cette seule laparotomie exploratrice.

L'examen anatomique du gauglion, pratiqué par le professeur Sabrazès, a montré la présence de « métastases massives

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, <pithélioma procédant par larges nappes de cellules polyédriques, cubiques, parfois cylindriques. Des métastases nombreuses s’observent dans ces coupes. La tumeur est à cellules disjointes et n’a pas l'aspect glanduliforme ».

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