‹ Le Cancer Du Bassinet Et De L'UrètreChapitre 10 sur 25 · ÉD · texte numérisé non relu

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Voici, d’ailleurs, la description histologique de ce cas : A un faible grossissement, on voit que la paroi de l’uretère est extrêmement mince, et creusée de grandes vacuoles, les unes vides et qui ne sont autre chose que des dilatations veineuses, les autres contenant des éléments colorés par l’hématoxyline et accumulés surtout en certains points de la paroi de ces vacuoles, La lumière de l’uretère est remplie par du tissu de nouvelle formation qui se présente sous des aspects variés. C’est ainsi qu'on voit partant de la partie interne de la paroi une végétation à pédicule. mince qui ne tarde pas à envoyer des branches latérales minces et longues dont quelques-unes sont libres, d'autres au contraire se réunissent par leur extrémité et circonscrivent des cavités arrondies pour la plupart, et de dimensions variables. La charpente de la végétation est formée par un tissu hyalin coloré en rose par l’éosine, et sur celte charpente on voit des éléments ‘rangés souvent sur plusieurs couches etfortement colorés.

Là où deux végétations en se réunissant circonscrivent un

espace peu large, cet espace est complétement rempli par

les éléments fortement colorés ; quand la cavité estau contraire étendue, ils ne tapissent que la paroi interne sur une épaisseur plus ou moins grande, et il resté au milieu un espace vide.Il y a là un processus très analogue à celui que l’on observe dans l'épithélioma kystique de la mamelle, appelé par M. le professeur Cornil épithélioma dendritique. Les cellules qui tapissent les végétations, celles qui remplissent les cavités alvéolaires ou tapissent leurs parois ne sont autre chose que des cellules d’épithélioma cylindrique

disposées sur 3 ou À couches avec des noyaux allongés et

fortement colorés. Aucune végétation n'apparaît du côté de la surface externe de l’uretère ; cetie particularilé permet d’ailleurs de rapprocher encore ce processus de celui que l’on observe dans les kystes de l’ovaire et dans l’épithélioma kystique du séin.

Il est difficile de savoir si le néoplasme a pris naissance dans l’uretère ou dans le bassinet ; tout ce que l’on peut affirmer, c'est que c'est un épithélioma des conduits excréleurs qui n’a pu se développer aux dépens des éléments sécréteurs qui donnent naissance à des tumeurs dont les cellules sont si caractéristiques. |

L'examen histologique du cas de Tuffier montra un épithélioma à cellules cylindriques ; quelques-unes sont des cellules en raquette typiques. Ün nota aussi une hypertrophie des colonnes musculaires du bassinet et du tissu élastique.

Dans le fait de Hartmann, l'examen histologique, dû à Gilbert a donné les résultats suivants : Ù

Rein gauche. — Il est constitué par un stroma épais, creusé d’alvéoles rares et irréguliers, remplis d'éléments cellulaires. Le stroma est essentiellement formé d’un tissu conjonctif fibreux, riche en vaisseaux, en cellules rondes, en vésicules adipeuses et en faisceaux de fibres musculaires lisses. Les éléments néoplasiques contenus dans les logettes du stroma sont deforme variable et de dimensions peu considérables. Leur noyau arrondi ou ovalaire, peu volumineux, coloré en rose par le picro-carmin, laisse voir parfois un nucléole plus vivement teinté. Leur protoplasma est faiblement granuleux et, par le pricro-car-

min, coloré en jaune rosé. Un certain nombre d'éléments

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nécrobiosés ne laissent plus voir de noyaux, et, après

l’imprégnation par le picro-carmin, prennent une teinte

brun sale.

Bassinet gauche. — offre les mêmes lésions histologiques que Le rein gauche, avec cetle différence toutefois qu'ici les alvéoles cancéreux sont plus larges et plus nombreux. De même que celle du rein gauche, la structure nor.nale du bassinet gauche a complètement disparu.

Uretère gauche. — Les lésions de l’uretère gauche sont moins prononcées que celles du bassinet et du rein correspondant. Les différentes tuniques de ce conduit sont parfaitement reconnaissables. En dedans, la muqueuse est intacte et pourvue d’un épithélium inaltéré. En dehors, la tunique fibreuse apparaît doublée de cellules adipeuses d’une grande épaisseur. Entre la muqueuse et la fibreuse se montre la musculeuse avec ses deux plans, le longitudinal et le circulaire, Les lésions carcinomateuses ne font cependant pas défaut dans luretère; dans la tunique musculeuse et dans la fibreuse, on trouve de larges alvéoles remplis d'éléments néoplasiques possédant les caractères précédemment décrits.

Dans le fait de Hedenius et Waldenstrôm, la tumeur était formée d’un stroma conjoncüf très fin, renfermant beaucoup de cellules épithéliales granuleuses et à gros noyaux, dont quelques-unes ont leur protoplasma granuleux.

Dans les observations de Wising et Blin, de Hektoen, il s'agissait de carcinome médullaire.

. Enfin, épithélioma et carcinome ne sont pas les seules variétés histclogiques de canccr pyélo-uretéral qu’on

ait rencontrées : on a vu aussi le myxosarcome (Cattani,

Ribbert).

SYMPTOMATOLOGIE ET DIAGNOSTIC

Les manifestations cliniques auxquelles donne principalement lieu le cancer du bassinet ou de luretère sont la douleur et l’existence d’une tumeur.

La douleur, et en particulier la douleur lombaire, est notée dans un certain nombre des observations publiées. La malade de Wisinget Blin ressentait de vives douleurs dans la région lombaire et tout le côté droit du veñtre. Celui de Hartmann souffrait de même de douleurs lombaires et abdominales.

La malade de Hektoen éprouvait des douleurs dans la région iliaque, où siégeait la tumeur formée par le cancer uretéral. Celles de Toupet et Guéniot, enfin, avait des douleurs abdominales avec violentes irradiations à la cuisse correspondant au côté affecté.

Quant à préciser la part qui, dans les phénomènes dou loureux, revient au cancer lui-même et celle qui peut être attribuée aux diverses lésions qui peuvent le compliquer, c’est évidemment une chose souvent difficile, C’est ainsi que l’hydronéphrose, surtout quand elle arrive à former: une Lameur aussi énorme que dans le cas de Toupet et Guéniot, pourrait être incriminée de phénomènes douloureux par distension ou par compression, et la preuve nous

en est donnée, d’ailleurs, par le cas de Tuffier où il y

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