APR
Rappel anatomique
être obligée de suivre pendant longtemps l’arcade para-colique avant d'arriver au point de départ de la chaîne colique moyenne ou iléo-
Fig. 15. — Lymphatiques de la paroi postérieure du côlon ascendant (dessinés d'après une de nos préparations personnelles.)
colique : au lieu d’un seul, elle devra franchir successivement un grand
nombre de ganglions paracoliques.
Autrement dit, pour Jamieson et Dobson, les probabilités d'extension
ganglionnaire centripète sont beaucoup plus grandes pour les segments situés en regard des pédicules lymphatiques que pour les segments inter-
médiaires.
Cancer du côlon droit
Enfin, l'étude d’un système vasculaire quelconque est toujours très imparfaite sur le cadavre. Les parois sont peu résistantes, les lumières sont souvent obstruées et, pour les lymphatiques, l'étude in vivo mériterait d’être plus poussée qu’elle ne l’a été. Braithwaite s’y est adonné à la fois sur l’animal et sur l’homme. Sur l’animal vivant il a été frappé par la facilité de l'injection colorée; comme lui, sans les aiguilles en verre efflé indispensables pour les préparations cadavériques, nous avons pu obtenir, chez le chien, de très belles injections à l’aide d’une fine aiguille d’acier.
Braithwaite a surtout constaté que chez l’animal vivant, en poussant des injections très longtemps, sous une pression constante et peu élevée, de 6 à 8 mm. de mercure, le territoire coloré dépasse considérablement celui des injections cadavériques. Ceci tient à l'existence et à l’importance des injections rétrogrades; celles-ci peuvent s’observer d’ailleurs à tous les échelons de l’aire lymphatique. A la périphérie, en piquant les tuniques cæcales, on injecte souvent des lymphatiques de l’arcade bordante de l’ascendant et du termino-iléon. Par ailleurs, quand on pique directement un ganglion de l'angle iléo-cæcal, le carmin d’indigo après avoir coloré le groupe central des ganglions mésentériques supérieurs, injecte, par un trajet qui ne peut être que centrifuge, des lymphatiques pré-pancréatiques et sous-pyloriques. Ces constatations ont pu être confirmées sur l’homme. Braithwaite, en effet, n’a pas hésité à faire 48 fois des injections lymphatiques au cours d’interventions longues, portant sur l'étage susmésocolique de l’abdomen (cholédocotomies surtout). Il piquait d’abord les tuniques cæcales et la solution de carmin d’indigo à 1 p. 60 dont il se servait, colorait la chaîne iléo-colique selon les données classiques de Jamieson et Dobson. Mais comme la coloration ne remontait jamais très haut, il en vint à faire l'injection directement dans un des ganglions inférieurs de la chaîne. Il vit alors que si, au bout d’une heure et demie à deux heures, la plus grande partie du colorant se dirigeait d'ordinaire vers les ganglions lombaires, une partie remontait, par des troncs lymphatiques pré-pancréatiques, jusqu’aux ganglions souspyloriques, franchissant même quelquefois le duodénum en passant sur sa face antérieure pour gagner son bord supérieur au pied du petit épiploon.
Ces expériences, certes audacieuses, mais qui n’ont jamais provoqué d'accidents, permettent de voir combien le cours de la lymphe est capricieux chez le vivant et elles expliquent peut-être certaines disséminations cancéreuses incompréhensibles si l’on n'admet pas le cours