‹ Le Cancer Du Bassinet Et De L'UrètreChapitre 13 sur 25 · AD · texte numérisé non relu

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on sait que dans le cancer du rein il n’y a pas, en général, d’albuminurie.

Dans le cas de Toupet et Guéniot, l’'albuminurie avait sûrement pour source le rein du côté opposé au cancer, puisque, du côté cancéreux, le rein n'existait plus comme organe glandulaire, étant transformé complètement en poche kystique, et que lobstruction de luretère s’opposait à tout écoulement de liquide de ce côté, comme le démontre l'absence d’hématurie traduisant extérieurement l’hématonéphrose. On pourrait, dans ces conditions, attribuer l’albuminurie aux lésions trouvées dans l’autre. rein (sclérose, et atrophie de la substance corticale), ” mais il est plus vraisemblable de la considérer comme un phénomène imputable à l’état cachectique et relevant peut-être d’une infection secondaire (ainsi que la fièvre que présentait la malade): ce qui motive cette interprétation, c’est qu’il n'existait pas d’albuminurie à un prenier examen de l’urine, et qu’on ne trouva d’albumine, abondamment d’ailleurs, qu’à un nouvel examen quelques jours seulement avant la mort.

Dans la même observation, releyons encore un symptôme qui nous paraît mériter un instant d’attention, la diminution de la quantité des urines. Les urines de la malade étaient extrêmement peu abondantes, 250 grammes à peine dans les 24 heures. Sans doute l’oligurie n’est pas un symptôme habituel de l’hydronéphrose, où la quantité des urines n’est pas, en général, sensiblement modifiée, en raison de l’hypertrophie compensatrice et de la suppléance de l’autre rein.

Mais encore faut-ilque celui-ci ne soit pas sérieusement

er.

de compression : œdème du membre inférieur du côté

altéré et qu'il fonctionne bien, sans quoi la quantité des

urines doit être diminuée ; c’est ce qui avait lieu chez la

vieille malade de Toupet et Guéniot, dont l’autre rein fut trouvé sclérosé et avait sa substance corticale atrophiée. Aussi nous pensons qu’en présence d’une tumeur liquide du rein dont on cherche à préciser la nature, la diminu-

tion notable et persistante de la quantité des urines,

Jorsqu’en est en droit de supposer que l’autre rein est

altéré ou ne fonctionne pas très régulièrement, peut cons-

tituer parfois un signe en faveur de l’hypothèse d’une

hydronéphrose, qui annihile la fonction excrétoire du rein

distendu.

.Le cancer du bassinet où de luretère peut encore occasionner divers symptômes consistant en phénomènes affecté (Hektoen), qu’on peut attribuer à la compression exercée par la tumeur uretérale ; hydrocèle développée par compression de la veine spermatique droite,-dans le cas de cancer encéphaloïde du bassinet et du rein publié par Spillmann.

Enfin, pour compléter le tableau clinique, il faut men-

tionner les symptômes cachectiques, tel$ que l’amaigris-

sement, la perte de forces, l’æœdème des membres inférieurs.

Diagnos‘ic. — En somme, on le voit, la symptomatologie du cancer pyélo-uretéral ne présente ordinairement pas de signe bien caractéristique, la physionomie clinique en est même assez variable et souvent compliquée ou masquée par des propagations ou des localisa-

tions secondaires du néoplasme, et si l’on ajoute surtout

à cela qu'il s’agit d’une affection extrêmement rare, peu connue, dont les cas sont isolés dans la bibliographie, il n’y a rien d'étonnant à ce que les faits connus aient été de la part des observateurs l’objet d’interprétations cliniques erronées, incomplètes ou imprécises, d’erreurs de diagnostic, et que la découverte de la véritable nature de l'affection ait été en général une découverte d’autopsie. |

: Il est évident que les phénomènes observés et dont on ne soupçonne pas la cause peuvent donner lieu à des intéerprétations assez variables, d’où des erreurs de diaquostic possibles très diverses. Nous nous contenterons d'enregistrer celles qui ont été commises par les observateurs de faits publiés.

