ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Anatomie macroscopique. — Le cancer pyélo-uréthral se présente sous divers aspects.
On peut trouver un cancer intéressant le bassimet et le ‘rein, la lésion ayant débuté par le-bassinet puis envahi plus où moins le rein. |
C’est ce qu’on observait dans le cas de M. Gaucher, où le cancer avait envahi les calicesetles pyramides et s'était arrêté à peu près aux limites de la sibstance corlicale ; l'organe, dans son entier, était double de volume. C’est aussi ce qu’on observait dans le fait de Spillmann, où la néoplasie s’était développée vers les Substances tubuleuses et corticales du rein, qui avaient été peu à peu refoulées et atrophiées.
Dans le cas de M. Tuffer, le néoplasme, dau volume d’une grosse noix, occupait exactement la région rénale du hile et le bassinei. Dans lobservation complexe de M. Hartmann, le rein était aussi intéressé avec le bassi- net, et l’uretère lui-même présentait des saillies cancéreuses.
Ilest des cas où le cancerintéresse aussi bien l’uretère que le bassinet (Hedenius et Waldenstrôm, Ribbert). Enfin, d’autres fois, il est localisé ou surtout développé
sur l'uretère, de sorte que le cancér de l’uretère cons{i-
tue alors la localisation unique ou prédominante de la néoplasie sur l’appareil urinaire: c’est ce qu’on voit dans les cas de Wising et Blin, de Cattani, de Hektoen, de Toupet et Guéniot. Dans cette dernière observation, la lésion du bassinet se borne à un chou-fleur de bourgeons cancéreux entourant Forifice supérieur de luretère, le point d’abouchement de l’uretère dans le bassinet distendu et transformé en poche kystique.; la lésion de l’uretère est, au contraire, très développée et s'étend sur une grande longueur. rs
On trouve ordinairement des lésions néoplasiques d’autres organes, soit des organes voisins englobés et envahis par la masse néoplasique, soit des lésions secondaires des ganglions ou des noyaux secondaires à distance dans divers organes. C’est ainsi que le cancer pyélo-uretéral peut infiltrer de tissu néoplasique le diaphragme et par là se propager à la plèvre (Hartmann), que les masses cancéreuses peuvent s'étendre en suivant l'artère et la veine rénales jusqu’à l'aorte et la veine cave inférieure (Hedenius et Waldenstrôm), descendre plus ou moins bas, jusque dans la fosse iliaque, et comprendre dans leur masse les veines iliaques qui sont thrombosées (Spillmann), qu'on a vu le cancer de l’uretère infiltrer de noyaux cancéreux la tunique externe du rectum (Wising et Blin). On a noté la dégénérescence des ganglions du voisinage, des gangiions mésentériques (Wising et Blin, Spillmann), ainsi que l’envahissement ou la généralisation du cancer au péritoine (Gaucher, Spillmann), au foie (Hartmann, Tuffier).
Outre le néoplasme lui-même et ses diverses propacya-
Lu ie tions, on peut observer des /ésions secondaïres. Le cancer pyélo-uretéral détermine assez souvent l’obstruction du calibre de l’uretère, d’où obstacle à l'écoulement de l'urine et distension et dilatation du bassinet et du rein, qui peut donner lieu à une poche d'un volume considérable et atteindre jusqu’au volume d’une tête d’enfant comme daus le cas de Toupet et Guéniot, On trouve donc alors de l’hydronéphrose (Wising et Blin, Hektoen), mais le liquide peut êtré sanglant, il s’agit d’hématonéphrose (Tuffier, Toupet et Guéniot). Enfin, chez le malade de Hartmann, où la lithiase et une pyélite calculeuse s’associaient au cancer, on avait affaire à un liquide purulent
(pyonéphrose).
Hartmann a trouvé « le rein altéré entouré d’une masse
graisseuse plus épaisse et plus résistante que l’atmos-
phère périnéphrique normale. Cet épaississement qraisseux est surtout accusé au niveau du bassinet et se con-
tinue tout le long de l’uretère.
IL prédomine à la partie postérieure de ce conduit.
A la partie supérieure de l’uretère, celte graisse indurée mesure sur une coupe 2 c. 5 ; au niveau du bassinet, 4 et même 5 c. par places ». Il est vrai que dans cette observation le cancer crexisfait avec une pyélite, à laquelle on peut attribuer cet épaississement graisseux, qui ne constitue d’ailleurs pas un fait isolé en pathologie : c’est ainsique dans les rétrécissements inflammatoires du rectum, par exemple, on observe parfois autour du rectum des « masses fibro-lipomateuses absolument com-
parables à celles qu'on observe quelquefois dans les pyé-
LENSS Le
lites calculeuses, autour des bassinets chroniquement enflammés » (1). \
Dans l’ibservation de Tuffer, l'opérateur trouva, en faisant la néphrectomie, au niveau du hile vasculaire une masse de tissu cellulaire absolument scléreuse et dure, et le malade étant mort quelques semaines plus tard avec les siques d’une broncho-pneumonie, on trouva à l’autopsie, du côté du rein enlevé, une masseextrêémement dure, fibreuse, très adhérente à la fosse iliäque et au muscle psoas dont on enlève des ‘fibres en essayant de la disséquer. L’uretère droit se perd dans ce tissu et on ne peut en retrouver le trajet qu'en le disséquant à partir de la vessie, où 1! est normal. En haut il est complètement englobé dans cette masse fibreuse. Ce tissu paraît fibreux e: lnflammatoire, |
Histologie pathologique. — S'il semble résulter des observations de cancer pyélo-uretéral publiées, qu’on observe parluis le cancer fafiltré sous forme de noyaux soulevant la muqueuseet inclus dans la paroi, d’autre part, l’observation de Toupet et Guéniot nous montre un cas très net de cancer végétant.
M. Toupet a fait une étude histologique intéressante de ce cas ; cette étude lui a montré que l’aspect microscopique de la pièce rappelait absolument l'aspect et le processus de l’épithélioma deadritique des canaux galactophores ou des végétations des kystes proligères de l'o-
vaire. :
‘{. Quénu et Hartmann, Chirurgie du rectum, G. Steinheil, 1895, page 256,