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Rappel anatomique
rétrograde de la lymphe. D'ailleurs l’existence d’injections rétrogrades peut apparaître chez le cadavre. Sur notre figure, en particulier, on voit un petit ganglion de la chaîne iléale injecté certainement par cette voie. Mais chez le vivant, pour que la lymphe emprunte un tel trajet, il suffit d’une cause minime : l’oblitération d’un gros canal lymphatique ou une lègère difficulté de passage à travers un ganglion.
Quelquefois une obstruction lymphatique, d’origine inflammatoire ou néoplasique, peut favoriser au contraire, non plus une dissémination rétrograde, mais une dissémination centripète plus rapide. Il faut admettre alors l’utilisation des voies lymphatiques accessoires, inutilisées en temps normal. Braithwaïite, après avoir lié les afférents d’un ganglion, a vu se dessiner des voies juxta-ganglionnaires par lesquelles s’effectuait immédiatement une coloration des relais sus-jacents.
Nous répéterons donc qu’il faut être très prudent pour conclure de l’anatomie du cadavre à la circulation lymphatique du vivant. Celle-ci est beaucoup plus riche, beaucoup plus variée que les injections cadavériques ne peuvent le faire présumer : l'aire de dissémination cancéreuse est beaucoup plus vaste, plus diverse, qu’on ne le croit souvent.