Chez la petite malade de Ribbert, atteinte d’un myxosarcome du bassinet et de l’uretère, la tumeur du bassinet était perceptible à la palpation et le diagnostic de tumeur du rein avait été porté: il ny avait donc que demi-erreur, il s'agissait plutôt d’un diagnostic inexact quant au siège précis de la lésion. Dans le cas de Hektoen, où 1l y avait des douleurs avec tumeur dans la région iliaque droite et de la cachexie câncéreuse, on diagnostiqua un ostéosarcome de l'os iliaque au lieu d’un carcinome de l’uretère. |

Parfois des lésions concomitantes ou bien la généralisation du néoplasme compliquent et masquent le cancer pyélo-uretéral, et sont seules diagnostiquées.

C’est ce qui arriva dans le fait de Gaucher, où, en outre d’un cancer généralisé du péritoine, diagnostiqué

pendant la vie, lautopsie montra un cancer. du bassinet

et du rein droit. De même, dans le fait de Hartmann,

la pyélite calculeuse qui existait avec le cancer du bassinet et du rein fut seule diagnostiquée sur le vivant. Toupet et Gnéniot, en présence de la volumineuse tu- NU ji ï \ , meur abdominale que présentait leur malade, et après uné analyse consciencieuée des caractères cliniques de

cette tumeur, s’arrétérent au diagnostic de tumeur kysti- |

que du rein et peut-être hydronéphrose, dont la cause

leur échappait d’ailleurs. Leur diagnostic n'était pas, à

À | CR se .

proprement parler, erroné, mais incomplet, car ils ne

soupçonnèrent pas la cause de l’obstruction de luretère et de la distension rénale.

Tuffier est, parmi ceux qui ont publié des observations de cancer du bassinet oude l’uretère, un de ceux qui sont

arrivés le plus près du diagnostic véritable. Mais il faut

| dire que son malade présentait des symptômes précieux

qui n’existaient pas dans les autres observations, Phématurie et lhématonéphrose intermittente, avec les caractères que nous avons déjà signalés; de sorte qu'après avoir éliminé l’idée de calcul du rein, il s'arrêta au diaqgnostic de néoplasme et pratiqua la néphrectomie.

Mais c’est Albarran qui, à l’aide du cathétérisme de l'uretère, est arrivé à faire le diagnostic certain, et en. quelque sorte de visu, d’un épithélioma papillaire du bas-

sinet dans un cas, de l'uretère dans un autre, grâce aux

fragments néoplasiques qui furent retirés.

En somme, de cette étude clinique du cancer pyélo-uré-

thral, encore un peu vague, un peu « flou », il nous sem-

ble que les notions les plus importantes à retenir, au

point de vue pratique, sont les suivantes :

Le cancer de l’uretère donne lieu dans nombre de cas, par obstruction du conduit, à la distension rénale. Lorsqu'on se trouve en présence d'une tumeur rénale que l’on suppose être une hydronéphrose, mais dont on ne voit pas la cause, on devra songer, surtout si le sujet présente des signes de cachexie can céreuse, à la possibilité d’un cancer de l’uretère, et même au cas où l'exploration clinique n’arriverait pas à faire trouver, à faire sentir la lésion néoplasique, et à permettre d’en faire Île diagnostic certain, tout au moins en y pensant pourra-{-

on la soupçonner.

D'autre part, on peut dire avec Tuffier que quand un malade présentera tous les signes d’une hématonéphrose intermittente sans élimination de fragments de caillots longs et arrondis, véritables moules de luretère, et sans symptômes de lithiase urinaire on devra penser à un néo-

plasme siègeant au voisinage du bassinet dans sa cavité,

Enfin, le cathétérisme de l’uretère, dans les cas où lon soupçonne un cancer du bassinet et de luretère, constitue un procédé de diagnostic extrêmement important, qui permet parfois d'établir un diagnostic certain,

en ramenant des parcelles du néoplasme.

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